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Centenaire de saint Hannibal à Messine : le corps du protecteur des orphelins exposé aux fidèles

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La ville de Messine a renoué ce samedi 2 mai avec l’une de ses plus grandes figures spirituelles. Dans l’enceinte de la basilique Saint-Antoine, de très nombreux fidèles se sont pressés pour assister à l’ouverture solennelle des célébrations marquant le centenaire de la mort de saint Hannibal Marie Di Francia. L’événement majeur de cette première journée fut l’ostension publique du corps du prêtre sicilien, fondateur de la Congrégation des Rogationnistes, scellant ainsi l’aboutissement de la reconnaissance canonique de sa dépouille.

Portée en procession par des religieux, des fidèles et des bénévoles engagés au service de la cantine des pauvres, l’urne renfermant les restes du saint a été dévoilée après avoir fait l’objet de minutieux travaux de conservation dans la région de Vénétie. Les pèlerins ont ainsi pu découvrir le visage et les mains du prêtre, fidèlement reconstitués en silicone platinique, un polymère d’une grande pureté. Cette vénération exceptionnelle se poursuivra dans la basilique jusqu’au 12 mai, en amont de sa fête liturgique célébrée le 16 mai. À partir du 1er juin, le reliquaire trouvera sa place définitive au cœur de la crypte de l’édifice, récemment restaurée.

Loin d’être un simple acte mémoriel, cette exposition revêt une dimension profondément spirituelle pour l’Église locale et les familles religieuses issues de son charisme. La cérémonie d’ouverture a rassemblé de nombreuses figures ecclésiales, au premier rang desquelles l’archevêque de Messine, Mgr Giovanni Accolla. Étaient également présents le père Giorgio Nalin, supérieur local et directeur de l’Institut antonien, ainsi que le père Agostino Zamperini, postulateur de la cause de canonisation.

Le recteur du sanctuaire, le père Mario Magro, a d’emblée tenu à rappeler le sens de la démarche : l’Église ne présente pas un reliquaire froid, mais bien le visage lumineux d’un père spirituel qui continue d’intercéder pour la cité. Une espérance partagée par Mgr Cesare Di Pietro, évêque auxiliaire, qui a souligné lors de son homélie que la présence de ces restes mortels recomposés constituait un point de repère fondamental pour l’avenir de la communauté catholique.

Le corps du saint apparaît ainsi comme un témoignage tangible de la foi. Faisant écho à cette idée, le père Bruno Rampazzo, supérieur général des Rogationnistes, a expliqué que ces reliques, qui font la fierté de Messine à travers le monde, orientent le regard des croyants vers le mystère de la Résurrection. Il a décrit cette dépouille comme une icône vivante de l’Évangile : les chaussures placées à ses pieds rappellent la marche missionnaire, tandis que ses mains évoquent une charité toujours en action. Pour Sœur Maria Edi Milanez, supérieure générale des Filles du Zèle Divin, cet anniversaire appelle avant tout à un renouveau intérieur, démontrant que la sainteté n’est pas un horizon lointain, mais une réalité accessible à tous par la prière et les gestes du quotidien. À l’issue de cette première journée, le sceau de cire a été définitivement apposé sur l’urne, laissant place à une veillée silencieuse d’adoration.

Ce centenaire permet à l’Église de remettre en lumière une existence entièrement consumée par l’amour de l’Eucharistie et le salut des âmes. Né le 5 juillet 1851 et devenu orphelin de père à l’âge de 15 mois, Hannibal Marie Di Francia a très tôt perçu l’urgence de prier pour les ouvriers de l’Évangile. Profondément attaché au Saint-Sacrement, qu’il fut exceptionnellement autorisé à recevoir chaque jour dans sa jeunesse, c’est dans l’injonction christique de prier le Maître de la moisson (le fameux « Rogate ») qu’il a trouvé l’intuition fondatrice de sa vie.

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Ordonné prêtre en 1878, il n’a cessé de conjuguer cette ferveur spirituelle avec une ardente action sociale. Dès 1882, il ouvre ses premiers orphelinats dits « antoniens » pour offrir aux enfants déshérités non seulement le pain et le travail, mais une véritable éducation morale et religieuse dans un climat familial. Son zèle missionnaire l’a ensuite conduit à fonder les Filles du Zèle Divin en 1887, puis les Pères Rogationnistes dix ans plus tard. Ces deux instituts, canoniquement approuvés le 6 août 1926, se distinguent par un quatrième vœu spécifique dédié à la prière pour les vocations.

Conscient que l’humanité a un besoin vital de prêtres nombreux et saints, il consacra une grande part de son ministère à la direction spirituelle des séminaristes, mission que l’archevêque de l’époque lui avait confiée. Béatifié en 1990 puis canonisé le 16 mai 2004 par saint Jean-Paul II, saint Hannibal Marie Di Francia continue, cent ans après sa mort, de rappeler que le service des plus pauvres et la prière incessante demeurent les cœurs battants de toute fécondité sacerdotale et religieuse.

Conversation des fidèles

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