Voilà une situation particulièrement inquiétante dans le sud-ouest de la Colombie ! Depuis le 17 octobre, de violents affrontements opposent plusieurs groupes armés dans le département de Narino, à proximité de la frontière équatorienne. Selon un bilan humanitaire relayé le 26 octobre par l'agence Fides, 1 824 personnes appartenant à 749 familles sont touchées par ces violences. Parmi elles, 657 ont dû abandonner leur domicile et 1 167 restent confinées dans leurs localités, parfois sans possibilité de se ravitailler normalement. Face à cette situation, Mgr José Saúl Grisales Grisales, évêque catholique d'Ipiales, demande un cessez-le-feu immédiat et la protection des populations civiles.
Rappelons les faits ! Les combats concernent principalement les municipalités de Linares, Los Andes et La Llanada, où deux organisations armées se disputent le contrôle de certains territoires. D'un côté, l'État-major central, une structure dissidente des anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie, les FARC, dont les membres n'ont pas adhéré à l'accord de paix de 2016. De l'autre, les Autodéfenses unies de Narino, un autre groupe armé actif dans cette région. Les affrontements ont provoqué des déplacements de familles entières, tandis que les habitants restés sur place vivent sous la menace des tirs et des explosifs.
Mais les dégâts touchent également les infrastructures indispensables à la vie quotidienne ! Selon les informations humanitaires reprises par Fides, une église, une école, un aqueduc communautaire et au moins cinq habitations ont été endommagés. Les combats ont notamment été marqués par l'utilisation de drones transportant des engins explosifs. Les activités scolaires ont dû être suspendues dans certaines localités, tandis que les déplacements deviennent extrêmement dangereux. Les familles confinées rencontrent des difficultés pour accéder à la nourriture, à l'eau et aux soins médicaux. Les autorités humanitaires évaluent également à environ 1 357 le nombre d'enfants et d'adolescents concernés par cette situation d'urgence.
L'une des opérations de secours a elle-même été prise pour cible ! Le 19 octobre, une mission conduite par Álex González, secrétaire à la Paix et à la Sécurité du département de Narino, est parvenue à évacuer plus de 300 habitants de plusieurs secteurs. Mais lorsqu'elle a tenté de rejoindre la localité de Bella Florida, la délégation a essuyé des tirs et a dû interrompre son intervention. Environ une centaine de personnes n'ont donc pas pu bénéficier du corridor humanitaire prévu. Cet incident montre les difficultés considérables auxquelles se heurtent les équipes chargées de secourir les populations prises au piège.
Face à l'aggravation de la situation, le diocèse d'Ipiales a publié un communiqué le 22 octobre, relayé le lendemain par la Conférence épiscopale colombienne. Mgr José Saul Grisales Grisales y exprime sa solidarité avec les communautés des régions d'Abades et de Guambuyaco, particulièrement les paroisses Notre-Dame-du-Rosaire de Linares, Saint-Jean-Baptiste de Sotomayor et Notre-Dame-de-la-Visitation de Tábiles. L'évêque rappelle que les paroisses ne se résument pas à leurs bâtiments : elles sont avant tout constituées de familles, de jeunes et de personnes âgées qui subissent aujourd'hui les conséquences directes des violences.
Le prélat demande aux groupes armés de respecter le droit international humanitaire, de protéger la vie et les biens des habitants et de mettre fin aux hostilités. Il insiste également sur la nécessité de permettre aux secours d'atteindre les populations les plus vulnérables sans mettre en danger les équipes humanitaires. Le diocèse assure vouloir poursuivre son accompagnement des victimes, en coopération avec les institutions civiles, les associations et les organisations caritatives. Son appel rejoint les inquiétudes exprimées par plusieurs diocèses colombiens et équatoriens, confrontés aux conséquences de l'insécurité dans cette région frontalière.
Pour le moment, aucun cessez-le-feu n'a été annoncé dans les informations publiées par Fides le 26 octobre. Les familles déplacées attendent toujours de pouvoir rentrer chez elles, tandis que les habitants confinés dépendent de l'ouverture de corridors humanitaires. Cette nouvelle crise rappelle que, malgré l'accord de paix conclu en Colombie en 2016, plusieurs organisations armées continuent de s'affronter et de mettre les populations civiles en danger. L'Église locale demande avant tout que les combats cessent et que les secours puissent intervenir.
Source : Agence Fides





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