Face à une escalade de la violence qui frappe de plein fouet plusieurs régions du pays, l’Église catholique de Colombie sort de son silence pour exprimer sa profonde consternation. Dans un communiqué officiel publié depuis Bogota ce 27 avril 2026, la Conférence épiscopale de Colombie (CEC) a lancé un appel pressant à la paix, dénonçant une dégradation alarmante de la situation sécuritaire et humanitaire. Les départements du Huila, Meta, Cauca, Valle del Cauca et Nariño sont particulièrement touchés par ce regain de tensions armées.
Les évêques colombiens décrivent une réalité douloureuse marquée par de nombreuses pertes de vies humaines et une multiplication de blessés. Parmi les victimes, les prélats pointent avec une inquiétude particulière le sort de la population civile, des leaders sociaux, mais aussi des communautés les plus vulnérables. Pour l’épiscopat, ces actes ne sont pas seulement des atteintes à l’ordre public, ils constituent une violation directe du droit fondamental à la vie et une blessure infligée à la dignité humaine.
La position de l’Église, portée par la voix de ses pasteurs, se veut sans ambiguïté : « Rien ne justifie la violence ». Dans une déclaration signée par la présidence de la Conférence, les évêques rappellent que toute action armée ciblant des civils représente une « grave offense à Dieu ». Ils soulignent que de telles exactions provoquent une rupture profonde de l’ordre moral et social, insistant sur le fait que la vie humaine, en raison de son caractère sacré, doit bénéficier d’une protection absolue, quelles que soient les circonstances.
Cette crise ne se limite pas à des chiffres ; elle affecte de manière disproportionnée les populations rurales, notamment les communautés indigènes, les paysans et les populations afro-descendantes. Exprimant leur solidarité envers les familles endeuillées, les évêques réaffirment que l’Église reste aux côtés de ceux qui souffrent, s’engageant à maintenir une présence d’espérance sur le terrain. Ils exhortent les groupes armés, « au nom de Dieu », à faire preuve de raison et à cesser immédiatement toute hostilité. Les signataires rappellent l’obligation stricte de respecter les principes du droit international humanitaire et de traiter chaque personne avec humanité.
Au-delà de l’appel aux belligérants, l’épiscopat interpelle directement les autorités de l’État colombien. Pour les évêques, il est impératif que les institutions redoublent d’efforts pour assurer une protection effective des citoyens, garantissant non seulement la sécurité physique mais aussi l’accès aux biens essentiels dans les territoires les plus reculés. Cette réponse se doit d’être coordonnée et durable pour faire face à une urgence humanitaire qui ne peut souffrir d’attentisme.
En conclusion, la Conférence épiscopale invite l’ensemble de la société civile à rejeter l’indifférence et à « organiser la solidarité ». Fidèle à l’enseignement de l’Église et à la vigilance pastorale du pape Léon XVI, l’Église colombienne appelle les communautés ecclésiales à intensifier la prière pour la réconciliation nationale. Pour les pasteurs, persister dans la voie des armes ne fait qu’approfondir les souffrances du peuple et détruire, jour après jour, le tissu social du pays.





Conversation des fidèles
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