Le pape Léon XIV a consacré son après-midi du dimanche 1er mars 2026 aux fidèles de la paroisse de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, située dans le quartier de Quarticciolo, à la périphérie est de Rome. Au cœur de ce secteur marqué par diverses fragilités sociales, le pontife a invité les catholiques à faire leur la logique de l’amour inconditionnel, lors d’une visite pastorale mêlant rencontres de terrain et célébration eucharistique.
Arrivé peu avant 16 heures locales, le Saint-Père a été accueilli dans la cour de l’oratoire par le cardinal Baldassare Reina, vicaire général du diocèse de Rome, ainsi que par le curé de la paroisse, le père Daniele Canali. Ce dernier a rappelé aux fidèles que cette venue s’inscrit dans une riche histoire locale, marquant la troisième visite d’un successeur de Pierre dans les murs de l’église, après celles de saint Jean XXIII le 3 mars 1963 et de saint Jean-Paul II le 3 février 1980. Confiée à la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, dits déhoniens en référence à leur fondateur le bienheureux Léon Dehon, cette paroisse érigée en 1948 s’élève au centre d’un ensemble de logements sociaux bâtis entre 1939 et 1940, un lieu devenu par la suite un important foyer de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
Conscient des défis actuels de ce territoire urbain, Léon XIV a pris le temps d’aller à la rencontre des habitants. Il a notamment échangé avec des personnes malades, des personnes âgées, ainsi qu’avec des mères de famille affrontant le fléau persistant de la toxicomanie, une crise qui continue de meurtrir le quartier. Élargissant son regard aux drames internationaux contemporains, le pape a également exprimé sa profonde préoccupation face au conflit au Proche-Orient, évoquant avec douleur le sort des enfants tués dans la guerre à Gaza.
Le réconfort pastoral est aussi venu de la jeunesse. Le pape a salué un à un les fidèles avant de s’asseoir avec les membres du projet local « Magis ». Sous une inscription murale proclamant que celui qui aime va de l’avant, l’évêque de Rome a multiplié les accolades et échangé des présents avec ces jeunes qui définissent la nature de leur groupe comme une véritable fraternité. Faisant écho au nom de leur initiative, qui renvoie à l’appel de saint Ignace de Loyola à chercher toujours davantage, le pontife les a mis au défi de refuser la médiocrité pour choisir une vie courageuse et authentique, solidement enracinée dans le Christ.
Face aux difficultés multiples et complexes du quartier, le pape a confié à la communauté paroissiale la mission de cultiver un regard de foi capable de tout transfigurer par l’espérance. Reprenant la devise de la paroisse invitant à faire communauté, il a exhorté les croyants à accueillir la population les bras ouverts, sans aucune exclusion. Pour soigner les blessures de cet environnement urbain, il les a encouragés à mettre constamment en circulation le partage, la passion et la créativité.
Cette nécessité de transformation spirituelle a constitué le fil rouge de l’homélie prononcée durant la messe, centrée sur le récit de la Transfiguration et la figure d’Abraham. Léon XIV a présenté le patriarche comme le modèle absolu pour les croyants apprenant à s’en remettre à Dieu sur un chemin de vie incertain, une route qui requiert parfois le courage de tout quitter. Il a fermement mis en garde contre la tentation de fuir l’incertitude, invitant au contraire à l’appréhender comme le terreau où peut se dévoiler la promesse divine.
Regrettant la mentalité mondaine qui pousse quotidiennement à tout mesurer et à s’épuiser pour garder le contrôle sur chaque détail, le pape a souligné que cette attitude fait perdre l’occasion de découvrir la perle précieuse que Dieu cache souvent par surprise dans le champ de nos existences. Évoquant l’impulsion de saint Pierre de vouloir arrêter le temps et maîtriser l’événement lors de la Transfiguration, il a comparé cette réaction au fait de s’accrocher vainement à un rêve. La véritable finalité de cet épisode, a-t-il précisé, pointe vers un monde nouveau baigné de lumière, où se révèle le visage à la fois humain et divin du Christ.
Tirant les leçons du parcours des disciples vers Jérusalem, le pontife a rappelé que la bénédiction véritable implique de dépasser son besoin instinctif de protection pour accepter ce que Jésus manifeste à travers l’Eucharistie : la pleine disposition à offrir sa propre vie pour autrui. Dans cette optique, l’adoration dominicale n’est pas une simple interruption de la mission, mais une halte vitale pour se recentrer. Le Seigneur y rassemble son peuple pour le fortifier afin qu’il ne s’arrête pas et ne dévie pas de sa trajectoire.
Pour incarner cette lumière au cœur de la ville, l’urgence est à l’écoute de Jésus, qui chemine encore aujourd’hui avec ses disciples. Léon XIV a appelé les catholiques à délaisser toute posture défensive, une attitude risquant de se transformer en offense, afin de devenir véritablement sel et lumière, à commencer par leur propre voisinage. Aux fidèles gagnés par le découragement, s’interrogeant parfois sur le sens de leurs efforts face aux dysfonctionnements du monde, le pontife a opposé une exigence d’espérance radicale. C’est précisément devant le mystère du mal, a-t-il conclu, qu’il devient impératif de témoigner de son identité chrétienne, en rendant le Royaume de Dieu visible dans l’espace et le temps donnés aux croyants.





















