À Salvador de Bahia, l’archidiocèse s’apprête à vivre la Semaine Sainte en mettant en lumière une pratique de piété profonde : l’Horloge de la Passion. Cette dévotion, qui propose de méditer heure par heure les dernières vingt-quatre heures de la vie terrestre de Jésus, de la Cène jusqu’à son ensevelissement, est au cœur de la troisième édition du projet « Semana Maior ». Ce programme pastoral, porté par le réseau de communication catholique Excelsior, vise à accompagner les fidèles dans le mystère de la Rédemption.
L’origine de cette pratique remonte à la fin du XIXe siècle. Elle est issue des écrits de la servante de Dieu Luísa Piccarreta, une mystique italienne qui, à l’âge de 17 ans en 1882, aurait reçu lors d’une vision de l’Enfant Jésus la demande de composer ces vingt-quatre méditations. Le père Jailson Jesus, recteur du sanctuaire Saint-Antoine-au-delà-du-Carmo et docteur en histoire de l’Église, précise qu’il s’agit d’une « pratique dévotionnelle née d’une révélation privée ». L’objectif est double : offrir une réparation spirituelle pour les outrages subis par le Christ et s’unir intérieurement à ses souffrances.
Bien que cette dévotion ne relève pas de l’enseignement officiel et obligatoire de l’Église, son fondement scripturaire demeure solide. Le père Jailson souligne que les révélations privées ne doivent jamais être dissociées de la Révélation publique de Notre-Seigneur. À cet égard, il rappelle l’enseignement de saint Paul dans l’Épître aux Colossiens sur l’importance d’unir nos propres souffrances à celles du Christ. Selon le prêtre, cette démarche permet de transformer la douleur, souvent vécue comme une tragédie ou une défaite, en une réalité rédemptrice. « Si nous mourons avec Lui, avec Lui nous ressusciterons », explique-t-il, insistant sur la dimension d’espérance que porte cette union aux plaies de Jésus.
Le projet « Semana Maior » intègre cette année des contenus numériques et radiophoniques dédiés à l’Horloge de la Passion. La structure de cette prière permet aux fidèles d’accompagner le Christ dans chaque moment spécifique de son agonie et de sa mort, en prenant conscience des offenses particulières subies à chaque étape. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de réparation et de proximité spirituelle avec le Sauveur.
Toutefois, le père Jailson Jesus apporte une mise en garde pastorale importante concernant la pratique de ces méditations mystiques. Il déconseille vivement de s’engager seul dans l’Horloge de la Passion sans un accompagnement adéquat. Le prêtre préconise d’étudier l’œuvre au préalable et de solliciter la direction spirituelle d’un ministre de l’Église. Comme pour toute dévotion née de la piété populaire ou de révélations particulières, il rappelle qu’une surveillance ecclésiale est nécessaire pour garantir la conformité aux normes de la foi et la saine croissance spirituelle des croyants.





La dévotion de l'horloge de la Passion est beaucoup plus ancienne que Luisa Piccareta... Elle a été instaurée par Saint Alphonse de Liguori qui a vécu au XVIIe siècle dans ses Considérations sur la Passion (voir : https://www.liberius.net/livres/Horloge_de_la_Passion_000000559.pdf) puis reprise et diffusée en suivant très largement par la Confrérie de l'Heure Sainte...