L’université de Lethbridge, au Canada, se trouve au cœur d’une proposition inhabituelle après l’arrestation médiatisée d’une universitaire sur son campus. L’entrepreneur et philanthrope albertain W. Brett Wilson a publiquement proposé un don de 100 000 dollars à l’établissement, à la condition que celui-ci présente ses excuses officielles à Frances Widdowson. Cette ancienne professeure de l’université Mount Royal avait été interpellée par les forces de l’ordre alors qu’elle se trouvait dans la cafétéria de l’institution.
L’affaire a pris une tournure judiciaire et financière lorsque W. Brett Wilson, reconnu pour son soutien à la liberté d’expression, a partagé sa proposition sur les réseaux sociaux. Il demande non seulement des excuses, mais souhaite également que l’université de Lethbridge permette à Mme Widdowson d’intervenir et de débattre au sein de l’établissement dans un cadre respectueux. Cette offre intervient alors que la professeure a été sanctionnée par une amende de 600 dollars à la suite de son interpellation.
L’arrestation, documentée par des images diffusées sur internet, montre des officiers de police de Lethbridge menottant l’universitaire avant de l’escorter vers un véhicule de police. Avant l’incident, la direction de l’université, qui bénéficie de fonds publics, avait émis une « alerte de campus » pour signaler la présence de la professeure aux étudiants et au personnel. Le Centre de justice pour les libertés constitutionnelles (JCCF) a précisé qu’il assurait désormais la défense de Mme Widdowson, soulignant que cette dernière fait face à plusieurs procédures similaires dans diverses universités canadiennes où elle a été expulsée ou interdite de séjour.
Le différend repose sur les recherches et les prises de parole de Frances Widdowson concernant les pensionnats autochtones, autrefois gérés par les autorités civiles avec le concours d’institutions catholiques et anglicanes. La professeure remet en question les affirmations relatives à la découverte de « fosses communes » sur les sites de ces anciens établissements. Si ces allégations ont largement circulé dans l’espace public en 2021 et 2022, aucun corps n’a été exhumé à ce jour dans le cadre de fosses communes après quatre années de recherches.
Cette situation s’inscrit dans un climat de tension pour l’Église catholique au Canada. Depuis le printemps 2021, plus de 120 églises ont été la cible d’incendies criminels, d’actes de vandalisme ou de profanations. De nombreux observateurs soulignent que ces attaques ont souvent été alimentées par le récit, pour l’heure non étayé par des preuves matérielles, de sépultures anonymes d’enfants. L’ancien juge Brian Giesbrecht a récemment critiqué l’orientation prise par les autorités fédérales, estimant que la politique actuelle tend à faire porter à l’Église la responsabilité de décès et d’inhumations qui demeurent sans fondement factuel.
Dans son message, W. Brett Wilson a exhorté l’université à renouer avec sa mission d’excellence en favorisant l’engagement intellectuel plutôt que l’exclusion. Il a réitéré sa disponibilité pour faciliter une rencontre entre l’institution et la professeure, concluant sur la nécessité d’un débat ouvert au sein de ce qu’il considérait autrefois comme une « grande université ».





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