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« Le chien aboie et la caravane passe » : le directeur artistique de la veillée du Stade de France répond aux critiques

Jean-Baptiste Darantière revient sur la veillée de 80 000 jeunes avec Léon XIV au Stade de France : préparation express, Sainte Tunique, critiques du spectacle et émotion du pape.

« Le chien aboie et la caravane passe » : le directeur artistique de la veillée du Stade de France répond aux critiques

Quelques jours après la veillée du Stade de France qui a réuni 80 000 jeunes autour de Léon XIV, son directeur artistique, Jean-Baptiste Darantière, raconte les coulisses d’un événement préparé à marche forcée et répond aux critiques adressées à sa mise en scène. Dans un entretien accordé à Tribune Chrétienne, il revient notamment sur le choix de placer les saints de France au cœur du récit, sur la présence exceptionnelle de la Sainte Tunique d’Argenteuil et sur l’émotion manifestée par le pape au terme de la soirée.

Quinze jours pour bâtir une veillée de quatre heures trente

Jean-Baptiste Darantière explique avoir été sollicité au mois de juin, puis confirmé le 5 juillet pour assurer la création, la direction artistique et la mise en scène de la grande veillée. À partir de là, le calendrier est devenu extrêmement serré : environ quinze jours pour construire une trame de quatre heures trente avant sa présentation à une délégation du Vatican, puis deux mois et demi de préparation pour rendre l’ensemble opérationnel.

Le chiffre donne une idée de la pression : 80 000 personnes dans les tribunes, le Saint-Père sur place et une retransmission internationale suivie par des millions de téléspectateurs. Darantière évoque des dernières heures marquées par la tension et la concentration. Le diocèse de Paris avait lui-même présenté cette rencontre comme une première historique au Stade de France, avec une organisation artistique et logistique hors norme.

Sur le budget, le metteur en scène ne donne aucun chiffre précis, n’étant pas responsable de la production financière. Il confirme cependant que les moyens engagés étaient importants et que le feu d’artifice faisait partie du projet dès le départ. Il insiste surtout sur le mode de financement : selon lui, l’événement a reposé sur les dons. Il appelle d’ailleurs ceux qui ont apprécié la soirée à soutenir le diocèse de Paris.

Les saints de France comme fil conducteur

Darantière refuse de séparer le « spectacle » du reste de la veillée. Pour lui, la mise en scène ne prend tout son sens qu’après l’hommage aux cloches de France, aux sanctuaires, aux pèlerinages et aux vocations. L’idée n’était pas de proposer une fresque historique chronologique, mais de montrer que les peurs et les difficultés de notre époque ont déjà été traversées par des saints au cours des siècles.

Il dit avoir écrit lui-même les textes, avant de les soumettre au comité de pilotage, au diocèse de Paris, à la Conférence des évêques de France et au Vatican. Les textes ont donc été relus et validés à plusieurs niveaux et dans plusieurs langues. Cette contrainte explique, selon lui, le choix d’une écriture simple et directe.

Le directeur artistique affirme également avoir voulu rappeler aux Français l’importance de leur héritage spirituel. Il avance que la France serait le deuxième pays au monde à avoir donné le plus de saints à l’Église. Cette affirmation est présentée dans l’entretien comme un élément de sa démarche artistique ; elle n’est pas documentée par un classement officiel dans les sources consultées. Le message, lui, est clair : la sainteté n’est pas un musée, mais un héritage appelé à se prolonger.

Cette intention rejoint directement le discours de Léon XIV. Au Stade de France, le pape a rappelé les figures de Marcel Callo, Jeanne d’Arc, Thérèse de l’Enfant-Jésus, Jean-Marie Vianney, Eugène de Mazenod ou Pauline Jaricot, avant d’exhorter les jeunes à marcher eux-mêmes sur un chemin de sainteté.

Le « Puy du Fou » ? Darantière prend la comparaison comme un compliment

La veillée a aussi suscité des critiques sur sa dimension spectaculaire. Certains observateurs ont comparé la mise en scène au Puy du Fou ; d’autres ont estimé que le spectacle pouvait prendre le pas sur la prière. Darantière répond sans détour : « le chien aboie et la caravane passe ». Il juge peu pertinentes les critiques formulées par des personnes qui, selon lui, avaient condamné son travail avant même la fin de la soirée.

Quant à la comparaison avec le Puy du Fou, il l’accepte volontiers comme un compliment. Il estime même que le célèbre parc vendéen dispose de moyens et d’un temps de préparation largement supérieurs. Sur le fond, il refuse surtout l’opposition entre art et spiritualité. Pour lui, le spectacle peut ouvrir les cœurs et créer les conditions d’une écoute plus profonde ; ensuite, dit-il en substance, c’est Dieu qui agit.

Pourquoi la Sainte Tunique a été dévoilée seulement au moment du recueillement

L’un des choix les plus marquants de la soirée fut la présence de la Sainte Tunique d’Argenteuil. Darantière explique avoir cherché une séquence capable de faire basculer le stade de la fête vers le recueillement. Il avait d’abord pensé à la Sainte Couronne d’épines, mais celle-ci avait déjà été vénérée par Léon XIV lors des vêpres à Notre-Dame. La Sainte Tunique s’est alors imposée comme une relique moins connue et rarement exposée.

Le reliquaire était présent sur scène dès le début, mais volontairement dissimulé derrière un voile. Le directeur artistique ne voulait pas mêler directement la relique aux concerts et aux séquences festives. Son dévoilement devait marquer une rupture nette et conduire les jeunes à la prière. Dans son discours officiel, Léon XIV a ensuite contemplé ensemble « la tunique et la croix », les présentant comme des signes de la Passion du Christ et de l’espérance chrétienne.

Darantière parle de la présence de la Sainte Tunique comme d’une « grâce absolument immense ». Ce choix aura constitué l’un des moments les plus silencieux et les plus saisissants de la soirée, après plusieurs heures de musique, de témoignages et de mise en scène.

La sortie improvisée de Léon XIV et les 280 mètres de barrières installés en urgence

La soirée n’a pas été entièrement réglée à la seconde près. Des chants et des couplets ont parfois dû être raccourcis en direct. Surtout, cinq minutes avant la fin, Léon XIV aurait demandé à sortir par le centre afin de passer sur la scène centrale et saluer les jeunes. Les équipes ont alors dû installer environ 280 mètres de barrières en quelques minutes.

Mais ce que Darantière retient avant tout est la paix ressentie à l’arrivée du pape et une phrase qui l’a profondément marqué : « Vous êtes les saints de France ! » Le Vatican a bien publié cette formule dans la transcription du dialogue avec les jeunes. Le directeur artistique affirme qu’elle ne figurait pas dans le texte prévu et y voit le signe que Léon XIV avait été personnellement touché par ce qu’il venait de voir.

Au-delà des débats sur la forme, la soirée aura donc réussi à faire entrer dans un stade habituellement consacré au sport et aux grands concerts les reliques de la Passion, l’invocation des saints, l’appel aux vocations et une catéchèse très directe sur le Christ. C’est aussi ce qui explique la force des réactions : la mise en scène était spectaculaire, mais elle ne cherchait pas à cacher la foi catholique. Elle la plaçait, au contraire, au centre.

Sources principales

Conversation des fidèles

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