Dans la paroisse de Saint Agatha à Miami, le Père Marcos Somarriba, réfugié depuis son adolescence à cause de la révolution sandiniste et devenu prêtre, élève aujourd’hui la voix pour ses frères et sœurs restés au Nicaragua. Il raconte l’angoisse de Nicaraguayens désemparés : ils sont victimes d’arrestations arbitraires, d’exils forcés, certains simplement « disparaissent », comme l’affirme sobrement le prêtre. Le régime d’Ortega et Murillo impose l’ombre du totalitarisme, fermant les portes au retour, à l’espoir, creusant dans le cœur des exilés un sentiment d’impuissance. Ceux qui sont restés, dit-il, ne savent ni où aller, ni que faire, et trouvent le pays moins sûr qu’il ne l’était il y a quarante-cinq ans, lorsqu’il l’a fui.
TPS : statuts protégés menacés, rêves brisés
Suite à l’ouragan dévastateur de 1998, qui laissa plus de 3 800 morts et un demi-million de sans-abri, les États-Unis accordèrent le statut temporaire protégé (TPS) à de nombreux Nicaraguayens. Cette mesure les protégeait des déportations, leur permettait de travailler, sans toutefois les mener vers la citoyenneté.
Aujourd’hui, face à l’évolution supposée des conditions dans leur pays, les autorités américaines, sous l’administration Trump, mettent fin au TPS pour ces ressortissants, dont beaucoup vivent aux États-Unis depuis des décennies. Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) justifie la mesure : le désastre ayant déclenché leur venue est révolu. Pourtant, un juge fédéral a accordé un sursis : la protection est prolongée jusqu’au 18 novembre 2025.
Pour le Père Somarriba, la situation n’a nullement évolué au Nicaragua. Bien au contraire, il décrit un pays en proie à une persécution acharnée de sa propre population, « horrible », et inédit dans son histoire récente.
Le régime Ortega-Murillo : abolition des libertés, oppression implacable
La persécution n’est pas seulement politique, elle est aussi religieuse. Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a mis en garde, en février 2025, contre des atteintes graves aux droits fondamentaux : dissolution d’institutions, répression des opposants, place de plus en plus autoritaire du régime.
Des rapports officiels montrent que la Commission américaine pour la liberté religieuse parle d’un traitement « abominable » des fidèles, incluant arrestations arbitraires de membres du clergé et mesures d’intimidation visant à empêcher l’exercice de la foi.
Depuis 2018, plus de 5 400 ONG ont vu leur statut légal supprimé, nombre d’entre elles chrétiennes ou catholiques. On recense la dissolution de congrégations religieuses (dont les Sœurs de la Charité de Mère Teresa), la fermeture de radios catholiques, et la suppression médiatique de toute voix catholique.
Martha Patricia Molina, avocate spécialisée et auteur de Nicaragua : une Église persécutée, témoigne :
« La seule réponse que la dictature a pour nous, ce sont la prison, le cimetière ou l’exil ».
Elle décrit une pratique religieuse sous surveillance constante ; la foi ne peut s’exprimer qu’au sein des murs de l’église, sous peine d’arrestation. Processions interdites, fidèles espionnés, photographiés durant la messe ; la liberté de culte n’est plus qu’un mirage.
Exilés clercs et prisonniers politiques : réconciliation et précarité
En 2023, l’administration Biden a négocié une libération nocturne de 222 prisonniers politiques, parmi lesquels six prêtres et deux séminaristes, placés sur un vol humanitaire vers les États-Unis. Mais leur statut demeure fragile : ils ne bénéficient que d’un parole humanitaire temporaire, sans permis de travail ni statut d’asile officiel.
John Feeley, ancien ambassadeur, souligne qu’il s’agit « de preuves irréfutables d’un droit à l’asile » : individus emprisonnés par un régime dictatorial, pour rien d’autre que leur foi ou opposition. Pourtant, certains doivent aujourd’hui s’exiler ailleurs, faute d’une issue claire.
L’administration américaine, par la voix du Département d’État, condamne ces violations courageusement ; mais le DHS, quant à lui, reste silencieux sur l’avenir de ces hommes au statut précaire.
Appels à la prière, à l’action, à la miséricorde
Le Père Somarriba vit au cœur d’une communauté nicaraguayenne épuisée par l’exil, où séminaristes et évêques exilés, tels que l’évêque auxiliaire Silvio José Báez Ortega, trouvent refuge et continuent leur ministère, notamment à proximité, au séminaire St Vincent de Paul.
Le prêtre n’hésite pas à exhorter aux États-Unis : ces personnes ont fui une injustice, elles devraient recevoir l’accueil du droit d’asile, avec dignité, en vérité. Il tisse des liens entre exil, prière, espérance et action, comme un missionnaire dans un monde brisé.
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