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Mgr Manuel de Jesus Rodriguez : « Cuba traverse une crise humanitaire profonde »

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De retour d’un voyage pastoral sur l’île de Cuba, Mgr Manuel de Jesus Rodriguez, évêque de Palm Beach, a livré un témoignage poignant sur la situation dramatique que traverse le peuple cubain. Dans une tribune publiée récemment, le prélat, qui n’était pas retourné dans le pays depuis plus d’un quart de siècle, décrit une « crise humanitaire profonde et en augmentation », dont les stigmates sont désormais visibles dans chaque rue de l’archipel.

Le prétexte de ce voyage était pourtant de nature festive : Mgr Rodriguez s’était rendu à Cuba pour assister à l’installation canonique de Mgr Osmany Masso Cuesta, nouvel évêque de Bayamo-Manzanillo. Cependant, le contraste entre la solennité de la liturgie et la réalité quotidienne des habitants a profondément marqué l’évêque américain. « Au-delà des murs de cette célébration sacrée, une autre réalité s’est imposée avec une force accablante », a-t-il confié, soulignant qu’il ne s’agissait pas simplement de difficultés passagères, mais d’une crise gravée dans le quotidien de toute une nation.

Le constat dressé par l’évêque de Palm Beach est sans appel, particulièrement en ce qui concerne l’accès aux besoins vitaux. La quête de nourriture est devenue une lutte épuisante. Les files d’attente s’étirent pendant des heures sous un soleil de plomb, sans garantie de résultat. Mgr Rodriguez rapporte que la dénutrition n’est plus un mal invisible : elle se lit sur les visages des enfants, dans la fragilité des personnes âgées et dans l’épuisement des parents.

Le secteur de la santé n’est pas épargné par cette dégradation. Le manque de médicaments de base paralyse les hôpitaux et retarde des traitements essentiels. Des pathologies qui, ailleurs, seraient soignées avec simplicité, deviennent à Cuba des fardeaux insupportables pour les familles. Mais au-delà des privations matérielles, c’est « l’érosion de l’espérance » qui inquiète le plus le prélat. Il décrit une sensation de désespoir étouffante qui imprègne les conversations et les regards, le signe d’un peuple à bout de forces après des décennies de privations.

Face à cette détresse, Mgr Rodriguez, lui-même d’origine dominicaine, a lancé un appel pressant à la communauté internationale et particulièrement aux fidèles du sud de la Floride, où la proximité avec Cuba rend la responsabilité morale encore plus vive. Pour l’évêque, l’indifférence constituerait une faute de conscience. Il a rappelé que la prière doit nécessairement se traduire par des actes, affirmant que le soutien à l’Église de Cuba n’est pas optionnel mais relève d’un « impératif moral ».

Sur le terrain, la solidarité ecclésiale commence à porter des fruits concrets. Le 26 mars dernier, Cáritas Cuba a annoncé l’arrivée d’une cargaison d’aide humanitaire à l’aéroport international de Santiago de Cuba. Ce fret, rendu possible grâce à l’organisation Catholic Relief Services (CRS), est destiné à secourir environ 600 familles de l’archidiocèse. Une opération similaire est déjà prévue pour la région de Holguín-Las Tunas, signe que l’Église, malgré les obstacles, s’efforce de maintenir un canal de charité active au service des plus vulnérables.

En conclusion de son témoignage, Mgr Rodriguez a exhorté les fidèles à ne pas laisser la distance ou la routine anesthésier l’appel de la charité, appelant à une réponse collective à la hauteur de la foi chrétienne.

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Conversation des fidèles

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