Dans le Nord-Kivu, au cœur de cette terre déjà meurtrie depuis tant d’années, la paroisse Saint-Paul de Byambwe vient de vivre l’une des attaques les plus sanglantes de ces derniers mois. Tout s’est joué dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025 : une irruption brutale, les présumés ADF-NALU qui surgissent dans l’obscurité, et un carnage qui laisse derrière lui 28 morts, des maisons incendiées, un centre de santé réduit en cendres, et une population entière plongée dans la sidération.
Le curé, l’abbé Katsere Gislain, en témoigne avec une douleur palpable. Dans les quartiers Makuta et Django, les hommes ont été exécutés là où ils se trouvaient, les femmes massacrées, dont une jeune fille, et même deux garçons parmi les victimes. Douze maisons brûlées d’un côté, onze de l’autre : les flammes ont dévoré des familles déjà fragilisées par des années d’insécurité.
Une population qui ne comprend plus et qui fuit encore
Le plus terrible, c’est que personne ne sait pourquoi cette attaque a été menée. Aucune revendication, aucune explication : « On ne connaît pas leurs motivations », confie le prêtre. Cette ignorance ajoute à la peur, et la peur comme toujours provoque l’exode. Dès l’aube, les habitants se sont enfuis vers Butembo et Ziampanga, abandonnant leurs biens, leurs terres, parfois même leurs proches.
L’atmosphère est lourde, presque suffocante. Les rumeurs d’hommes armés circulant encore dans la région n’arrangent rien. On vit dans l’attente, dans l’angoisse, dans la certitude que tout peut recommencer.
Une réaction des autorités aussi tardive que dérisoire
Les autorités civiles et militaires ont fini par venir constater le drame. Mais le curé le dit clairement : cette présence ne change rien au fait que le massacre n’a pas été empêché. Quelques militaires ont été déployés après coup, comme pour essayer de rassurer une population qui n’a plus aucune confiance dans les dispositifs de sécurité. Cela arrive toujours après. Toujours trop tard.
La paroisse, dernier refuge dans la tempête
Dans ce chaos, il ne reste qu’un lieu où les hommes tiennent encore debout : l’Église. L’abbé Katsere raconte qu’il n’a rien d’autre à offrir que la messe, la prière, la dignité rendue aux morts. Il a célébré la messe de requiem, puis accompagné les inhumations dès le lendemain.
C’est là que les familles se rassemblent, brisées mais unies. Là que les larmes trouvent un lieu pour tomber. Là que la douleur s’exprime sans honte. Là que la foi maintient debout des personnes qui ont tout perdu en une seule nuit.
La parole du Pape Léon XIV, un baume sur une blessure ouverte
Dimanche, lors de l’Angélus, le Pape Léon XIV a évoqué les victimes de Byambwe. Une simple mention, mais pour les paroissiens, c’est un souffle d’espérance. « Nous pensions être oubliés », dit le curé. Et soudain, la voix du Saint-Père traverse Rome et rejoint ce village oublié du monde.
Il ne s’agit pas d’un geste politique, mais d’une marque de charité paternelle. Une prière qui dit : vous existez, nous ne vous abandonnons pas.
Un appel clair : la RDC ne peut plus affronter seule cet ennemi
L’abbé Katsere va droit au but : l’ennemi est presque international, affirme-t-il. Les ADF-NALU ne sont pas un simple groupe local ; ils frappent à une échelle qui dépasse la région et même le pays. Il demande l’aide de la communauté internationale, et surtout un engagement réel des autorités congolaises pour protéger leurs propres citoyens.
Byambwe n’a pas seulement perdu des vies. Elle a perdu la paix. Et tant que les responsables de la sécurité laisseront les villages faire face seuls, ces massacres reviendront.
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