La vie de Mahomet d'après l'histoire de l'Église Catholique
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La vie de Mahomet d’après l’histoire de l’Église Catholique

Après deux ans de Siège, la Ville Sainte de Jérusalem tombe par les sectateurs déjà fort multipliés du faux Prophète Mahomet.

Cet imposteur le plus fameux qui ne fût jamais né dès le siècle précédent, dans le cours de l’an 568, n’acquit une certaine célébrité que la vingt-deuxième année du septième siècle. Telle est la fameuse époque où commence le cours des années Musulmanes, différentes encore des nôtres, en ce qu’elles ne sont que de 354 jours, ou de douze lunes révolues.

Elle se nomme Hégire, c’est-à-dire persécution, et se compte du 16 juillet, jour auquel Mahomet fut chassé comme un perturbateur, de la ville de la Mecque située en Arabie, à douze lieues de la Mer Rouge. Il y était né de la tribu des Corisiens, et se vantait comme eux d’être descendu d’Abraham, par son fils Ismaël, et de la branche ainée.

Il se trouvait néanmoins dans la misère, cherchant fortune en Syrie. Il se fit facteur d’une riche trafiquante de Damas, qui était veuve, et qui l’épousa, âgé de vingt-huit ans, quoiqu’elle en eût quarante.

Il était sujet à l’épilepsie. Après l’avoir caché quelque temps à sa femme, cet homme, doué de cette énergie de caractère et de cette habileté dans l’art de l’imposture qui présagent les révolutions funestes, entreprenant, intrépide, naturellement éloquent, d’un air noble, quoique d’une taille peu au-dessus de la médiocre, fit de son infirmité même la base de son élévation et fit servir à la conquête d’immense Etats ce qui semblait le rendre incapable des charges les plus vulgaires.

Il persuada premièrement à sa femme, ensuite à son cousin Ali, puis à Aboubècre, considéré pour quelque sorte de vertu, mais beaucoup moins que pour ses richesses et à quelques autres personnes au nombre de neuf, que les accès de son mal étaient autant d’extases où il s’entretenait avec l’Ange Gabriel, comme étant suscité de Dieu pour rétablir la religion.

A l’âge de quarante-quatre ans, il se donna hautement pour un Prophète, et dogmatisa publiquement. Comme l’Arabie était partagée entre trois sortes de religions, la Juive, la Chrétienne et l’Idolâtre, il accorda quelque chose à chacune, afin de s’acquérir plus facilement des sectateurs.

Mais l’idolâtrie se trouvant la plus décriée, par les progrès de la révélation dans toutes les parties du monde connu, et par la honte que le genre humain avait enfin conçue de ses vieilles erreurs, il crut pouvoir se déclarer fortement contre ces extravagances spéculatives, en laissant à ses voluptueux Arabes la dissolution réelle de leurs mœurs.

Il établit l’unité d’un Dieu souverainement parfait, Créateur de l’univers, qui, à diverses époques, inspira des prophètes pour instruire les hommes. Il reconnait comme tels Noé, Abraham, Moïse, généralement tous ceux que révèrent les Juifs, et il leur ajoute quelques Arabes.

Il déclare que le plus grand de tous les prophètes a été Jésus, fils de Marie, il le dit né miraculeusement de cette Vierge, sans nulle altération de sa virginité, il le nomme Verbe et Messie. Il met pareillement au nombre des plus Saints personnages, le Précurseur du Verbe fait homme, ses Apôtres et ses Martyrs.

Il donne la loi de Moïse et l’Évangile, pour des livres divins. Mais les Juifs et les Chrétiens, ajoute-t-il, ont corrompu ces divins écrits, « et Dieu m’a envoyé pour instruire ma nation d’une manière plus sûre. On ne doit pas se contenter de renoncer à l’idolâtrie, il faut adorer un Dieu sans fils et sans aucune autre personne qui partage le culte suprême qu’on ne doit rentre qu’à lui Seul.

Il faut m’écouter comme son prophète, croire la résurrection future, le jugement universel, l’enfer où les méchants brûleront à jamais, et le paradis où les bons, parmi des troupes de belles femmes, n’auront rien à refuser à leur cœur, de tout ce qui flattera éternellement leurs yeux.« 

Quant aux pratiques extérieures, il prescrit la prière cinq fois le jour, la circoncision et beaucoup de purifications corporelles, l’abstinence du vin, du sang et de la chair de porc, le jeûne du mois Arabe Ramadan, la sanctification du vendredi entre les jours de la semaine et le pèlerinage de la Mecque, au moins une fois dans la vie.

Les Arabes y révéraient extrêmement le temple carré, dont ils rapportaient la fondation à Abraham, quoiqu’on y adorât les idoles. Mahomet lui-même recommande fort d’y honorer une pierre noire, qui s’y trouve enchâssée dans le portail, et qui forme une figure indécente. Il veut qu’on se tourne toujours vers ce temple, pour faire la prière, en quelque lieu qu’on se rencontre.

Les devoirs de justice, la pratique de l’aumône, le paiement même de la dîme et quantité d’usages qui préviennent tous les hommes par leur rapport sensible au bien de la société, entrent dans le plan de sa législation. Mais il en marque sans façon l’établissement vicieux et tout humain, en ordonnant de prendre les armes pour sa propagation, d’immoler sans pitié tous ceux qui résisteront en ne se soumettant pas à payer au moins le tribut.

