Lors d’une visite historique au sein de l’unité de dialyse de l’hôpital pédiatrique Bambino Gesù, le Cardinal Pietro Parolin a rappelé une vérité fondamentale : le don d’organes est un acte de charité suprême. Pour le secrétaire d’État du Saint-Siège, ce geste transforme la souffrance en une source de vie inestimable, permettant à l’espérance de fleurir là où la mort semble avoir le dernier mot.
La culture du don : au-delà de l’aspect matériel
Dans un monde souvent marqué par l’individualisme, le Cardinal Parolin a profité de la bénédiction des nouvelles installations pour exalter la « culture du don ». Selon lui, le don est un « langage silencieux mais puissant » qui permet aux hommes et aux femmes d’exprimer le meilleur d’eux-mêmes.
Si le don financier est souvent perçu comme le plus simple ou le moins spirituel, le Cardinal a rappelé, en citant l’exemple biblique de l’obole de la veuve, qu’il peut devenir une forme concrète d’amour lorsqu’il est fait avec sacrifice. Cependant, c’est dans le don de soi, et plus spécifiquement dans le cadre du don d’organes, que cette spiritualité atteint son sommet.
Pourquoi le don d’organes est-il un acte d’amour ?
Un pont entre la perte et la vie
Le secrétaire d’État a particulièrement insisté sur le témoignage poignant des parents qui, confrontés à la perte « immense et douloureuse » d’un enfant, choisissent de donner ses organes. Ce choix permet de générer de la vie, de l’espoir et un futur pour d’autres familles.
Ces parents transforment leur désespoir en une opportunité pour un autre enfant de « devenir un adulte ». C’est ici que la parole de Jésus prend tout son sens : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15,13).
Un corps où bat un amour éternel
Le cardinal a souligné une dimension mystique essentielle : la vie humaine est relation et communion. Dans un corps dont les organes ont été donnés, « bat un amour qui ne se rend pas devant la mort ». Cette vision chrétienne du corps humain, non pas comme une machine mais comme un temple de l’Esprit, sanctifie l’acte de transplantation.
Le don du temps : L’importance de l’écoute et de la présence
Au-delà de la dimension médicale, Pietro Parolin a évoqué un don accessible à tous : le temps. Dans les couloirs du Bambino Gesù, ce don se manifeste par :
- Savoir écouter les familles en détresse.
- Accompagner les petits patients dans leur quotidien.
- Être présent, tout simplement, pour dire à l’autre : « Tu es important pour moi ».
Il a rendu un hommage vibrant aux bénévoles qui incarnent la parabole du Bon Samaritain. Sans faire de bruit, ces « anges de l’ombre » s’arrêtent, s’approchent et soignent, prouvant que la charité chrétienne est une action de proximité.
Les enjeux éthiques et pastoraux de la transplantation
Le message du Cardinal s’inscrit dans une longue tradition de soutien de l’Église aux progrès de la médecine, tant que ceux-ci respectent la dignité humaine. Le don d’organes est encouragé comme une forme de solidarité sociale et de fraternité humaine.
- Le consentement : L’importance de la décision libre et éclairée.
- La gratuité : Le refus de toute commercialisation du corps humain.
- L’équité : L’accès aux soins pour tous, sans distinction, comme le prône l’hôpital du « Petit Jésus » (Bambino Gesù).
Le Pape Pie XII, dans les années 1950, a d’ailleurs affirmé qu’il n’est pas immoral d’utiliser les organes d’une personne décédée si son consentement est respecté et que l’intégrité du corps est respectée également. Saint Jean-Paul II a aussi, dans un discours en 2000 durant la Transplantation société, déclaré que « le don d’organes est un témoignage d’amour qui va au-delà de la mort. C’est un acte noble et méritoire. »





















