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Dans une récente interview, Napo a reçu Angélique Gourlet, présidente de CSI France (Solidarité chrétienne internationale), une ONG chrétienne qui œuvre pour les chrétiens persécutés dans le monde. L’occasion de découvrir cette association, ses actions, et les réalités souvent méconnues de la persécution, notamment au Nigeria.
Présentation de CSI France
Angélique Gourlet est présidente de CSI France, branche française d’un réseau international fondé en 1979 par un prêtre catholique alsacien. La maison mère est en Suisse, où un pasteur a créé l’organisation la même année. Dès l’origine, CSI regroupe des chrétiens de toutes confessions : catholiques, protestants, évangéliques. Aujourd’hui, CSI France est indépendante dans ses décisions, avec son propre conseil d’administration, mais travaille en lien étroit avec les équipes internationales.
La présidente raconte comment elle a découvert l’association : « dans la salle d’attente du dentiste, en regardant Paris Match ». Un reportage sur le rachat d’esclaves chrétiens au Soudan du Sud a bouleversé sa vie. Depuis, elle s’engage avec passion.
Des chrétiens ciblés, des réalités invisibles
Le Nigeria est aujourd’hui l’une des zones les plus préoccupantes. Dans la « ceinture centrale », des villages chrétiens sont régulièrement attaqués par des djihadistes, souvent issus de l’ethnie peule. Les médias français peinent à décrire cette réalité, évoquant souvent un simple conflit entre agriculteurs et éleveurs. Angélique Gourlet insiste : les chrétiens sont clairement ciblés. « Il y a une étude menée par deux chercheurs, un Américain et un Costaricien, qui montre qu’il y a 8,7 à 9 fois plus d’attaques contre des chrétiens que contre des musulmans », explique-t-elle. Si en nombre absolu les victimes musulmanes sont plus nombreuses, c’est parce que les chrétiens sont minoritaires dans ces régions. En proportion, ils sont très nettement sur-représentés parmi les victimes.
Les formes de persécution souvent tues
Au-delà des massacres, il existe des persécutions plus discrètes mais tout aussi destructrices. Les lois sur le blasphème, en vigueur dans plusieurs pays musulmans, sont souvent utilisées pour éliminer des concurrents ou faire taire des chrétiens. L’exemple de Rodah Jato, une infirmière chrétienne accusée de blasphème après avoir dénoncé le meurtre d’une jeune fille, est frappant. Elle a passé 18 mois en prison avant d’être acquittée. De telles accusations obligent souvent les victimes à déménager pour sauver leur vie. CSI France finance alors des avocats locaux pour défendre ces chrétiens.
Le rôle de la France et des chrétiens d’Occident
Face à ces persécutions, les gouvernements occidentaux semblent souvent impuissants ou peu concernés, plus soucieux de commerce que de droits de l’homme. Les entreprises privées, elles, sont parfois plus attentives. Mais le levier le plus efficace reste la mobilisation citoyenne, comme les pétitions.
Pour les chrétiens de France, la présidente recommande avant tout la prière et le soutien aux associations. S’engager bénévolement, même à distance, est possible : de nombreux postes existent, notamment dans la communication.
Conclusion : une espérance inébranlable
Malgré l’horreur, Angélique Gourlet témoigne de la force et de l’espérance des chrétiens persécutés : « Certains, après avoir tout perdu, arrivent à rendre grâce à Dieu. » Elle encourage les catholiques à prier le chapelet pour ces intentions et à soutenir CSI France, une association multiconfessionnelle qui prouve que l’unité chrétienne existe là où l’urgence est vitale.





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