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En Allemagne, l’État de Sarre choisit d’inscrire Dieu dans sa Constitution

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Alors que l’effacement du fait religieux dans la sphère publique semble souvent inéluctable au sein des sociétés contemporaines, un État allemand vient de poser un acte institutionnel fort. Le parlement du Land de Sarre a en effet décidé d’intégrer une mention explicite à Dieu lors de la rédaction du nouveau préambule de sa Constitution, une démarche à la fois rare et inédite pour une disposition législative de création récente.

Cette révision constitutionnelle a fait l’objet d’un très large consensus au sein de l’hémicycle régional. Fait notable, la proposition émanait conjointement des chrétiens-démocrates (CDU) et des sociaux-démocrates (SPD). L’amendement a été adopté par une majorité écrasante de quarante-six voix favorables, contre seulement trois oppositions. Désormais, le texte fondamental précise que la Sarre s’est dotée de cette législation par le biais de son parlement librement élu, en se déclarant « consciente de sa responsabilité devant Dieu et les hommes, sur la base de l’héritage religieux et humaniste ».

L’introduction de cette formule solennelle vient combler une lacune historique singulière. La Constitution sarroise demeurait jusqu’à présent la seule d’Allemagne à être dépourvue de préambule, texte introductif servant habituellement à définir les grands principes d’une loi fondamentale. Rédigée en 1947 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle revêtait à l’origine un caractère essentiellement pratique et provisoire sous l’administration française. La France n’ayant pas réussi à assimiler cette population germanophone, le territoire avait finalement rejoint la République fédérale d’Allemagne dix ans plus tard, en 1957, tout en conservant l’ossature de son texte initial.

Près de quatre-vingts ans plus tard, les élus locaux ont tenu à expliciter les fondements moraux de leurs institutions. Pour le président du groupe parlementaire de la CDU, Stephan Toscani, cette formulation présente le grand avantage d’associer la référence divine à la tradition humaniste, ce qui permet d’inclure et de rassembler l’ensemble des citoyens, qu’ils soient croyants ou non. Cette vision est également partagée sur les bancs de la gauche par Ulrich Commerçon. Le chef de file du SPD a justifié son soutien en s’appuyant sur ses propres convictions protestantes, soulignant que la figure de Dieu est intimement liée à la défense des droits de la personne humaine et que le Créateur se tient du côté de ceux qui les protègent.

Si l’invocation divine figure déjà à l’ouverture de la Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne de 1949, ainsi que dans les textes constitutionnels de la Bavière, de la Basse-Saxe ou du Bade-Wurtemberg, la singularité du vote sarrois réside dans sa grande actualité. Loin d’être le simple vestige d’une époque révolue que les législateurs auraient négligé de supprimer, cette nouvelle inscription démontre qu’aujourd’hui encore, face à la sécularisation croissante des administrations publiques, la reconnaissance de Dieu peut conserver une place fondatrice et assumée au cœur de l’édifice juridique d’un État.

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