Les évêques du Mexique ont récemment tenu à clarifier une question importante concernant les adaptations liturgiques pour les communautés autochtones, en affirmant qu’il n’existe pas de rite « maya » approuvé pour la célébration de la Messe. Dans une déclaration émise le 24 novembre, la Conférence des évêques mexicains (CEM) a détaillé les modifications apportées à l’Ordinaire de la Messe, spécifiquement pour certaines communautés dans l’État du Chiapas, au sud du Mexique.
Le 8 novembre, le Vatican a accordé une « recognitio » validant des adaptations pour les groupes ethniques Tseltal, Tsotsil, Ch’ol, Tojolabal et Zoque dans le diocèse de San Cristóbal de las Casas. Toutefois, les évêques ont insisté sur le fait qu’aucun rite « maya », ni « autel maya », ni « prières aux points cardinaux », ni transfert de la présidence liturgique aux laïcs n’ont été autorisés. Ils ont également précisé que les danses rituelles pendant la célébration n’ont pas été approuvées ; seuls des mouvements corporels rythmés, considérés comme une expression culturelle légitime, sont permis.
La CEM a souligné que ces adaptations « ne constituent pas un nouveau rite ni une modification substantielle de la structure de la Messe du Missel romain ». Elles sont applicables uniquement aux peuples autochtones mentionnés et non à d’autres communautés de fidèles. Parmi les autorisations accordées figure le ministère du « principal », une personne reconnue dans sa communauté qui agit comme un modérateur lors de moments de prière. Ce dernier invite l’assemblée à prier à certains moments de la célébration, mais toujours à l’invitation du prêtre, sans jamais assumer la présidence liturgique.
Une autre modification approuvée est celle de la « prière de l’assemblée », qui est modérée par le principal à trois moments spécifiques : au début de la Messe, après le salut, pendant la prière des fidèles, et en action de grâce après la Communion. Dans cette dernière, la prière peut être accompagnée de mouvements corporels et de musique, sans être considérée comme une danse rituelle.
Le « ministère de l’encens » a également été autorisé, permettant à des laïcs désignés par l’évêque diocésain d’incorporer « l’usage traditionnel de l’encens propre aux communautés ». Ces adaptations, selon la CEM, sont le résultat d’un « processus de discernement diocésain minutieux », étudié et approuvé par la Conférence épiscopale mexicaine, garantissant le respect de la nature de la liturgie tout en intégrant des expressions culturelles légitimes.
L’implémentation de ces adaptations se fera de manière optionnelle et « sera réalisée progressivement », avec un « suivi pastoral de son application ». À cette fin, une formation adéquate sera fournie aux prêtres et aux travailleurs pastoraux. Les évêques ont ainsi réitéré leur « engagement envers l’inculturation authentique de la liturgie, toujours en communion avec l’Église universelle et sous la conduite du magistère ».
Cardinal Felipe Arizmendi Esquivel, qui a conduit les efforts des évêques mexicains pour promouvoir ces adaptations, a déclaré dans un message partagé avec ACI Prensa que cette initiative est « très significative », car il s’agit de la deuxième fois dans l’histoire, après le Concile Vatican II, que des adaptations liturgiques sont approuvées, la première ayant concerné le diocèse de Zaire en Afrique.
Cette clarification des évêques mexicains souligne l’importance d’un équilibre entre la richesse des traditions locales et le respect des structures liturgiques universelles de l’Église.






