Lors de son prochain voyage apostolique dans la capitale espagnole, prévu du 6 au 9 juin 2026, le pape Léon XIV posera un acte inédit. Le 7 juin, à l’occasion de la solennité du Corpus Christi, le Souverain Pontife présidera pour la toute première fois la grande procession eucharistique de Madrid. À cette occasion, le Saint-Sacrement sera porté à travers les rues de la ville dans un véritable chef-d’œuvre de l’orfèvrerie de la Renaissance, hérité de la Contre-Réforme.
La célébration débutera par une messe solennelle célébrée en plein air, devant le grand palais de Cibeles. Le déroulement de cette liturgie respectera scrupuleusement le rite classique de la Fête-Dieu. Au terme de la communion, l’hostie consacrée sera insérée dans la custode et exposée au centre de l’autel. Après avoir prononcé la prière de postcommunion et encensé le Saint-Sacrement, Léon XIV donnera le coup d’envoi du cortège. Les fidèles et le clergé accompagneront la Présence Réelle le long de la rue Alcalá en direction de la Gran Vía, avant de revenir sur la place de Cibeles où le Saint-Père impartira la bénédiction eucharistique finale.
Ce trésor d’orfèvrerie présente une singularité juridique et historique rare : il n’appartient à aucune institution ecclésiastique, mais relève du patrimoine civil de la mairie de Madrid. C’est en effet le conseil municipal qui, sous le règne du roi Philippe II, avait passé commande à l’orfèvre Francisco Alvarez entre 1568 et 1574. L’objectif de l’époque était d’offrir à la procession du Saint-Sacrement un faste digne du nouveau statut de capitale fraîchement acquis par la ville. Habituellement conservée dans la chapelle du musée d’Histoire de Madrid, l’œuvre a récemment fait l’objet d’une minutieuse restauration. Achevés en novembre 2024, ces travaux ont été financés par les deniers publics municipaux à hauteur de 12 700 euros.
D’un point de vue architectural, la structure monumentale se divise en trois éléments distincts. La base forme un double dais finement orné de scènes de la Passion du Christ, représentant la Cène, le Lavement des pieds, l’Agonie au Jardin des Oliviers et l’Arrestation. Au-dessus s’élève un dais extérieur soutenu par huit colonnes corinthiennes, abritant les figures des quatre évangélistes et couronné par une statue du Christ Sauveur. Enfin, l’ostensoir portatif en forme de soleil, destiné à accueillir l’Eucharistie en son centre, est un ajout plus tardif du XIXe siècle, réalisé par l’orfèvre Francisco Moratilla. L’ensemble mêle habilement l’architecture classique à une profusion de motifs liés au pain et au vin, entourés d’anges, de prophètes et de sibylles.





Conversation des fidèles
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