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De la vision du Prêtre Gerhard, et des visites des Saints

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De la vision du Prêtre Gerhard, et des visites des Saints
De la vision du Prêtre Gerhard, et des visites des Saints

Un Prêtre du district de Portian, nommé Gerhard, était depuis si longtemps malade qu’on le croyait empoisonné. Pendant sa maladie, il fut consolé et honoré de la visite de quelques Saints.

Deux fois l’apôtre Saint Pierre lui apparut et lui recommanda de faire réparer l’église qui porte son nom et dont Gerhard était pasteur, et lui reprocha d’avoir si souvent recours aux médecins pour le rétablissement de sa santé.

Une autre fois, il vit Saint Remi qui se présentait à lui, et lui promettait guérison. Étant donc allé à Reims, après avoir visité les Basiliques de Notre Dame et de Saint-Remi, il s’arrêta pour passer la nuit au bourg de Saint-Remi. Advint qu’en dormant, il se vit transporté dans un temple magnifique où la bienheureuse vierge Marie se rendait, accompagnée de Saint Remi et de Saint Martin.

Dans l’église, une multitude de Prêtres et de lévites attendaient la Reine des Anges, les Diacres revêtus de dalmatiques, les uns tenant des palmes en les autres sans palmes. On y voyait aussi une longue file de Saints de tous les rangs. Gerhard ne reconnut aucun d’eux, excepté Saint Pierre, qui lui était déjà apparu auparavant.

Quand la Sainte Mère de Dieu entra dans l’église, où Gerhard l’attendait, elle demanda qui il était, et ce qu’il voulait.

« C’est un de mes serviteurs qui vous demande guérison, Reine toute-puissante, » dit Saint Remi.

Selon ce que raconte Gerhard, il ne put entendre ce qu’elle répondit. Mais il y avait un grand voile tendu derrière lequel la vierge se retira, et à peine se fut-elle placée derrière qu’il se répandit à l’entour une lumière plus éclatante que le soleil, et dont l’éclat éblouissant ne permettait pas aux yeux de se fixer sur cet endroit.

Quelques jours après, Saint Martin lui apparut, et lui dit qu’il venait de la part de Saint Rémi lui annoncer qu’il conserverait la vie et que sa guérison lui était accordée. Cependant, il lui restait quelque doute si c’était bien la Vierge Marie qu’il avait vue, parce qu’il n’avait point entendu prononcer son nom.

Il priait donc continuellement le Seigneur qu’il daignât lui révéler si celle qu’il avait vue était bien la Mère de Dieu. Six mois après, une nuit, pendant qu’il dormait, il fut saisi d’une attaque si violente qu’il désespéra de sa vie.

Dans ces angoisses, il lui prit idée de poser sur lui quelques reliques de la Vierge, et de prononcer cette prière :

« O bienheureuse Mère de Dieu, dont je porte en ce moment les reliques, si, comme je le crois, ces reliques sont vraiment les vôtres ; si la vision que j’ai eue naguère vient de vous ; si vous êtes la Dame qui allait à ce temple magnifique, accompagnée de Saint Martin et de Saint Remi, et que j’ai vu recevoir avec tant d’allégresse par ce chœur brillant de Saints qui vous attendaient, prêtez secours à votre serviteur indigne, rendez-moi vie et santé, afin que je puisse célébrer la messe, et recevoir les fruits de vie en recevant le corps de Notre- Seigneur Jésus-Christ ; et vous, Saints pontifes de Jésus-Christ, que j’ai vu accompagner sa Sainte Mère, soyez mes intercesseurs auprès d’elle, vous qui avez daigné me visiter et me consoler. »

Cependant, un léger sommeil l’assoupit au milieu de ses prières et de ses souffrances, et tout-à-coup la Bienheureuse Reine lui apparut sous les mêmes traits et avec le même vêtement qu’il avait vus la première fois, environnée du même cortège et toute brillante de lumière.

