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Terre Sainte : justifier la guerre au nom de Dieu est « le péché le plus grave », alerte le cardinal Pizzaballa

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Face à l’embrasement du Proche-Orient, où le conflit opposant Israël et les États-Unis à l’Iran continue de bouleverser la région, le patriarche latin de Jérusalem a lancé un appel solennel en faveur de la paix. Intervenant le 15 mars lors d’une rencontre organisée conjointement par la Fondation Oasis et le Centre culturel de Milan sur le thème « La guerre dévore le Moyen-Orient et ses peuples », le cardinal Pierbattista Pizzaballa a fermement dénoncé toute instrumentalisation des hostilités. Pour le haut prélat, manipuler le nom de Dieu afin de justifier de telles violences constitue le péché le plus grave de notre temps.

Dans des propos rapportés par Vatican News, le représentant de l’Église en Terre Sainte a tenu à rappeler l’infinie proximité divine avec les victimes de la tragédie actuelle. Réfutant toute rhétorique belliqueuse qui se parerait d’alibis spirituels, il a affirmé qu’il n’existe aucune nouvelle croisade et que le Créateur est totalement étranger à ces logiques de destruction. Au contraire, a-t-il souligné, Dieu se trouve parmi ceux qui meurent, ceux qui sont frappés par la maladie et ceux qui souffrent.

Le cardinal a ensuite dressé un bilan implacable de la situation humanitaire dans la bande de Gaza, un territoire dont 80 % des infrastructures sont aujourd’hui anéanties, sans que le moindre effort de reconstruction n’ait pu commencer. Les points de passage frontaliers demeurant pratiquement tous fermés, la population est confrontée à une pénurie critique de matériel médical, manquant jusqu’aux antibiotiques les plus élémentaires. La précarité a atteint un tel degré que de nombreux civils survivent littéralement dans des tentes ou au milieu des égouts, au sein d’un paysage où la quasi-totalité des établissements scolaires a été effacée.

Sur le plan de l’administration territoriale, la géographie de l’enclave palestinienne est profondément fracturée. Plus de deux millions de déplacés s’entassent sur 53 % de la bande de Gaza, une zone désormais placée sous le contrôle direct de l’armée israélienne. Les 47 % restants, où réside une majorité de la population palestinienne, demeurent sous la coupe du Hamas. Cette situation s’enlise dans une impasse politique et militaire totale. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu exclut toute concession tant que la faction islamiste ne sera pas désarmée, tandis que le Hamas refuse de déposer les armes avant un retrait des forces israéliennes. Face à ce blocage, les perspectives diplomatiques peinent à s’imposer. Interrogé sur l’initiative « Board of Peace » promue par le président Donald Trump, le patriarche a exprimé son scepticisme, précisant que ce projet n’est pas opérationnel et que ses objectifs véritables lui échappent toujours.

Au-delà de l’épicentre gazaoui, la Cisjordanie subit également de plein fouet les ondes de choc de cette guerre. Le cardinal Pizzaballa s’est inquiété des agressions quasi quotidiennes perpétrées par des colons à l’encontre des Palestiniens, violences qui n’épargnent pas la minorité chrétienne. À cette insécurité s’ajoutent des initiatives législatives israéliennes visant à modifier l’enregistrement des propriétés foncières, une mesure perçue comme un préjudice direct pour les habitants locaux.

Ces bouleversements politiques et territoriaux, couplés à des restrictions de mouvement toujours plus sévères, ont des répercussions immédiates sur la vie pastorale et les œuvres éducatives de l’Église. Le patriarche a notamment cité le cas de Jérusalem, où quinze écoles catholiques se retrouvent paralysées en raison de l’absence de plus de deux cents de leurs enseignants chrétiens, bloqués à Bethléem et dans l’impossibilité de franchir les barrages pour rejoindre la Ville sainte.

Dressant le constat d’une réalité quotidienne particulièrement éprouvante pour sa communauté et l’ensemble des habitants de la région, le patriarche a conclu son intervention en rappelant la lourdeur du climat actuel, témoignant d’une tension constante qui rend la situation toujours plus complexe pour tous ceux qui demeurent sur cette terre déchirée.

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