En Égypte, le monastère orthodoxe Sainte-Catherine, situé au pied du mont Sinaï, pourrait enfin sortir de la grave crise juridique qui menaçait son avenir depuis mai 2025. Samedi 24 octobre, Mgr Syméon, archevêque du Sinaï et supérieur du monastère, a officiellement annoncé son intention de signer un accord avec le gouvernement égyptien. Le texte doit permettre de préserver la présence des moines, leur autonomie religieuse et le fonctionnement de ce sanctuaire fondé au VIe siècle, sous l'empereur Justinien. Une annonce saluée par le gouvernement grec, qui parle déjà d'un tournant historique !
Rappelons les faits ! Le 28 mai 2025, une décision de la cour d'appel d'Ismaïlia avait provoqué une vive inquiétude parmi les chrétiens orthodoxes. La justice égyptienne avait reconnu la propriété de l'État sur plusieurs terrains liés au monastère, tout en maintenant certains droits d'usage pour les religieux. Cette décision concernait un conflit foncier ancien, portant notamment sur des terres agricoles, des chapelles et des espaces utilisés depuis des siècles par la communauté. Le Patriarcat œcuménique de Constantinople avait immédiatement dénoncé une remise en cause du statut historique du monastère, tandis que le gouvernement grec engageait des discussions avec Le Caire pour obtenir des garanties.
Après de longs mois de négociations, un compromis semble désormais possible ! Selon les informations publiées par le quotidien grec Kathimerini, le projet prévoit que le monastère puisse continuer à administrer librement ses affaires religieuses, notamment l'admission des moines et l'élection de son archevêque. Les églises, chapelles et lieux de pèlerinage conserveraient leur usage orthodoxe, et les religieux pourraient continuer à les utiliser durablement. Le gouvernement égyptien devrait également garantir la poursuite de la vie monastique et faciliter le séjour des moines étrangers grâce à des autorisations de longue durée. En revanche, certaines propriétés agricoles resteraient soumises à la législation égyptienne et pourraient devoir être exploitées dans le cadre de contrats de location.
Mais cet accord n'a pas été accepté sans discussions ! Mgr Syméon explique avoir consulté plusieurs autorités orthodoxes avant de prendre sa décision. Le Patriarcat œcuménique de Constantinople, les Patriarcats de Jérusalem et d'Alexandrie ainsi que les Églises orthodoxes de Grèce et de Chypre ont finalement apporté leur soutien au projet. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis s'est entretenu avec l'archevêque pour le féliciter. De son côté, le ministre grec des Affaires étrangères, George Gerapetritis, a salué une journée historique pour l'hellénisme et l'orthodoxie, remerciant notamment le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour son intervention personnelle dans les négociations.
Cependant, il reste une opposition importante à ce compromis ! L'ancien archevêque du Sinaï, Damianos, qui a quitté la direction du monastère en 2025 après de graves tensions internes, a vivement critiqué le projet. Selon le média égyptien Al Manassa, il considère cet accord comme inacceptable et accuse le gouvernement grec d'avoir exercé des pressions pour obtenir son acceptation. Cette contestation rappelle que la crise ne concerne pas uniquement les relations entre l'Égypte et les moines, mais également des désaccords internes à la communauté religieuse. Pour le moment, les responsables favorables à l'accord estiment néanmoins qu'il représente le moyen le plus sûr de préserver l'avenir du monastère.
Il faut dire que Sainte-Catherine n'est pas un monastère ordinaire ! Construit au VIe siècle sur ordre de l'empereur Justinien, il se trouve dans la région traditionnellement associée à l'épisode biblique du Buisson ardent et à la rencontre de Moïse avec Dieu. Sa communauté conserve une bibliothèque exceptionnelle de manuscrits anciens, ainsi que des icônes parmi les plus précieuses du christianisme oriental. Le monastère est également inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Depuis près de quinze siècles, les religieux y poursuivent une vie de prière, faisant de ce lieu l'un des témoins les plus remarquables de l'histoire chrétienne au Moyen-Orient.
Reste désormais une étape décisive : la signature officielle ! Mgr Syméon a précisé qu'une date serait fixée avec les autorités égyptiennes lorsque son état de santé le permettra. Au 26 octobre, le document n'a donc pas encore été signé et certaines questions relatives aux terres devront encore être précisées. Mais si l'accord est appliqué conformément aux engagements annoncés, les moines devraient pouvoir continuer à vivre et prier au Sinaï, sans voir leur communauté disparaître à cause du conflit judiciaire. Une avancée importante pour ce patrimoine chrétien exceptionnel, même si la question de la propriété des terres ne semble pas entièrement résolue.
Sources : Philenews





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