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« Sans le seigneur, je n’en aurais pas été capable ! » : à 71 ans, un prêtre espagnol secourt les victimes de la catastrophe ferroviaire de tolèd

Illustration de la brève Facebook

Le père Fernando Fernandez de Bobadilla, curé de Los Yébenes, âgé de 71 ans, a passé plusieurs heures au milieu des victimes du terrible accident ferroviaire survenu le mercredi 28 octobre 2026, entre Los Yébenes et Urda, dans la province de Tolède. Dans un entretien accordé au journal catholique Alfa y Omega le lendemain de la catastrophe, le prêtre raconte comment il a apporté un secours spirituel aux blessés, mais aussi participé directement aux opérations d'assistance. Et il affirme que, sans l'aide de Dieu, il n'aurait jamais trouvé la force d'accomplir tout cela.

Tout commence lorsqu'un habitant de son village l'appelle pour lui parler d'un accident de train. Le père Fernando se trouve alors au centre de santé pour prendre un rendez-vous médical. Dès que la catastrophe est confirmée, il prend immédiatement sa voiture pour rejoindre les lieux. Arrêté à un carrefour par la Garde civile, il poursuit son chemin à pied, traversant deux à trois kilomètres de champs. Lorsqu'il atteint enfin les wagons accidentés, il découvre une scène dramatique avec des blessés ensanglantés errent dans un champ d'amandiers, tandis que d'autres tentent de s'entraider. Des voitures ferroviaires sont éventrées et de nombreuses personnes ont perdu la vie.

Face à l'ampleur du drame, le prêtre comprend qu'il ne pourra pas s'occuper individuellement de toutes les personnes en danger. Il raconte avoir alors donné l'absolution collective aux personnes menacées de mort, une possibilité prévue par l'Église dans certaines circonstances de grave nécessité. Il commence ensuite à marcher parmi les victimes, leur prenant les mains et leur adressant des paroles de réconfort. Il se souvient notamment d'une Américaine qui ne parlait qu'anglais. En s'approchant, il lui dit simplement : « Je suis prêtre, je prie pour vous. » La femme lui répond par un sourire. Chez d'autres blessés, les larmes commencent à couler.

Mais le père Fernando ne s'est pas limité à sa mission spirituelle ! Il a également aidé les équipes médicales en tenant des poches de perfusion, parfois deux à la fois, et en participant au transport des blessés sur des brancards. Il raconte avoir complètement perdu la notion du temps. Les secouristes et les gendarmes l'ont accueilli avec bienveillance, lui proposant régulièrement de l'eau et lui demandant s'il avait besoin de quelque chose. Lorsque Mgr Francisco Cerro Chaves, archevêque de Tolède, est arrivé sur les lieux avec un vicaire, ils ont également prié ensemble pour les victimes décédées.

Et c'est ici que son témoignage devient encore plus bouleversant ! Car ce prêtre de 71 ans a été opéré d'un cancer du pancréas en juillet 2025 et a passé de longs mois sous chimiothérapie. Il reconnaît ne plus avoir beaucoup de force dans les jambes. Pourtant, ce mercredi, il a parcouru plusieurs kilomètres à pied, puis passé des heures debout ou accroupi pour aider les victimes. En repensant à cette journée pendant sa prière du soir, il confie ne pas comprendre d'où lui est venue cette énergie : « Si le Seigneur, qui est au milieu de tout cela, ne m'avait pas soutenu, je n'en aurais pas été capable. »

Après avoir quitté les lieux vers 14 heures, le père Fernando a repris ses activités paroissiales : confessions, messe et catéchèse pour les adultes préparant leur confirmation. Il a également reçu un message du père Rafael Prados, curé d'Adamuz, qui avait lui-même accompagné les victimes d'une autre catastrophe ferroviaire en janvier 2026. Les deux prêtres se sont mutuellement encouragés dans la prière. Fernando Fernandez de Bobadilla demande désormais de respecter la souffrance des familles, sans transformer immédiatement cette tragédie en affrontement public ou en recherche de coupables avant les conclusions de l'enquête.

Dans cette catastrophe qui a causé des dizaines de morts et de nombreux blessés, ce témoignage rappelle aussi ce que peut être la présence concrète d'un prêtre au milieu de la souffrance. Prier pour ceux qui meurent, consoler ceux qui pleurent, aider ceux qui soignent et rester auprès des personnes qui traversent les pires moments de leur existence. Prions pour les victimes, leurs familles, les secouristes et tous ceux qui continuent de les accompagner.

Source : María Martínez López, Alfa y Omega, 29 octobre 2026

Source : publication originale de Napo sur Facebook.

Conversation des fidèles

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