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Les marques du vrai Messie – Homélie pour le 22ᵉ dimanche de l’année

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Dans l’Évangile de ce dimanche, le Seigneur nous présente fermement la nécessité de la croix, non pas comme une fin en soi, mais comme le chemin de la gloire. Considérons l’Évangile en trois étapes.

I. Le modèle annoncé – Le texte dit que Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il devait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué et ressusciter le troisième jour.

Le Seigneur annonce non seulement la Croix, mais aussi la Résurrection. En fait, il annonce le modèle de la vie chrétienne, que nous avons fini par appeler le « mystère pascal« .

L’expression « mystère pascal » fait référence à la souffrance, à la mort, à la résurrection et à la glorification de Jésus dans son ensemble. Le mot « pascal » est lié au mot hébreu pour la Pâque, « Pesach« . De même que le sang versé d’un agneau a sauvé le peuple de l’ange de la mort et signalé sa délivrance, de même la mort de Jésus, son sang, nous sauve de la mort et nous délivre de l’esclavage du péché.

Il annonce donc un modèle : la Croix mène quelque part, elle accomplit quelque chose. Elle n’est pas une fin en soi ; elle a un but ; elle fait partie d’un modèle.

Saint Paul articule le modèle du mystère pascal de la manière suivante : Nous portons toujours dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi révélée dans notre corps (2 Co 4,10). C’est comme une spirale ascendante dans laquelle la croix apporte des bénédictions dont nous profitons. Nous revenons souvent aux croix que Dieu a permises, mais ensuite viennent des bénédictions encore plus grandes et des capacités plus élevées. Croix, croissance, croix, croissance : le schéma se poursuit jusqu’à ce que nous atteignions la fin, mourant avec le Christ pour vivre avec lui.

Tel est le modèle de notre vie. Nous mourons à notre ancien moi, à ce monde, à nos péchés, mais nous nous élevons à une vie nouvelle, nous nous élevons au Royaume de Dieu et nous devenons victorieux du péché. La croix apporte la vie ; elle est le prélude à la croissance. Nous mourons pour vivre plus richement. Un vieux spirituel dit de ce schéma répété que « chaque tour va plus haut, plus haut« .

Voyez-vous le modèle que Jésus annonce ? Ni le Seigneur ni l’Église n’annoncent la croix pour nous accabler. Non, la croix fait partie d’un modèle qui, s’il est accepté avec foi, apporte la bénédiction, une vie nouvelle et une plus grande force.

II. La prévention tentée – Le texte dit : « Alors Pierre prit Jésus à part et se mit à le réprimander : « A Dieu ne plaise, Seigneur, qu’une telle chose ne t’arrive jamais ! Il ne t’arrivera jamais rien de tel. » Il se retourna et dit à Pierre : « Laisse-moi, Satan ! Tu es un obstacle pour moi. Tu ne penses pas comme Dieu, mais comme les hommes ».

Remarquez la formulation exacte de Pierre : « Il ne t’arrivera jamais rien de tel« . Nous devrions demander : « Quelle chose ? » Pierre, en excluant que Jésus souffre et meure, bloque aussi implicitement la résurrection et la glorification de Jésus, car le Christ ne peut pas ressusciter s’il ne meurt pas.

Pierre, bien sûr, ne pense pas à tout cela – mais nous non plus lorsque nous cherchons à éviter les croix pour nous-mêmes ou à empêcher les autres d’accepter leurs croix de manière inappropriée. La croix apporte la gloire et la croissance ; nous courons le risque de nous en priver et d’en priver les autres si nous nous empressons d’éliminer toutes les exigences et les difficultés de la vie. Nous pouvons le faire en adoptant des comportements habilitants ou en gâtant nos enfants.

Nous entravons également notre propre croissance en refusant d’accepter les croix de l’autodiscipline, du travail acharné, de l’obéissance, de la souffrance, des conséquences, des limites et de la résistance à la tentation. En rejetant la croix, nous rejetons aussi ses fruits.

Tout cela explique la réaction sévère de Jésus aux paroles de Pierre. Il va même jusqu’à appeler Pierre « Satan« , car c’est le propre de Satan de faire semblant de se lier d’amitié avec nous en protestant contre nos croix, alors qu’en réalité, il ne cherche qu’à contrecarrer nos bénédictions. Pierre ne sait peut-être pas ce qu’il fait, mais Satan le sait, il cherche à devenir un obstacle à l’œuvre de Jésus.

La réaction sévère de Jésus est enracinée dans la protection de nos bénédictions.

III. La prescription qui récompense – Jésus poursuit son enseignement sur la sagesse et la nécessité de la croix. Le texte dit : « Alors Jésus dit à ses disciples : « Celui qui veut venir après moi doit renoncer à lui-même, se charger de sa croix et me suivre. En effet, celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. Quel profit y aurait-il à gagner le monde entier et à perdre sa vie ? Ou que peut-on donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme viendra avec ses anges dans la gloire de son Père, et alors il rendra à chacun selon sa conduite ».

Le cœur de l’enseignement de Jésus ici est le profond paradoxe suivant : pour trouver notre vie, nous devons la perdre. Plus précisément, pour gagner le ciel, nous devons mourir à ce monde. Cette mort est un processus plus qu’un simple événement à la fin de notre vie physique ici. Bien que nous nous accrochions à la vie dans ce monde, ce n’est pas du tout la vie. C’est une simple étincelle comparée au feu de l’amour que Dieu offre ; c’est une simple note comparée à la grande symphonie que Dieu dirige.

Jésus nous demande d’être prêts à échanger cette vie minuscule et mourante contre la vraie vie. Le Seigneur dit que les petites bénédictions qui découlent de l’attachement à cette vie et à ce monde ne sont en fait d’aucune utilité.

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Bien sûr, ce que les babioles bon marché du monde offrent, c’est une gratification immédiate et une évasion de la croix. Nous pouvons ressentir un soulagement pendant un moment, mais notre croissance est freinée et ces petites babioles bon marché nous glissent entre les doigts. Nous gagnons le monde (le petit bibelot bon marché qu’il est), mais nous perdons notre âme. C’est une perte totale, ou pour utiliser une expression moderne, c’est un FAIL !

Les dernières paroles de Jésus nous rappellent toutefois que le choix nous appartient. Le jour viendra où il répondra à notre choix. Soit nous acceptons la vraie vie et nous gagnons, soit nous choisissons la vie éphémère et mourante de ce monde et nous perdons.

Ce chant parle de la vie comme d’une sorte de montée en spirale entre la croix et la gloire. Comme le dit le texte spirituel, « Chaque tour va plus haut, plus haut, soldats de la Croix« .

Cette homélie a été publiée originellement par Mgr Charles Pope – ADW (Lien de l’article).

Publié par Napo

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