La Cour suprême pakistanaise a confirmé la condamnation à mort de Qaiser Ayub, un chrétien de 49 ans, marié et père de trois enfants, accusé d'avoir publié sur Internet des propos jugés blasphématoires envers Mahomet. Dans la même affaire, son frère cadet Amoon Ayub a finalement été acquitté pour insuffisance de preuves, après avoir passé environ dix années en prison. Une décision qui soulève de nouvelles inquiétudes parmi les organisations chrétiennes de défense de la liberté religieuse.
Cette affaire remonte à plusieurs années ! Qaiser Ayub avait exploité un site Internet sur lequel auraient ensuite été publiés des contenus considérés comme offensants envers l'islam. Mais l'accusé affirme avoir cessé d'utiliser ce site dès 2009 et soutient qu'une autre personne l'aurait réactivé en conservant son nom dans les mentions du site. Malgré ses dénégations, les autorités pakistanaises l'ont arrêté en 2014. Son frère Amoon a été arrêté l'année suivante. Tous deux ont finalement été condamnés à mort en décembre 2018, avant que la Haute Cour de Lahore ne confirme les condamnations en 2022.
Après plusieurs années de recours et de reports d'audience, la Cour suprême a donc rendu son jugement le 7 octobre dernier. La condamnation d'Amoon Ayub a été annulée, les juges estimant les preuves insuffisantes. En revanche, ils ont maintenu la peine capitale contre Qaiser. Ce dernier reste détenu à la prison de Sahiwal, tandis que son épouse et ses trois enfants continuent de vivre dans l'attente d'une éventuelle issue favorable.
Mais les organisations chrétiennes qui suivent cette affaire dénoncent de graves interrogations concernant les preuves ! L'association CLAAS, qui apporte une assistance juridique aux chrétiens persécutés, estime que les éléments numériques présentés contre Qaiser doivent être examinés avec la plus grande rigueur. De son côté, l'American Center for Law and Justice affirme que les autorités n'ont pas suffisamment établi la responsabilité personnelle des deux frères dans les publications incriminées. Les défenseurs de Qaiser préparent désormais une nouvelle demande de réexamen devant la Cour suprême et envisagent également de solliciter une grâce présidentielle.
Et cette affaire est loin d'être isolée ! Au Pakistan, l'article 295-C du Code pénal prévoit la peine de mort pour les offenses jugées blasphématoires envers Mahomet. Plusieurs autres chrétiens font actuellement face à de lourdes condamnations ou à des poursuites pour des contenus publiés sur Internet. Des experts des Nations unies ont d'ailleurs exprimé leur préoccupation concernant l'absence de preuves concluantes dans certaines affaires et l'utilisation de la peine capitale pour des accusations de blasphème. Les défenseurs des minorités religieuses dénoncent également les pressions et les menaces qui peuvent entourer ces procédures judiciaires.
Pour Qaiser Ayub, le combat judiciaire n'est donc pas terminé. Ses avocats espèrent encore obtenir un réexamen de sa condamnation et sauver sa vie. Quant à son frère Amoon, son acquittement après tant d'années de détention rappelle le coût humain considérable de cette affaire. Prions pour Qaiser, son épouse et leurs trois enfants, ainsi que pour tous les chrétiens du Pakistan qui vivent dans la crainte d'être accusés de blasphème.
Sources : Organiser, 31 octobre 2026





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