Voilà des déclarations particulièrement fermes du cardinal Gerhard Ludwig Müller ! Dans un entretien accordé à Jan C. Bentz pour le Gibbons Institute, diffusé le 21 octobre 2026, l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi revient sur les consécrations épiscopales réalisées sans mandat pontifical par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Et le cardinal allemand ne laisse aucune ambiguïté sur son jugement : « Ils ont franchi la ligne rouge. Et cette ligne rouge n’est pas seulement disciplinaire, mais également doctrinale. »
À partir de la septième minute de l’entretien, Müller rappelle que la fidélité à la Tradition catholique suppose également la fidélité à l’enseignement de l’Église concernant la primauté du pape. Il renvoie notamment à saint Robert Bellarmin et à saint Thomas d’Aquin pour rappeler que le successeur de Pierre est le principe visible de l’unité ecclésiale. Et il insiste : il ne s’agit pas d’apprécier personnellement François, Benoît XVI ou Léon XIV, mais de reconnaître l’autorité que le pape possède en raison de sa charge.
Le cardinal prononce ensuite cette formule particulièrement claire : « Personne ne peut ordonner des évêques sans être en pleine communion avec le pape. » Puis il ajoute : « Consacrer un évêque contre le pape est un schisme. Cela ne fait aucun doute. » Pour Müller, les différents modes de désignation des évêques peuvent varier selon les traditions ecclésiastiques, mais la communion avec le pontife romain demeure indispensable. Ce rappel vise directement les consécrations réalisées par la FSSPX le 1er juillet 2026, sans l’autorisation de Léon XIV.
Mais l’ancien préfet de la Doctrine de la foi va encore plus loin lorsqu’on lui demande si une réconciliation avec la Fraternité demeure possible. Sa réponse est affirmative, à une condition : que ses responsables reviennent à la pleine communion avec l’Église et acceptent l’autorité du pape Léon XIV. Il emploie même une formule particulièrement sévère : « Pas leur pape peint, mais le vrai pape que nous avons. » Autrement dit, le cardinal met en cause une reconnaissance du pape qui resterait purement théorique, sans se traduire concrètement dans la communion ecclésiale.
Et cette condamnation est d’autant plus significative que le cardinal Müller défend lui-même la légitimité de la liturgie traditionnelle ! Dans le même entretien, il explique que l’ancienne forme du rite romain peut parfaitement avoir sa place dans l’Église avec l’autorisation de l’autorité compétente. Il rejette également l’idée selon laquelle seule la liturgie réformée après Vatican II serait valide. Mais il refuse tout autant les affirmations de ceux qui prétendent que seule l’ancienne liturgie serait orthodoxe. Pour lui, les deux formes liturgiques ne doivent pas devenir les instruments d’un affrontement doctrinal.
Le cardinal rappelle ainsi que la Tradition ne consiste pas simplement à conserver une forme liturgique du XIXe ou du XXe siècle. Elle transmet avant tout la Révélation reçue des Apôtres. Il souligne également qu’il est possible de discuter de certaines décisions liturgiques sans remettre en question les vérités fondamentales de la foi. En revanche, utiliser l’attachement à l’ancienne liturgie pour justifier une rupture avec l’autorité du pape constitue, selon lui, une confusion théologique majeure.
Enfin, Müller espère et prie pour que les responsables de la FSSPX reconnaissent leur erreur et retrouvent la pleine communion avec Rome. Il évoque plusieurs précédents historiques de mouvements qui se sont progressivement séparés de l’Église, notamment les donatistes et les jansénistes. Son avertissement est donc particulièrement sérieux : la défense de la Tradition ne peut pas servir à justifier un acte qui porte atteinte à l’unité visible de l’Église.
Sources : entretien du cardinal Gerhard Ludwig Müller avec Jan C. Bentz, Gibbons Institute, 21 octobre 2026





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