À quelques semaines des solennités de la Pâques, la petite communauté rurale de Barley, située dans l’est de l’Angleterre, est frappée par une épreuve qui touche au cœur de sa vie liturgique. Plusieurs objets de culte historiques, utilisés depuis plus de quatre siècles pour la célébration de l’Eucharistie, ont été dérobés au sein de l’église Sainte-Marguerite-d’Antioche.
Les faits se sont déroulés samedi dernier, dans un intervalle de temps très court, entre 15h00 et 16h45. Selon les premiers éléments communiqués par la police du Hertfordshire, qui a ouvert une enquête, les malfaiteurs ont emporté un ensemble de pièces d’orfèvrerie en argent d’une valeur patrimoniale et spirituelle considérable. Parmi les objets disparus figurent deux calices, un flacon à communion, une patène utilisée pour le service du pain sacré, ainsi qu’un coffret contenant d’autres pièces d’orfèvrerie.
Le préjudice financier est estimé à environ 25 000 livres sterling (soit plus de 30 000 euros). Le « Calice de Barley », pièce maîtresse de ce trésor paroissial datant de la période comprise entre 1612 et 1619, est à lui seul évalué à 15 000 livres (17 000 euros). Une patène d’époque Jacques Ier, d’une valeur de 8 000 livres (9 000 euros), complète cette perte que la communauté craint d’être irréparable.
La découverte de ce vol a été faite par le sacristain de la paroisse, un bénévole de 94 ans dévoué depuis de longues années au service du sanctuaire. Le recteur de l’église, le pasteur Mark Bridgen, a témoigné du choc profond ressenti par ce serviteur de l’Église, soulignant que cet acte dépasse le simple fait divers pour atteindre la dimension du sacrilège.
« Nous craignons qu’il ne s’agisse d’une perte définitive », a déclaré le recteur, insistant sur le lien intime qui unit ces objets à l’histoire locale. Ces vases sacrés n’étaient pas de simples pièces d’exposition, mais les instruments du culte quotidien, porteurs de la mémoire de plusieurs siècles de prière communautaire. Pour les habitants de ce petit village proche de Royston, la disparition de ce patrimoine, qui appartient historiquement à la collectivité, est vécue comme un deuil collectif.
Cette affaire remet en lumière la vulnérabilité des églises rurales en Europe. Comme beaucoup de sanctuaires de campagne, l’église Sainte-Marguerite restait traditionnellement ouverte durant la journée pour permettre aux fidèles et aux passants de s’y recueillir librement. Une tradition d’accueil que l’insécurité croissante rend désormais de plus en plus précaire.
L’église Sainte-Marguerite-d’Antioche est le centre d’un regroupement paroissial comprenant plusieurs localités, dont Barkway et Reed. Si la vie liturgique se poursuit dans les églises actives de la circonscription, l’absence de ces objets séculaires pèsera lourdement sur les célébrations pascales à venir.
Les autorités locales ont lancé un appel à témoin, sollicitant toute personne ayant remarqué un comportement suspect aux abords de l’édifice le samedi après-midi. En attendant un éventuel rebondissement de l’enquête, la paroisse se prépare à vivre la Semaine Sainte dans le recueillement, marquée par la perte de ces témoins d’argent qui, depuis le XVIIe siècle, accompagnaient le mystère de la foi.




















