Au centre du Laos, un père de famille présenté sous le pseudonyme de Na vit désormais avec son épouse et ses deux enfants dans une cabane dépourvue d’eau potable et d’électricité. Selon l’association Portes Ouvertes, sa maison a été détruite par un incendie volontaire survenu après une longue succession de pressions destinées à lui faire abandonner sa foi chrétienne. La famille affirme vouloir rester fidèle au Christ malgré la perte de son foyer.
Photographie d’illustration : maison rurale au Laos, prise dans une autre région et à une autre date. Elle ne représente pas la famille de Na. Source de l’image : Basile Morin, Wikimedia Commons.
Une conversion suivie de pressions dans le village
Portes Ouvertes rapporte que Na et sa famille ont embrassé le christianisme en 2004. Des responsables de leur village auraient alors exigé qu’ils participent de nouveau aux cérémonies animistes traditionnelles impliquant sacrifices d’animaux et offrandes aux esprits. Leur refus aurait entraîné une amende de deux millions de kips, évaluée dans le témoignage à environ 80 euros, ainsi que l’obligation de fournir un cochon pour une fête.
Le récit fait état d’intimidations répétées. Il ne précise pas l’identité des auteurs de l’incendie : il serait donc faux d’attribuer directement ce crime au chef du village ou à un groupe déterminé. En revanche, l’association décrit une hostilité persistante à l’égard de la foi de cette famille.
Après l’incendie, une aide conditionnée au reniement
Quelques mois avant la publication du témoignage, des inconnus auraient incendié la maison. Le lendemain, toujours selon Portes Ouvertes, le chef du village aurait proposé un soutien financier collectif en échange de l’abandon de Jésus-Christ. La famille aurait également subi des pressions touchant la propriété de sa terre. Na n’aurait pas cédé.
Privés de leur maison et de leur sécurité matérielle, les quatre membres du foyer se seraient réfugiés sur une parcelle agricole, à l’écart du village. Des communautés chrétiennes des alentours leur apportent désormais de la nourriture et un soutien pratique. Les noms des personnes sont protégés par des pseudonymes ; le lieu précis n’est pas donné, ce qui limite naturellement les vérifications indépendantes.
La liberté de conscience ne se négocie pas
Le témoignage a été recueilli par le réseau de Portes Ouvertes, organisation chrétienne de soutien aux croyants persécutés. Il ne permet pas d’établir la confession exacte de Na : il importe de ne pas le présenter sans preuve comme catholique. Mais la violence contre un homme en raison de son attachement à Jésus-Christ est une atteinte grave à la liberté religieuse et à la dignité humaine.
La foi catholique ne peut accepter qu’un pouvoir local conditionne le logement, la propriété ou la solidarité communautaire à un acte de reniement religieux. La déclaration Dignitatis humanae du concile Vatican II rappelle que nul ne doit être contraint d’agir contre sa conscience dans le domaine religieux, dans les limites justes de l’ordre public. La charité envers ceux qui souffrent pour le nom du Christ ne dépend pas d’un passeport ni d’une appartenance confessionnelle particulière.
La priorité immédiate pour cette famille reste un abri sûr, l’accès à l’eau et le rétablissement de moyens de subsistance. Son histoire doit inspirer la prière et le soutien concret, non une indignation passagère.





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