Ébloui et effrayé de tant d’éclat, il n’osait parler, et les yeux baissés vers la terre, il semblait frappé de stupeur. Lors Saint Rémi lui adressant la parole :

« Ne vois-tu pas que la Vierge Mère de Dieu, Notre-Dame, est disposée à te secourir ? pourquoi hésites-tu à t’approcher d’elle ? »

Ces paroles dissipèrent ses craintes, levant les yeux, et prenant courage, il se précipita aux pieds de la bienheureuse Mère de Dieu, laquelle le relevant avec bonté, et imprimant sur son front le signe de la croix, ajouta ces paroles :

« Sois sans crainte, ne désespère pas, confie-toi au Seigneur, car de lui, tu recevras santé. Fais sonner la messe, afin que tu célèbres le Saint Sacrifice, et que tu rendes grâces à Dieu, qui te guérit après t’avoir châtié. »

À ces mots, elle disparut avec sa suite ; et aussitôt le Prêtre se trouva guéri et se leva plein de joie pour accomplir ce qui lui avait été ordonné ; et depuis il a joui de la santé la plus parfaite dont un homme puisse jouir. Nous tenons de Gerhard lui-même ce récit, et nous avons cru à propos de l’écrire tel qu’il nous l’a raconté.

Si cette glorieuse Reine du ciel aime à secourir ceux qui la prient avec humilité de cœur, elle se plaît aussi quelquefois à tirer vengeance des présomptueux et des arrogants ; ce que nous croyons encore un acte de sa bonté, car si les coupables souffrent en ce monde des peines proportionnées à leurs fautes, c’est pour leur en éviter de plus terribles en l’autre.

Je n’ai pas vu moi-même ce que je vais raconter, mais je l’ai souvent entendu dire à plusieurs de nos anciens. Un clerc de notre congrégation, nommé Bernard, était gardien de l’église de Notre-Dame, des gens de peu de sens (comme il l’a lui-même écrit) le prièrent de leur donner quelques reliques de Saints.

Un jour donc qu’il était seul dans le temple avec un enfant, il prit une boîte où il y avait des reliques, et porta la témérité jusqu’à l’ouvrir. Mais à peine fut-elle ouverte qu’une obscurité profonde se répandit dans l’église ; l’horreur le saisit, et il fut si frappé de terreur qu’il crut qu’il allait mourir. Et en effet, lui et l’enfant qui était avec lui perdirent la parole, et ne purent jamais raconter ce qu’ils avaient vu.

Un autre gardien de la même église nous a raconté à nous-même qu’un jour après matines, voulant se reposer dans l’église, il osa prendre les tapis du temple, s’en fit une espèce de lit, s’y coucha et s’endormit. Pendant son sommeil, une dame lui apparut, ayant l’air déjà vieille et portant des herbes en sa main.

D’abord, elle lui parla avec douceur et bonté ; mais quand elle aperçut les tapis sous lui, changeant tout-à-coup de visage, elle lui adressa ces paroles sévères :

« Comment ! tu as osé fouler superbement aux pieds et souiller les sacrés ornements de la Sainte Mère de Dieu, et tu n’as pas craint cette Reine puissante ! Pour cette fois, je te pardonne ; mais garde-toi de recommencer jamais. »

Et elle lui cita l’exemple d’un autre qui avait l’habitude de se faire ainsi un lit avec les tapis sacrés, et que nous avons vu depuis réduit à la plus extrême pauvreté, mourir sur un misérable grabat. Le Prêtre se réveilla tout effrayé et confessant sa faute, alla remettre les tapis sur les bancs, et remercia Dieu et sa Sainte Mère de la réprimande.

Il ne reconnut point la Dame qui lui était apparue, mais nous croyons qu’elle lui fut envoyée par la Sainte Vierge. Nous avons connu des enfants que leurs parents avaient voués au Seigneur, et consacrés à son service en cette église, et quand les parents ont voulu changer leur vœu, les enfants sont tombés en telle langueur qu’ils ont été forcés de tenir leur promesse.

Il fut un temps où les paysans des environs de la ville venaient chaque année, après Pâques, implorer la protection de Notre-Dame, et apporter leurs vœux et offrandes. Une année, quelques villages négligèrent de remplir ce devoir. Aussi, presque au moment de les recueillir, leurs moissons furent battues de la grêle et de l’orage, et périrent presque en entier ; leurs vignes furent brûlées, et perdirent leurs fruits.

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Au contraire, la grêle respecta et n’osa franchir les limites de ceux qui s’étaient assuré la protection de la Sainte et clémente Reine. Et depuis ce temps, ceux-ci, aussi bien que leurs voisins, se sont montrés plus dévots et plus prompts à venir chaque année visiter la cité de Reims, et implorer l’assistance de la Sainte Vierge de Saint Rémi et des autres Saints.

Source : Histoire de l’Eglise de Reims – François Guizot – 1824

Publié par Napo

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