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Éclats de missiles près du Saint-Sépulcre : le conflit s’intensifie au Moyen-Orient

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La guerre qui embrase le Moyen-Orient a franchi un nouveau seuil alarmant. Mardi 17 mars 2026, d’après le média Crux, des éclats d’un missile iranien intercepté se sont abattus dans la vieille ville de Jérusalem. Les débris ont notamment frappé le toit du Patriarcat grec-orthodoxe, situé à quelques mètres seulement de la basilique du Saint-Sépulcre, le lieu vénéré par les chrétiens comme celui de la crucifixion, du tombeau et de la résurrection du Christ. Cet événement, d’une rareté notable pour la Ville Sainte lors des conflits récents, a également touché les abords du Mur des Lamentations et l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, illustrant la portée d’un affrontement qui s’étend désormais sur de multiples fronts.

Au-delà de la Terre Sainte, les conséquences humanitaires de cette escalade sont dramatiques, tout particulièrement au Liban. Les forces israéliennes ont intensifié leurs bombardements sur Beyrouth, ciblant les infrastructures de la milice du Hezbollah. Le groupe armé avait initié des tirs de roquettes sur le nord d’Israël fin février, en réponse aux premières opérations américano-israéliennes contre l’Iran. Aujourd’hui, l’armée israélienne a multiplié les ordres d’évacuation dans la capitale libanaise et dans le sud du pays, où de brèves incursions terrestres font craindre une invasion à grande échelle. Selon le gouvernement libanais, le bilan des frappes s’élève à 850 morts. Plus d’un million de personnes, soit environ 20 % de la population, ont été contraintes de fuir les banlieues sud de Beyrouth et les régions méridionales, où de récentes frappes ont encore coûté la vie à sept personnes.

Le cœur de cette conflagration se situe en Iran, cible d’une vaste offensive menée par les États-Unis et Israël depuis plus de deux semaines. De fortes explosions ont de nouveau retenti lundi à Téhéran. Sous couvert d’anonymat par crainte de représailles gouvernementales, un habitant de la capitale a décrit une scène aux allures de fin du monde, témoignant d’une frappe ayant pulvérisé un poste de police et gravement endommagé des commerces environnants. L’obtention d’informations fiables demeure complexe en raison des coupures d’internet, des frappes continues et des strictes restrictions imposées aux journalistes. Selon le Croissant-Rouge iranien, les victimes dans le pays dépassent les 1 300 morts. Le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, a précisé lundi que l’État hébreu a mené environ 7 600 frappes à ce jour, détruisant 85 % des défenses antiaériennes iraniennes et 70 % de ses lance-missiles. En représailles, la République islamique vise régulièrement le territoire israélien, où douze personnes ont péri sous les tirs de missiles, ainsi que les bases américaines de la région, causant la mort d’au moins treize militaires des États-Unis.

L’extension du conflit affecte directement les pays du Golfe et leurs infrastructures énergétiques. Aux Émirats arabes unis, les autorités ont rapporté la mort d’une personne à Abou Dhabi, tuée dans son véhicule par un missile iranien. Parallèlement, des attaques de drones ont provoqué des incendies dans deux installations pétrolières émiraties, à Abou Dhabi et Fujaïrah. À Dubaï, un drone a frappé un réservoir de carburant situé près de l’aéroport international, le plus fréquenté au monde pour le trafic passager. Bien qu’aucune victime n’y ait été recensée, l’incendie a contraint les autorités à suspendre tous les vols durant plusieurs heures.

Ces violences paralysent le détroit d’Ormuz, voie de transit vitale pour un cinquième du pétrole mondial. Face aux attaques et aux menaces iraniennes contre les navires commerciaux, le cours du baril de Brent a bondi de 40 % depuis le début de la guerre, dépassant lundi la barre des 100 dollars. Cette situation ravive les craintes d’une crise énergétique mondiale, compliquant la tâche des banques centrales, menaçant de provoquer des pénuries alimentaires dans les pays en développement et de déstabiliser des États déjà fragiles.

Sur le plan diplomatique, le président américain Donald Trump a exhorté plusieurs nations à déployer des navires de guerre pour sécuriser le détroit. S’exprimant depuis la Maison-Blanche, il a affirmé que de nombreux pays étaient en route, tout en déplorant un manque d’enthousiasme qui révèle, selon lui, une asymétrie dans les accords de défense mutuelle avec Washington. Si les appels américains se sont tournés vers la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni, aucun engagement ferme n’a encore été pris. Tokyo et Canberra ont d’ailleurs indiqué lundi ne pas avoir été sollicités officiellement et n’avoir aucun plan d’intervention actuel.

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En Europe, les diplomaties se montrent critiques envers le manque de clarté des objectifs américains et israéliens. Avant une réunion à Bruxelles, Kaja Kallas, chef de la diplomatie de l’Union européenne, a évoqué des discussions sur l’extension possible de la mission navale européenne de la mer Rouge jusqu’au détroit d’Ormuz. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, s’est toutefois opposé à un tel élargissement, préférant consolider la lutte contre la piraterie en mer Rouge. De son côté, le Premier ministre britannique Keir Starmer a assuré travailler à un plan pour rouvrir le détroit, évoquant le déploiement de drones antimines britanniques déjà sur place, tout en insistant sur la volonté ferme de Londres de ne pas être entraîné dans une guerre plus vaste.

Pour tenter de rassurer les marchés, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a rappelé que les 32 pays membres disposent d’une réserve de 1,4 milliard de barils, s’ajoutant aux 400 millions débloqués la semaine précédente pour pallier les contraintes d’approvisionnement. Parallèlement, l’amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, a souligné dans une vidéo publiée sur le réseau social X que ses unités se concentrent sur la neutralisation des menaces iraniennes pesant sur les cargos d’hydrocarbures.

Les perspectives d’apaisement demeurent toutefois lointaines. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que le détroit d’Ormuz restait ouvert du point de vue de Téhéran, mais en excluant formellement les États-Unis, Israël et leurs alliés. Rejetant fermement toute idée de résolution diplomatique, le ministre a qualifié de délirantes les rumeurs suggérant que l’Iran cherchait une issue négociée, confirmant que son pays ne souhaite à ce stade ni trêve, ni pourparlers.

Conversation des fidèles

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