Alors que l’École d’Initiation théologique et pastorale (EITP) Saint-Charles de Foucauld de Cotonou célébrait son septième anniversaire le 2 février 2025, Mgr Roger Houngbédji, archevêque du lieu, a lancé un appel à ses étudiants :
« La vraie théologie ne se réduit pas à des livres. Elle se vit à genoux, dans la soumission à Dieu et en communion avec l’Église ».
Cet anniversaire, coïncidant avec la fête de la Présentation de Jésus au Temple, a été marqué par l’envoi en mission de la sixième promotion de cette école, pour répondre à l’exhortation du pape Benoît XVI à promouvoir « une pastorale de l’intelligence » en Afrique (Africae munus, n°137).
Une réponse à l’appel du Magistère
Dès son origine, l’EITP s’est fixé un objectif clair : former des chrétiens capables de réfléchir aux défis de la foi sans jamais la dissocier de la vie concrète. « Ici, la théologie n’est pas une incubation théorique. Elle s’enracine dans l’expérience spirituelle », explique le père Rodrigue Gbédjinou, directeur de l’école. En sept ans, près de 1 000 laïcs, religieux et religieuses ont suivi ce parcours, mêlant études doctrinales et engagement pastoral.
Mgr Houngbédji, également président de la Conférence épiscopale du Bénin, se réjouit de cette dynamique :
« Ces disciples, formés aux mystères de la foi, participent activement à l’évangélisation, tant dans notre diocèse qu’au niveau universel ».
Contre l’orgueil de l’intellect : la grâce avant tout
Lors de la messe d’envoi, l’archevêque a mis en garde les 31 nouveaux « disciples d’Emmaüs » – titre décerné aux diplômés – contre une tentation subtile :
« Croire que la raison surpasse la grâce, ou que l’érudition dispense de la docilité à l’Esprit Saint, serait une grave erreur ».
Appuyant son propos sur les lectures du jour, il a invité à trois conversions : « La purification du cœur, l’abandon à l’Esprit et une prière fervente ».
« Ce que j’attends de vous, insista-t-il, ce n’est pas d’abord un savoir, mais une rencontre vivante avec le Christ ». Une mise en garde salutaire dans un monde où même la théologie peut devenir un instrument d’orgueil.
Des témoignages qui parlent
Les récipiendaires, unanimes, ont souligné la profondeur de cette formation. « C’est une expérience qui transforme plus qu’elle n’instruit », confie Christiane Tokpassi, émue. Hervé Affognon, jeune membre du Renouveau charismatique, témoigne quant à lui de sa découverte : « La Christologie m’a bouleversé. Je veux partager ces trésors dans mon service diocésain ».
En fondant cette école, Mgr Houngbédji a planté une graine. Sept ans plus tard, les fruits sont tangibles : une génération de catholiques armés non pas de dialectique, mais de cette « théologie à genoux » qui unit l’intelligence à l’humilité de la prière.






