Alors que le pays continue de sombrer dans la violence des gangs armés, des missionnaires catholiques font le choix de rester auprès des populations les plus vulnérables, parfois au péril de leur propre sécurité. Dans un reportage publié le 29 octobre 2026 par Vatican News, Maddalena Boschetti, missionnaire fidei donum engagée à Port-au-Prince, raconte comment l'Église continue de secourir les familles, les jeunes et les personnes fragiles malgré les affrontements qui ravagent plusieurs quartiers de la capitale.
La situation s'est encore aggravée le dimanche 18 octobre dans le secteur de Croix-des-Bouquets, à la périphérie de Port-au-Prince. Ce jour-là, un véhicule blindé transportant quatre militaires salvadoriens a été attaqué par des hommes armés. Le véhicule a été touché par des tirs et des explosifs, avant de prendre feu. Les quatre hommes sont parvenus à en sortir, mais leur disparition a provoqué une réaction du président du Salvador, Nayib Bukele, qui a décidé de renforcer considérablement sa présence militaire en Haïti. Selon les informations rapportées par Reuters, environ un millier de soldats salvadoriens avaient déjà été envoyés dans le pays au 27 octobre.
Mais au milieu de ces combats se trouve également un foyer d'accueil catholique ! Situé à proximité des hôpitaux Saint-Camille et Saint-Luc, il accompagne des personnes vulnérables et des familles contraintes de venir dans la capitale pour recevoir des soins. Maddalena Boschetti explique que les affrontements se déroulaient à quelques rues seulement de l'établissement. Face au danger, elle a demandé l'évacuation des personnes les plus fragiles. Pourtant, certains membres de l'équipe ont choisi de rester pour maintenir une présence sur place. Car dans ces quartiers, quitter son domicile peut aussi signifier ne jamais le retrouver : les gangs profitent parfois des départs pour occuper les maisons abandonnées.
La missionnaire raconte notamment le choix d'un jeune responsable du foyer, Davide, qui a décidé de ne pas partir. Non par inconscience, mais parce qu'il considère que sa présence demeure nécessaire auprès de ceux qui n'ont aucune autre solution. Autour de cette structure, une solidarité s'est également organisée avec les pères scalabriniens et d'autres communautés religieuses. Maddalena Boschetti rapporte que les religieux lui ont répondu sans hésitation : « Nous restons aux côtés des gens. » Pour elle, cette fidélité concrète aux personnes en détresse constitue l'un des plus beaux témoignages de l'Église au milieu de la violence.
Et les chiffres de la crise haïtienne sont terribles ! Selon les données des Nations unies citées par Vatican News, près de 1,5 million de personnes ont été déplacées par l'insécurité, dont plus de 740 000 enfants. Entre juillet et septembre 2026, plus de 1 000 personnes ont été tuées et plus d'une centaine d'enlèvements ont été recensés. La situation alimentaire est également extrêmement préoccupante : une analyse publiée le 28 octobre prévoit que 6,35 millions d'Haïtiens pourraient se retrouver en situation d'insécurité alimentaire aiguë entre mars et juin 2027. Ces prévisions concernent les mois à venir et non le nombre de personnes déjà touchées aujourd'hui.
Face à une crise aussi profonde, l'Église catholique continue donc d'exercer une mission essentielle d'accompagnement, d'accueil et de soutien. Maddalena Boschetti rappelle que construire la paix ne consiste pas seulement à agir dans les endroits où elle existe déjà, mais précisément là où les violences rendent cette présence indispensable. Ce courage quotidien ne met pas fin aux affrontements, mais permet à des personnes abandonnées ou menacées de trouver encore une aide, une présence humaine et un peu d'espérance.
Prions pour le peuple haïtien, pour les victimes des violences et pour tous les missionnaires, prêtres, religieux et bénévoles qui continuent de servir au milieu de cette tragédie.
Source : Vatican News, 29 octobre 2026





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