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Nicaragua : une ferveur intacte au cœur des églises malgré les restrictions

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Malgré un climat lourd de restrictions et pour la quatrième année consécutive de pressions exercées par le pouvoir en place, les églises du Nicaragua se sont remplies de fidèles à l’occasion des célébrations de la Semaine sainte 2026. Faute de pouvoir investir librement l’espace public, les catholiques se sont rassemblés par milliers dans les cours et à l’intérieur des édifices pour commémorer le Jeudi saint et le Vendredi saint. Depuis l’année 2023, le régime sandiniste interdit en effet toute procession dans les rues, une mesure qui suscite de vives critiques à l’échelle internationale, où elle est dénoncée comme une violation manifeste de la liberté religieuse.

À Managua, la capitale, les fidèles ont ainsi été contraints de suivre le traditionnel Chemin de Croix dans les jardins intérieurs de la cathédrale métropolitaine, sous l’étroite surveillance des forces de police. À l’issue de cette cérémonie, le cardinal Leopoldo Brenes a évalué à environ 25 000 le nombre de personnes massées sur le parvis. L’archevêque de la capitale, fidèle à sa réserve habituelle sur ce sujet, n’a fait aucune mention directe des contraintes gouvernementales ni des entraves imposées à la vie ecclésiale.

En écho à cette ferveur populaire, le père Edwing Román, prêtre nicaraguayen aujourd’hui contraint à l’exil en Floride, a confié à l’agence ACI Prensa que cette Semaine sainte s’était inévitablement déroulée de manière « atypique » en raison de l’absence de liberté religieuse dans le pays. Il s’est toutefois réjoui de constater que les églises étaient pleines de croyants de tous âges, et ce malgré le déploiement policier et la présence avérée d’agents infiltrés. Le prêtre a également souligné que cette mobilisation s’était faite en dépit d’une intense propagande officielle incitant la population à délaisser les églises pour fréquenter les stations balnéaires et les plages, dont la majeure partie appartient à des partisans alignés sur la dictature sandiniste.

Cette présence massive dans les sanctuaires a suscité une vive réaction de la part du pouvoir exécutif. Le Vendredi saint, la vice-présidente Rosario Murillo a ainsi qualifié de « déploiement » l’affluence des fidèles dans les édifices religieux. Elle a fustigé les informations faisant état de réglementations étatiques sur la vie de l’Église, estimant qu’elles « déforment » la réalité nationale. Elle s’en est également pris avec sévérité à ceux « qui se disent pasteurs », affirmant que de leur « âme ou [de leur] bouche » laissent s’échapper « des crapauds et des serpents ».

De son côté, s’exprimant devant les journalistes à l’intérieur de la cathédrale de Managua après la messe du Jeudi saint, le cardinal Brenes a préféré mettre l’accent sur la vitalité de la foi locale. Il a indiqué avoir reçu de la part d’évêques de tout le pays de nombreuses images témoignant de l’importante participation populaire dans les différentes cathédrales et paroisses du Nicaragua. Le prélat a salué le travail formidable accompli par les prêtres et s’est félicité de ce que les fidèles aient pu, avec une générosité totale et une liberté absolue, venir dans leurs églises pour y vivre l’essentiel de leur foi.

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Conversation des fidèles

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