Trente-six affaires de profanation ou de dégradation de sépultures ont été enregistrées au Luxembourg depuis 2015. D’après les chiffres transmis par le ministre de l’Intérieur Léon Gloden en réponse à une question parlementaire, aucun des trente dossiers les plus anciens n’a abouti à une condamnation. Au-delà du bilan policier, ces actes blessent des familles et portent atteinte à des lieux consacrés à la mémoire des morts.
Photographie d’archives : cimetière de Hollerich. L’image ne représente pas les dégâts de 2026.
Des dossiers anciens sans condamnation
La réponse évoquée par la presse luxembourgeoise concerne une question des députés Dan Hardy et Tom Weidig. Sur les trente affaires enregistrées de 2015 à 2025, quatre dossiers anciens n’ont pu être retrouvés dans le système de gestion des affaires pénales. Parmi les vingt-six autres, les auteurs n’ont pas été identifiés dans vingt-trois cas. Trois affaires ont fait apparaître des suspects, mais aucune n’a conduit à une condamnation.
Il faut distinguer ces procédures des six cas plus récents recensés par les autorités. L’absence de condamnation pour les dossiers anciens ne signifie pas que toutes les enquêtes de 2026 soient terminées, ni que les responsables des faits les plus récents seraient déjà connus.
Hollerich et Bettembourg : des dizaines de tombes touchées
À Hollerich, à Luxembourg-ville, 108 sépultures ont été endommagées en juin 2026. Des objets en bronze, en cuivre et en laiton ont notamment disparu. Dans la nuit du 3 au 4 août, 67 tombes ont été dégradées à Bettembourg ; des croix, des représentations du Christ et des ornements funéraires ont été emportés. Les investigations concernant ces deux cimetières se poursuivent.
Les éléments signalés permettent d’envisager des vols de métaux, mais ne suffisent pas à établir un mobile antichrétien pour chaque acte. Cette distinction importe : la dénonciation morale d’une profanation ne justifie pas d’imputer aux auteurs une intention que l’enquête n’a pas démontrée. Le préjudice demeure grave même lorsque le profit matériel paraît en être la cause.
La dignité des morts ne se négocie pas
Pour les catholiques, le cimetière n’est pas un simple espace de stockage de monuments funéraires. La sépulture exprime le respect dû au corps humain, l’affection envers les défunts et l’espérance en la résurrection. La tradition de prier pour les morts s’inscrit dans les œuvres de miséricorde ; elle oblige à prendre soin des lieux où les familles viennent se recueillir.
Une civilisation digne de ce nom protège ses cimetières, quels que soient la confession ou le parcours de ceux qui y reposent. Le vol d’une croix sur une tombe atteint le droit des familles au souvenir. Il doit être recherché avec sérieux, sans récupération ni indifférence.
Reste désormais à connaître l’issue des enquêtes de Hollerich et de Bettembourg ainsi que les mesures capables de mieux protéger les sépultures. C’est à l’efficacité des investigations et à l’attention portée aux familles que se mesurera la réponse des autorités.





Conversation des fidèles
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