Dans une récente vidéo, LeCatho revient sur les déclarations de la médium Amandine Roy autour d’un projet de « sanctuaire de la Vierge guérisseuse », de ses pratiques médiumniques et de propos particulièrement graves visant des lieux catholiques comme Lourdes, le Mont-Saint-Michel ou Rocamadour. Au-delà de la polémique, une question centrale se pose pour les fidèles : ces pratiques et ces affirmations sont-elles compatibles avec la foi catholique ? La réponse du Catéchisme est sans ambiguïté sur le recours aux médiums et aux pratiques occultes.
La vidéo ci-dessous reprend et commente de longs extraits d’un entretien dans lequel Amandine Roy présente sa médiumnité, raconte ce qu’elle considère comme des missions spirituelles dans plusieurs hauts lieux catholiques et expose son projet autour d’une « Vierge guérisseuse ». Le propos de cet article est de restituer fidèlement les points essentiels développés dans la vidéo, tout en distinguant ce qui relève de déclarations personnelles de ce que l’Église catholique enseigne effectivement.
Un projet de « sanctuaire de la Vierge guérisseuse »
Amandine Roy se présente comme médium et affirme avoir pris conscience de cette capacité à l’âge de 18 ans avant de la travailler durant plus de trente ans. Dans l’extrait commenté, elle explique également qu’on lui aurait demandé d’intervenir spirituellement dans des lieux sacrés afin de les « nettoyer ».
Elle cite notamment le Mont-Saint-Michel, Lourdes et Rocamadour. Dans sa présentation, ces déplacements ne seraient pas de simples visites : ils répondraient à des indications reçues dans le cadre de sa pratique médiumnique.
La vidéo LeCatho conteste précisément cette interprétation. Du point de vue catholique, une expérience intérieure ou une affirmation présentée comme surnaturelle ne devient pas authentique parce qu’une personne dit l’avoir reçue. Elle doit être discernée, et aucune révélation privée supposée ne peut contredire la foi et la morale enseignées par l’Église.
Des accusations extrêmement graves concernant Lourdes
Le passage le plus grave concerne Lourdes. Dans l’extrait diffusé et commenté, Amandine Roy affirme avoir reçu des informations évoquant des « sacrifices d’enfants » dans un lieu du sanctuaire. La vidéo LeCatho rejette catégoriquement cette accusation et souligne qu’aucune preuve n’est apportée dans la séquence pour établir une telle affirmation.
Il est essentiel de conserver ici une distinction journalistique claire : il s’agit d’une déclaration attribuée à Amandine Roy dans l’entretien commenté, et non d’un fait établi. LeCatho n’a trouvé dans les éléments utilisés pour cet article aucune source indépendante permettant d’étayer une telle accusation.
C’est précisément la raison pour laquelle la vidéo insiste sur la gravité de diffuser de tels récits à propos de l’Église, de son clergé et d’un sanctuaire marial majeur. Une accusation extraordinaire exige des preuves solides ; une affirmation médiumnique ne constitue pas, en elle-même, une preuve.
La médiumnité est explicitement rejetée par le Catéchisme
Sur le fond doctrinal, le débat est beaucoup plus simple. Le Catéchisme de l’Église catholique traite directement de la divination et du recours aux médiums. Au numéro 2116, il enseigne que « toutes les formes de divination sont à rejeter » et mentionne explicitement « les phénomènes de voyance » ainsi que « le recours aux médiums ».
Le numéro 2117 poursuit en condamnant les pratiques par lesquelles une personne prétend mettre des puissances occultes à son service, y compris lorsqu’un pouvoir surnaturel est recherché dans le but de procurer la santé à quelqu’un. Le même passage avertit également les fidèles contre le spiritisme.
Autrement dit, la question ne dépend pas de savoir si une pratique se présente comme bienveillante, thérapeutique, mariale ou destinée à « nettoyer » un lieu. Pour un catholique, le recours à la médiumnité et aux puissances occultes demeure incompatible avec la vertu de religion.
