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Canada : Les anglicans bénissent l’euthanasie

Canada : Les anglicans bénissent l’euthanasie

Au Canada, la frontière entre l’accompagnement spirituel des malades et la validation de la mort provoquée vient d’être franchie par l’église anglicane. Cette dernière a officiellement autorisé ses clercs à bénir les personnes ayant recours à l’euthanasie, une pratique dépénalisée dans le pays sous l’appellation d’aide médicale à mourir. Sous réserve d’obtenir la permission préalable de leur évêque, les ministres du culte pourront désormais prodiguer un accompagnement liturgique avant, pendant et après l’administration de l’injection létale.

Ces nouvelles dispositions sont rassemblées dans un document officiel de la confession anglicane canadienne, intitulé « Liturgies pastorales au moment de la mort dans les contextes d’aide médicale à mourir ». Le rituel mis en place prévoit la possibilité d’administrer la communion au patient et inclut des prières spécifiques, dont une litanie s’adressant à Dieu par la formule : « Nous mettons notre confiance en Toi ». Le texte présente cette démarche comme une option légitime pour les personnes estimant avoir épuisé toutes les solutions médicales, leur permettant de ne pas mourir seules mais avec la grâce de Dieu et la présence de leur Église.

Sur le plan doctrinal, le document choisit délibérément de faire l’impasse sur la moralité de la provocation de la mort. Ses rédacteurs affirment qu’il n’est pas dans leur intention de s’immiscer dans les débats éthiques entourant l’euthanasie légale, ni de formuler un argumentaire moral pour ou contre cette pratique. L’église anglicane canadienne justifie cette position par un impératif d’accompagnement inconditionnel, allant jusqu’à assimiler l’euthanasie au processus naturel du décès. Le texte souligne que la mort faisant naturellement partie de la vie, les responsables chrétiens sont appelés à marcher aux côtés des soignants et des institutions pour offrir une réponse pastorale aux personnes en fin de vie, peu importe le chemin emprunté.

Cette neutralité éthique assumée a immédiatement suscité de vives critiques dans la sphère bioéthique. Dans les colonnes du magazine américain National Review, Wesley J. Smith, chercheur au Centre pour l’exceptionnalisme humain du Discovery Institute, a fermement dénoncé cette initiative. Il relève d’abord une incohérence factuelle dans le document anglican : contrairement à ce qui y est suggéré, la législation canadienne n’exige nullement que toutes les options médicales aient été épuisées pour accorder le droit à l’euthanasie.

Sur le fond, l’analyste interroge la pertinence et la vocation même d’une institution religieuse qui refuse de se prononcer moralement sur des actes d’une telle gravité. Rappelant la tradition séculaire du christianisme pour qui la vie est un don sacré, il souligne que le suicide et l’homicide sont condamnés depuis les temps apostoliques. Il prend pour preuve la Didachè, l’un des plus anciens documents de l’Église datant du premier siècle, qui proscrit explicitement le meurtre et la mort provoquée.

Pour les observateurs attachés à la dignité inaliénable de la personne, l’introduction d’un tel rituel pose un risque pastoral majeur. Wesley J. Smith avertit qu’en offrant ce qui s’apparente à une caution spirituelle à l’euthanasie, l’Église anglicane canadienne participe activement à la banalisation de la mort provoquée comme unique remède à la souffrance humaine. Plus tragique encore, cette bénédiction formelle pourrait devenir l’élément déclencheur pour des personnes vulnérables, tiraillées par le désespoir, qui trouveraient dans cette liturgie l’ultime justification pour renoncer à la vie.

Conversation des fidèles

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