Il assure le paradis à tous ceux qui mourront en combattant pour elle. Afin de rendre plus intrépide ses inconsidérés sectateurs, il leur propose sans fin la prédestination, comme une destinée fatale et inévitable, d’où leur est venu, selon quelques auteurs, le nom de Moslémin ou Musulmans, c’est-à-dire résignés d’une manière purement passive à la volonté de Dieu.

Des observateurs qui nous paraissent plus exacts, entendent par là des hommes sauvés de la mort, en se soumettant aux vainqueurs. Tous ces articles sont tirés du fameux ouvrage de Mahomet, nommé Alcoran, c’est-à-dire la lecture ou le livre par excellence. Ils s’y trouvent confondus sans ordre et sans liaison, noyés dans les déclamations et les lieux communs, surchargés de redites sans nombre, et mêlés des traits de la plus grossière ignorance.

Ainsi confond-il Marie, sœur de Moïse, avec la Mère du Sauveur. La diction en est toutefois pure. On y trouve de l’âme et de la chaleur, une éloquence ou un enthousiasme capable de faire impression sur les peuples ardents de l’Arabie, région sans culture et peu fréquentée des étrangers, tant par la température meurtrière de ces terres brûlantes, que par la difficulté de naviguer sur la Mer Rouge.

Du temps de Mahomet, l’usage des lettres y était encore tout nouveau, et lui-même ne savait ni lire ni écrire, de sorte que l’Alcoran fut rédigé par une autre main. Nous n’en exposerons pas les fables et les extravagances, qu’on s’est encore plus vainement efforcé de tourner en allégories, que les dogmes des anciens Mythologistes.

La contradiction s’y rend sensible dans mille traits différents, mais surtout dans le témoignage que cet inconséquent suborneur rend à la mission du divin Instituteur de l’Église. Il trouva d’abord beaucoup de résistance, principalement de la part de sa tribu, qui fut encore assez sensée pour lui demander, en preuve de sa mission, les miracles qu’il ne pouvait fournir.

Il fut plus heureux à Médine, autre ville d’Arabie, à soixante lieues de la Mecque, du côté de l’Égypte et de la Syrie. Il se fit une faction assez nombreuse pour défaire en plusieurs rencontres les Juifs et les Corisiens, après quoi il fut reconnu pour Souverain, la sixième année de l’hégire, qui concourt avec une partie de l’an 627.

Sa puissance, et par son origine toute militaire, et par le tour de génie oriental, devint très absolue et tout à fait despotique, mais il n’en abusait point avec ses sujets. Il vivait au contraire fort simplement et souvent en camarade de ses soldats. Il fit des lois pour la discipline guerrière, et pour le partage du butin, objet capital pour un peuple de brigands, parmi lesquels cette conduite le mit en grande recommandation.

Il se donna trois cadis ou juges, plusieurs secrétaires, un huissier et un capitaine des gardes. Il prescrivit la bonne foi dans les contrats, régla les successions, pourvut à l’éducation des enfants, au soin des orphelins, et abolit la coutume barbare de n’élever, qu’un certain nombre de filles et de faire périr les autres à leur naissance.

Il maintint l’usage de la polygamie, la liberté de répudier les femmes et de les reprendre plusieurs fois. On lui en connut à lui-même jusqu’à quinze, dont toutefois il ne laissa d’autres enfants, que sa fille Fatima, qui se trouvait mariée à son cousin Ali, quand le faux prophète, après neuf années de règne, mourut l’an 631 de J-C, il s’était rendu maître, deux ans auparavant, de la Mecque et de tout le pays, sans cesser néanmoins de faire sa résidence à Médine.

Le jour même de sa mort, on élut pour lui succéder, en sa double qualité de Prince et de Prophète, Aboubècre plus que sexagénaire, mais père d’Aicha la plus chérie de ses femmes. Il ne régna guère plus de deux ans, et ne laissa pas d’illustrer étonnamment le titre qu’il prit de Calife, c’est-à-dire de Vicaire ou Lieutenant du Prophète.

Tous les vendredis, il distribuait aux Musulmans l’argent du trésor public, et n’en réservait pour lui que trois dragmes par jour, faisant environ vingt-quatre sous de notre monnaie. Il acheva de subjuguer la plupart des Arabes, tant sujets des Perses que des Romains.

Son successeur Omar, qui se fit gloire de marcher sur ses traces, dans l’observance de la justice et du désintéressement, ajouta au titre de Calife celui d’Émir ou Commandant des Fidèles, qui passa à tous les Souverains Musulmans.

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Ce fut lui qui prit, sur les Romains, non seulement Jérusalem et la Palestine, mais toute la Syrie et l’Égypte, et qui ruina l’Empire des Perses. L’Empereur Héraclius, avant le débordement de ce torrent destructeur sur la Ville Sainte, en avait prévu les désastres et avait eu soin qu’on transporta à C. P. la relique inestimable de la vraie croix.

Source : Histoire de l’Église – Tome Septième – Abbé De Berault-Bercastel – 1781

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