Une « Vierge guérisseuse » distincte de la dévotion mariale catholique
Dans l’entretien, Amandine Roy raconte avoir acquis une statue et affirme qu’une « conscience » l’investirait. Elle explique que cette figure aurait demandé à être appelée « Vierge guérisseuse ». Elle précise aussi que le projet devrait rester indépendant de l’obédience d’une institution et être ouvert dans une démarche qu’elle qualifie d’œcuménique.
La vidéo LeCatho y voit une rupture nette avec la dévotion catholique à la Sainte Vierge Marie. La différence est fondamentale : dans la foi catholique, une statue mariale n’est pas une divinité et n’est pas adorée. Elle représente la Vierge Marie et peut soutenir la prière des fidèles ; elle ne possède pas, par elle-même, une « conscience » autonome à laquelle serait rendu un culte.
Le projet présenté va d’ailleurs plus loin qu’un simple espace de prière. Amandine Roy évoque une esplanade, de l’hébergement, de la restauration, l’aménagement d’une forêt et un ensemble suffisamment vaste pour accueillir les visiteurs. Des sources publiques confirment par ailleurs l’existence juridique d’une structure dénommée « SANCTUAIRE DE LA VIERGE GUERISSEUSE », constituée en 2025.
Des guérisons alléguées qui demandent à être vérifiées
L’entretien aborde également ce qu’Amandine Roy présente comme un premier « miracle ». Elle raconte le cas d’une personne atteinte d’un cancer de stade 4 qui aurait connu une guérison et dont l’oncologue aurait, selon le récit rapporté, employé le terme de « miraculée ».
Là encore, aucune documentation médicale permettant de vérifier indépendamment ce récit n’est produite dans la séquence commentée. La vidéo LeCatho souligne donc qu’il est impossible de présenter cette guérison alléguée comme un miracle établi.
Cette prudence est d’autant plus nécessaire que l’Église catholique elle-même ne reconnaît pas un miracle médical sur la seule base d’un témoignage. Une guérison alléguée exige un examen rigoureux des faits avant toute conclusion religieuse.
Pourquoi les catholiques doivent exercer leur discernement
La vidéo critique enfin les chaînes et personnalités se présentant comme catholiques qui relaient ce type de contenu sans rappeler clairement l’enseignement de l’Église. Elle appelle les fidèles à ne pas confondre visibilité médiatique, discours politique, références chrétiennes et orthodoxie catholique.
C’est probablement le point le plus important à retenir. Une personne peut parler de Marie, de Jésus, de sanctuaires, de miracles ou de prière et employer un vocabulaire chrétien sans que la pratique proposée soit pour autant catholique. Le critère n’est pas l’apparence religieuse du discours, mais sa conformité à la foi reçue et transmise par l’Église.
Face aux récits de médiumnité, de « consciences » attachées à des statues, de guérisons non documentées ou de révélations accusant sans preuve des institutions catholiques, la prudence n’est donc pas facultative. Le Catéchisme donne aux fidèles un repère particulièrement clair : le recours aux médiums et aux pratiques divinatoires doit être rejeté.
La vidéo se termine par un appel à la prière, notamment au chapelet, et à la fidélité au Christ et à la Sainte Vierge Marie. La réponse catholique à l’occultisme ne consiste pas à rechercher une puissance concurrente, mais à demeurer attaché à Dieu, aux sacrements, à la prière et à l’enseignement de l’Église.
Sources principales
Vidéo LeCatho – commentaire intégral à l’origine de cet article
Catéchisme de l’Église catholique – n° 2116, divination et recours aux médiums
Catéchisme de l’Église catholique – n° 2117, magie et spiritisme
Statuts de la société SANCTUAIRE DE LA VIERGE GUERISSEUSE





Conversation des fidèles
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