Le 28 août 2025, la revue américaine Time a publié sa liste annuelle des « personnes les plus influentes dans le domaine de l’intelligence artificielle ». Parmi elles figure le pape Léon XIV, reconnu comme l’un des 25 penseurs les plus marquants de ce domaine. La revue a salué son insistance sur les enjeux éthiques liés à cette technologie émergente, soulignant que le Saint-Père rappelait sans relâche la primauté de la dignité humaine face aux progrès techniques.
Un choix de nom profondément signifiant
À peine élu, Léon XIV avait expliqué au Collège des cardinaux qu’il avait choisi son nom en hommage au pape Léon XIII, auteur de l’encyclique Rerum novarum (1891), qui affronta les désordres de la révolution industrielle en rappelant la place centrale de l’homme, de la justice et du travail. De la même manière, Léon XIV veut inscrire son pontificat dans une réflexion sur la révolution numérique actuelle. Selon ses propres mots, les développements de l’intelligence artificielle ouvrent « de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail ».

L’intelligence artificielle : force de progrès ou danger pour l’homme ?
Le profil que Time lui a consacré rappelle que le Vatican a accueilli en juin dernier une Conférence sur l’intelligence artificielle, l’éthique et la gouvernance d’entreprise. Dans son discours, Léon XIV a reconnu le potentiel de l’IA comme une force pour le bien, notamment dans le domaine médical ou scientifique. Mais il a aussitôt mis en garde contre les dérives possibles : cette technologie pourrait être utilisée à des fins égoïstes, pour accroître les conflits, ou pour détourner l’homme de sa vocation à rechercher la vérité et la beauté.
Une voix morale au milieu des puissances du monde
En plaçant Léon XIV dans cette liste, Time l’associe à des figures de la haute technologie et de la politique telles qu’Elon Musk (xAI), Mark Zuckerberg (Meta), Jensen Huang (Nvidia), la sénatrice américaine Marsha Blackburn et le sénateur Chris Murphy. La revue explique que cette sélection, lancée en 2023 après l’apparition publique de ChatGPT, a pour but de rappeler que ce ne sont pas les machines qui déterminent l’avenir, mais bien les personnes : dirigeants, chercheurs, artistes, penseurs et responsables publics.
Continuité avec Léon XIII et Rerum novarum
Le parallèle avec Léon XIII est central. En 1891, au cœur des bouleversements industriels, le pape dénonçait aussi bien les excès du socialisme que les abus d’un marché sans règles, et appelait à une coopération entre les classes pour défendre la dignité de l’homme. Aujourd’hui, Léon XIV poursuit cette ligne de pensée en transposant la doctrine sociale de l’Église face aux défis posés par les technologies modernes.
Un rôle prophétique pour l’Église
Le pape rappelle ainsi que la question n’est pas de savoir si l’intelligence artificielle surpassera l’homme dans certains domaines, mais si elle sera utilisée pour servir le bien commun ou pour asservir. Par sa voix, l’Église continue d’éclairer les consciences, comme elle l’a fait face aux révolutions passées, en appelant à placer toute invention humaine au service de la vérité et du salut.






