Une nouvelle étude présentée le mercredi 28 octobre 2026 à Lisbonne révèle que le Portugal reste très majoritairement catholique, mais que son paysage religieux connaît des transformations considérables. Selon les chercheurs de l'Université catholique portugaise, les personnes déclarant n'appartenir à aucune religion sont passées d'environ 615 000 en 2011 à plus de 1,24 million en 2021. Autrement dit, leur nombre a plus que doublé en seulement dix ans !
L'étude, intitulée « Um Atlas da Religiao em Portugal », a été coordonnée par Alfredo Teixeira, chercheur à l'Université catholique portugaise. Elle s'appuie notamment sur les données des recensements nationaux de 2011 et de 2021. Ses conclusions montrent que 80,2 % des résidents âgés d'au moins 15 ans ayant répondu à la question religieuse se déclaraient catholiques en 2021, contre 81 % dix ans auparavant. En nombre, cela représente 7 043 016 catholiques en 2021, contre 7 281 887 en 2011, soit une diminution de près de 239 000 personnes. Ces chiffres concernent l'appartenance religieuse déclarée, et non la pratique régulière de la messe.
Mais c'est surtout la progression des personnes sans religion qui interpelle ! En 2011, elles représentaient 6,8 % des répondants, soit 615 332 personnes. Dix ans plus tard, elles étaient 1 237 130, soit 14,1 %. Cette évolution témoigne d'un affaiblissement de l'identification religieuse dans une partie de la société portugaise. Il faut toutefois préciser que se déclarer sans religion ne signifie pas nécessairement ne croire en rien : les chercheurs rappellent que certaines personnes peuvent conserver des croyances ou des pratiques spirituelles sans appartenir à une communauté confessionnelle.
Et les différences géographiques sont particulièrement frappantes ! Les Açores restent la région la plus catholique du pays, avec 91,6 % des répondants, suivies de Madère avec 90,9 %. Le nord du Portugal affiche également 88,1 % de catholiques, tandis que le centre atteint 85,1 %. À l'inverse, Lisbonne, l'Algarve et l'Alentejo présentent des taux d'identification catholique plus faibles et des proportions plus importantes de personnes sans religion. Le pays conserve donc de fortes traditions catholiques, notamment dans ses régions septentrionales et insulaires, mais son évolution religieuse n'est pas uniforme.
Parallèlement, les autres confessions religieuses progressent ! Les protestants et évangéliques passent de 0,84 % à 2,13 % entre les deux recensements, atteignant près de 187 000 personnes. Les musulmans passent de 0,23 % à 0,42 %, soit 36 480 personnes en 2021. L'ensemble des confessions chrétiennes non catholiques représente désormais 4,58 % des répondants, tandis que les religions non chrétiennes totalisent environ 1,14 %. Ces changements s'inscrivent notamment dans un contexte de diversification de la population et de transformations sociales.
Pour Alfredo Teixeira, le Portugal conserve une identité catholique fortement ancrée dans sa culture, mais ne peut plus être décrit comme une société religieusement homogène. Cette distinction est fondamentale : un pays peut conserver ses églises, ses fêtes traditionnelles, ses pèlerinages et ses références chrétiennes tout en connaissant un recul de l'appartenance religieuse déclarée. L'étude ne permet toutefois pas d'affirmer que 80 % des Portugais pratiquent leur foi, ni de mesurer directement leur adhésion aux enseignements de l'Église.
La présentation de cet atlas pose donc une question importante pour l'avenir du catholicisme portugais. Dans un pays marqué par le sanctuaire de Notre-Dame de Fátima et plusieurs siècles d'histoire chrétienne, comment transmettre la foi aux nouvelles générations alors que l'identification religieuse s'affaiblit et que les appartenances se diversifient ? Les chiffres sont ceux de 2021, mais leur analyse présentée en 2026 souligne les défis auxquels l'Église catholique doit faire face.
Sources : Universidade Catolica Portuguesa, « Um Atlas da Religiao em Portugal », 2026





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