Dans la nuit du 10 juillet 2025, un nouveau drame est venu frapper l’Église du Nigeria : le petit séminaire Immaculée Conception, situé dans le diocèse d’Auchi, a été violemment attaqué par des hommes armés. Un agent de la sécurité, M. Christopher Aweneghieme, a été froidement abattu, tandis que trois jeunes séminaristes ont été capturés et emmenés de force dans la brousse.
L’agression s’est produite à 21h, dans la localité d’Ivhianokpodi, dans la zone Est du gouvernement local d’Etsako, dans l’État d’Edo. D’après le communiqué officiel du père Peter Egielewa, directeur des communications du diocèse, l’attaque a été menée par plusieurs individus lourdement armés, sans qu’on sache encore l’identité précise du groupe.
Alors que les autres séminaristes ont pu être évacués en urgence vers un lieu sécurisé, le sort des trois captifs reste inconnu. Aucun contact n’a pour l’instant pu être établi avec les ravisseurs. Le diocèse, profondément bouleversé, exprime sa compassion à la famille du défunt et confie son âme à la Miséricorde divine.
Mgr Gabriel Ghiakhomo Dunia, évêque du lieu, a vivement condamné cette attaque barbare. Il appelle les autorités nigérianes à prendre enfin leurs responsabilités face à la multiplication des violences ciblant les chrétiens. Il a ordonné la célébration de messes votives du Précieux Sang le samedi 12 juillet et durant toutes les messes du lundi 14 juillet, en réparation de cet acte sacrilège et pour obtenir la libération des séminaristes.
Le prélat a également demandé à tous les curés de paroisses du diocèse de maintenir la récitation quotidienne du chapelet et la bénédiction dominicale en fin de journée, dans toutes les églises, jusqu’à nouvel ordre, pour demander à Dieu la protection du peuple fidèle, de l’État d’Edo, et du Nigeria tout entier.
L’évêque a fondé ce petit séminaire en 2006, afin de former dès leur jeunesse ceux qui répondaient à l’appel sacerdotal. Depuis sa fondation, plus de 500 jeunes y ont été formés, témoins d’un vrai renouveau ecclésial dans une région constamment éprouvée par l’insécurité.
Mais le Nigeria souffre, et cela dure. Depuis 2009, avec l’apparition de la secte islamiste Boko Haram, la nation la plus peuplée d’Afrique est entrée dans une spirale infernale de violences et de persécutions. L’objectif des terroristes est clair : instaurer un État islamique en remplaçant la foi chrétienne par l’idéologie coranique la plus radicale. Le sang des martyrs coule sans interruption depuis des années.
À cela s’ajoute la brutalité croissante des milices peules, majoritairement musulmanes, qui multiplient les attaques contre les villages chrétiens, les fermes, les églises et les écoles. Ces groupes, souvent bien armés, agissent en toute impunité.
L’Église nigériane, par la voix des évêques de la Conférence épiscopale (CBCN), ne cesse de dénoncer ces enlèvements, ces massacres et l’inaction flagrante du gouvernement fédéral. Elle rappelle que la protection de la vie humaine est la première des missions d’un État digne de ce nom.
Mais les appels restent souvent lettre morte. Les chrétiens, eux, s’accrochent au Christ, récitent leurs chapelets et espèrent contre toute espérance. Ils savent que leur vraie patrie est céleste, mais ils refusent de fuir leur terre natale. Ils restent debout, priants et fidèles, malgré les larmes et la peur.
Aujourd’hui, nous devons tous nous unir à eux. Prions pour la paix au Nigeria. Prions pour la libération rapide des trois séminaristes. Prions pour le repos de l’âme de M. Aweneghieme, tombé en service pour protéger les futurs prêtres du Christ. Et demandons à la Vierge Marie, Reine des martyrs, d’écraser sous son talon cette violence diabolique.





