Au Mexique, un prêtre catholique affirme avoir subi une discrimination religieuse alors qu'il souhaitait simplement renouveler son passeport. Le mercredi 4 novembre, le père José Alberto Medel Ortega, curé de Santa María Tepepan dans le diocèse de Xochimilco, s'est présenté au bureau des passeports de Coyoacán, à Mexico. Mais au moment de prendre sa photographie d'identité, un employé lui aurait demandé de retirer son habit ecclésiastique noir, sous prétexte que les vêtements religieux n'étaient pas autorisés.
Le prêtre a refusé, rappelant que sa tenue ne dissimulait absolument pas son visage et qu'il avait le droit de porter les vêtements correspondant à son état de vie. L'employé a alors consulté une supérieure, qui a finalement accepté que la photographie soit prise. Les données biométriques ont été enregistrées et le père Medel a été invité à patienter, comme n'importe quel citoyen attendant son document.
Mais l'affaire ne s'est pas arrêtée là. Selon le témoignage du prêtre, une autre fonctionnaire l'a ensuite convoqué dans un bureau pour lui annoncer que son passeport ne serait pas délivré avec cette photographie. Elle aurait exigé qu'il retire sa tenue religieuse, en s'appuyant sur une règle interne du ministère des Affaires étrangères. Le père Medel affirme qu'un policier se trouvait derrière elle et que son attitude était intimidante. Il a dénoncé publiquement ce traitement, estimant qu'un prêtre ne devait pas être considéré comme un citoyen disposant de moins de droits que les autres.
Le religieux a notamment rappelé une décision de la Cour suprême mexicaine du 11 décembre 2025, autorisant, sous certaines conditions, le port du hijab sur les photographies de passeport lorsque le visage reste identifiable. Il ne comprenait donc pas pourquoi une exception reconnue au nom de la liberté religieuse ne pourrait pas bénéficier à un prêtre portant sa tenue ecclésiastique. Il a également raconté être récemment entré à la Chambre des députés, vêtu de sa soutane, pour participer à un débat sur l'euthanasie, sans que personne ne lui demande de se changer.
Mais l'histoire connaît un rebondissement important. Le 5 novembre, Roberto Velasco, ministre mexicain des Affaires étrangères, est intervenu publiquement après avoir pris connaissance de cette affaire. Il a donné instruction aux services concernés de reprendre la photographie du père Medel avec son habit ecclésiastique et de lui délivrer son passeport. Le ministre a également annoncé un examen du comportement des employés et de la réglementation interne appliquée lors de cet incident.
Dans un entretien accordé au quotidien Excélsior, le père Medel explique qu'il ne demande aucun privilège, mais simplement le respect de ses droits de citoyen. Il précise porter sa tenue noire quotidiennement depuis vingt ans et souligne que les religieuses rencontrent parfois des difficultés comparables lorsqu'on leur demande de retirer leur voile. Cette affaire rappelle que la liberté religieuse ne concerne pas seulement la possibilité de prier, mais également celle de vivre publiquement sa foi, dans le respect de la loi. Le ministre a ordonné que le passeport soit délivré avec la tenue religieuse ; sa remise effective n'a pas encore été confirmée.
Source : Excélsior (https://www.excelsior.com.mx/nacional/trato-malo-no-es-arriba-es-abajo-sacerdote-denuncia-sre)







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