Dimanche 8 mars au matin, sous une pluie battante, la ferveur n’a pas faibli dans les rues de Fortaleza, au nord-est du Brésil. Près de sept mille catholiques ont pris part à la quinzième édition de la Marche pénitentielle de l’archidiocèse, un événement spirituel majeur de ce temps de Carême, marqué cette année par un fort appel pastoral de l’archevêque en faveur de la dignité des femmes.
Portant une imposante croix de bois, la foule a parcouru cinq kilomètres depuis l’église paroissiale Notre-Dame de la Santé, dans le quartier de Mucuripe, jusqu’à la cathédrale métropolitaine. Fait particulièrement significatif de cette démarche de conversion, de nombreux prêtres ont marché aux côtés des fidèles tout au long du trajet afin d’entendre les confessions, offrant ainsi le sacrement de la réconciliation au cœur même de l’effort physique. Selon les services de l’archidiocèse, cette marche s’inscrit comme l’un des moments les plus ancrés dans la tradition locale, invitant le peuple de Dieu à la prière et à une préparation intérieure exigeante en vue de la fête de Pâques.
L’événement, qui se tient habituellement le troisième dimanche de Carême, coïncidait cette année avec la Journée internationale des droits des femmes. À l’arrivée à la cathédrale, Mgr Gregório Paixão, archevêque de Fortaleza, a saisi l’occasion de son homélie pour alerter vivement les consciences sur le fléau de la violence exercée contre les femmes. Rappelant une réalité tragique au niveau national, le prélat a souligné que quatre femmes sont assassinées chaque jour au Brésil en raison de leur sexe.
Il a dénoncé le féminicide comme un « cancer qui doit être extirpé », le qualifiant de véritable « douleur dans le cœur de Dieu ». L’archevêque a rappelé le dessein divin, soulignant que le Créateur a donné les femmes pour qu’elles puissent poursuivre l’œuvre de la création aux côtés des hommes.
S’appuyant sur l’Évangile du jour relatant la rencontre au puits entre le Christ et la Samaritaine, Mgr Paixão a mis en lumière l’attitude de Jésus qui, loin de condamner la femme ou d’être troublé par sa présence, lui offre une vie nouvelle. « Toute personne a été faite pour être accueillie, respectée, et jamais pour être souillée », a insisté l’archevêque, invitant les fidèles à comprendre et à imiter cette approche christique.
Dans un ultime appel concret adressé aux familles, le prélat a exhorté les hommes à aimer toujours davantage leurs épouses, à privilégier le dialogue et à ne jamais hausser la voix contre elles. Il a également encouragé les femmes à briser le silence, leur demandant de dénoncer toute situation de violence dont elles auraient connaissance dans leur entourage, liant ainsi l’exigence spirituelle du Carême à la charité et à la justice concrètes.




















