Le 1er novembre 1956, alors que l'Europe de l'Est vivait sous la domination communiste, le pape Pie XII publiait son encyclique Laetamur admodum. Le Saint-Père venait d'apprendre la libération de deux grandes figures de l'Église catholique : le cardinal Stefan Wyszynski, primat de Pologne, et le cardinal József Mindszenty, primat de Hongrie. Deux pasteurs qui avaient subi la répression des régimes communistes et dont le sort préoccupait profondément Rome.
En Pologne, le cardinal Wyszynski avait été arrêté en septembre 1953 par les autorités communistes. Pendant plus de trois ans, il avait été détenu successivement à Rywałd, Stoczek Warmiński, Prudnik et Komańcza, loin de ses fidèles. Ce n'est que le 28 octobre 1956 qu'il avait pu retrouver Varsovie et reprendre son ministère. Pie XII accueillit cette nouvelle avec une grande joie, y voyant un espoir pour la liberté de l'Église et le retour d'une paix véritable, fondée sur la justice et le respect de ses droits.
Mais la situation était loin d'être apaisée. En Hongrie, l'insurrection populaire contre le régime communiste venait de provoquer une grave crise, tandis qu'un nouveau conflit éclatait au Proche-Orient, avec la crise de Suez. Pie XII avertissait alors les dirigeants que les différends entre les peuples ne pouvaient être réglés par les armes, les massacres et les destructions, mais par la raison, le droit, la prudence et la justice. Il appelait également les catholiques à prier avec persévérance pour écarter le danger d'une nouvelle guerre, en invoquant l'intercession de la Sainte Vierge.
Le 5 novembre 1956, devant les nouvelles dramatiques venues de Hongrie, Pie XII publiait une nouvelle encyclique, Datis nuperrime. Cette fois, le souverain pontife dénonçait avec fermeté le sang versé dans les villes et les villages hongrois, ainsi que l'intervention d'une armée étrangère qui privait de nouveau ce peuple de sa liberté. Il rappelait qu'une aspiration légitime à la liberté ne pouvait être étouffée dans le sang et demandait la fin des violences, tout en invitant les chrétiens à prier pour les victimes.
Soixante-dix ans plus tard, ce 4 novembre 2026, le pape Léon XIV a lui-même rendu hommage à ces deux cardinaux lors de son audience générale, les qualifiant de primats héroïques. Une occasion de rappeler le courage de ces hommes d'Église qui ont tenu bon face aux persécutions communistes, mais aussi la détermination de Pie XII à défendre les droits de l'Église et la liberté des peuples. Une page de notre histoire catholique qu'il serait regrettable de laisser tomber dans l'oubli.
Source : Vatican News (https://www.vaticannews.va/pl/kosciol/news/2026-11/70-lat-temu-pius-xii-wezwal-do-modlitwy-o-pokoj-w-polsce.html)







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