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À Saint-Denis, Bally Bagayoko défend l’héritage chrétien et le « caractère sacré de la vie humaine »

À l’approche de la venue de Léon XIV, Bally Bagayoko évoque l’héritage chrétien de Saint-Denis, la laïcité et ses réserves personnelles sur l’euthanasie. Analyse des propos et rappel du cadre catholique.

À Saint-Denis, Bally Bagayoko défend l’héritage chrétien et le « caractère sacré de la vie humaine »

À quelques jours de la venue de Léon XIV à Saint-Denis, l’entretien accordé par le maire Bally Bagayoko à La Vie retient l’attention par plusieurs déclarations sur le christianisme, la laïcité et la fin de vie. L’élu LFI, qui se présente comme musulman, se réjouit d’accueillir le pape le 25 septembre et affirme l’importance historique du christianisme en France. Sur l’euthanasie, il exprime aussi des réserves personnelles liées notamment à la vulnérabilité des plus pauvres. Ces propos doivent être distingués des positions de son parti et ne constituent pas, en eux-mêmes, une adhésion à la foi catholique.

Plus de 80 000 jeunes attendus au Stade de France

La Vie a publié le 11 septembre un long entretien avec Bally Bagayoko à l’approche de la veillée de prière que Léon XIV doit présider au Stade de France. Le journal rappelle que plus de 80 000 jeunes sont attendus à Saint-Denis le 25 septembre.

Le maire dit vouloir faire de cette venue un événement populaire. Pour un catholique, la portée première du rendez-vous reste toutefois ecclésiale : le pape vient comme successeur de Pierre rencontrer les fidèles, prier avec eux et les confirmer dans la foi.

Une reconnaissance explicite de la place du christianisme

Dans l’entretien, Bally Bagayoko insiste sur l’histoire chrétienne de Saint-Denis et de la France. Cette reconnaissance possède une portée particulière dans une ville dont la basilique-cathédrale conserve la mémoire de saint Denis et des rois de France.

Reconnaître cette histoire ne signifie évidemment pas confondre la foi catholique avec une simple identité patrimoniale. Le christianisme n’est pas seulement une composante culturelle parmi d’autres : pour l’Église, il est la confession de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, unique Sauveur. Le dialogue civil et le respect dû à toute personne ne demandent pas au catholique de relativiser cette vérité.

La laïcité n’efface pas l’histoire religieuse

L’entretien aborde également la laïcité. Le maire estime qu’elle ne consiste pas à ignorer le fait religieux et évoque la nécessité de prendre soin du patrimoine chrétien. Sur le plan civique, la France possède effectivement un patrimoine religieux considérable, dont une partie importante appartient aux collectivités publiques.

Pour les catholiques, la défense des églises ne peut cependant se réduire à la conservation de monuments. Une église est d’abord un lieu consacré au culte de Dieu, à la célébration de la messe, à la prière et aux sacrements. Sauver les pierres sans transmettre la foi serait préserver l’enveloppe tout en oubliant sa raison d’être.

Fin de vie : des réserves personnelles sur l’euthanasie

Le volet le plus sensible de l’entretien concerne la fin de vie. Bally Bagayoko exprime des réserves sur l’euthanasie et attire notamment l’attention sur le risque que les personnes pauvres et fragiles soient davantage exposées aux conséquences d’un changement de législation. Il invoque le caractère sacré de la vie humaine.

Il s’agit de la position personnelle exprimée par l’élu dans cet entretien ; elle ne doit pas être transformée en position générale de La France insoumise. Du point de vue catholique, la doctrine est plus précise encore : l’euthanasie directe est moralement inacceptable, tandis que l’accompagnement des malades, les soins palliatifs et le refus de l’acharnement thérapeutique doivent être clairement distingués.

Accueillir le pape sans confusion religieuse

Bally Bagayoko souhaite que la venue de Léon XIV rassemble largement, y compris au-delà des catholiques. Une telle présence civile peut être légitime. Mais la courtoisie entre croyants et la coopération pour le bien commun ne signifient pas que toutes les religions enseignent la même chose ou conduisent de la même manière à la vérité.

Vatican II appelle au dialogue et au respect, tout en maintenant intacte la mission de l’Église : annoncer Jésus-Christ. L’accueil d’un responsable musulman à un événement pontifical ne change donc rien à la confession catholique du Christ ni au devoir d’évangélisation.

Une visite qui remet le catholicisme au centre de l’espace public

À Saint-Denis, la venue de Léon XIV aura nécessairement une dimension publique. Elle fera se rencontrer une ville populaire et diverse, une histoire chrétienne millénaire et une jeunesse catholique nombreuse. Les déclarations du maire montrent au minimum que le christianisme demeure un fait historique, culturel et spirituel avec lequel les responsables publics doivent compter.

Pour l’Église, l’enjeu dépasse pourtant le symbole : il s’agit d’annoncer le Christ dans une société sécularisée, sans agressivité mais sans dilution. La charité n’exige jamais l’effacement de la vérité ; elle demande de la proposer avec clarté et respect de la liberté de chacun.

Sources principales

La Vie – entretien avec Bally Bagayoko, 11 septembre 2026
La Vie – dossier d’actualité sur la venue de Léon XIV

Conversation des fidèles

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