C’est au cœur du couvent franciscain de Ljubljana, en Slovénie, que le frère Filip Mlinar exerce aujourd’hui son ministère, après un cheminement marqué par la quête de vérité et le renoncement aux ambitions purement séculières. Originaire de la paroisse de Horjul, ce jeune religieux est issu d’une famille de six membres où la foi constituait le socle du quotidien. Entre les prières communes et un dialogue constant avec ses parents, il décrit un environnement sûr, propice à l’éclosion d’une vocation qu’il a pourtant longtemps mûrie.
Le point de départ de son engagement remonte à ses années d’enfance. Alors qu’il était enfant de chœur en classe de quatrième, une question directe de son curé dans la sacristie a scellé son destin de manière inattendue. Le prêtre n’avait pas demandé qui souhaitait devenir prêtre, mais qui le deviendrait. Face au silence et à l’inconfort général, le jeune Filip avait alors répondu : « Peut-être moi ». Ce qui n’était au départ qu’une dérobade pour rompre l’embarras est devenu une idée fixe, une semence déposée en son cœur qu’il ne parviendra plus à ignorer.
Pourtant, rien ne prédestinait initialement ce passionné de sciences à la vie consacrée. Féru de physique, d’informatique et de technologie, Filip Mlinar se définit lui-même comme un naturaliste fasciné par les capacités de l’intellect humain. C’est précisément au contact de ces disciplines qu’il a perçu les limites de la raison pure. Pour lui, la foi commence là où la science s’arrête, offrant une perspective que la technologie ne peut combler. Cette quête de sens l’a conduit à observer les franciscains lors des messes à Vič, où il a été frappé par la cohérence entre leur enseignement et leur mode de vie.
Son discernement a été nourri par la lecture des vies de saints, particulièrement celles de Jean Bosco et de François d’Assise. C’est dans l’exemple du Poverello, dont la vie entière était tendue vers l’objectif unique du Ciel, qu’il a trouvé son modèle. Ce choix n’est pourtant pas allé sans certains préjugés de jeunesse. Le frère Filip confie avoir longtemps perçu les prêtres diocésains comme des figures d’autorité devant tout maîtriser, et les religieux comme des hommes portés à l’oisiveté. Cette pression de la « perfection » l’inquiétait, jusqu’à ce qu’il comprenne que le Christ ne demande pas des capacités extraordinaires, mais une disponibilité totale à sa volonté.
L’entrée au couvent s’est faite immédiatement après l’obtention de son diplôme de fin d’études secondaires. L’annonce à sa famille a été précipitée par une question provocatrice de son jeune frère lors d’un dîner. Si sa mère a accueilli la nouvelle avec joie, son père s’est montré initialement plus réservé, rappelant qu’on peut être un bon chrétien par un travail honnête et une pratique régulière. Pour Filip, l’appel était cependant plus radical : il s’agissait de quitter ses propres projets pour se consacrer entièrement à Dieu. Ses camarades de classe, bien que surpris par une décision qu’ils peinaient à comprendre, ont respecté son choix, y voyant une volonté sincère de faire le bien.
Aujourd’hui, intégré à la vie communautaire, le frère Filip reconnaît avoir été surpris par la dimension centrale de la fraternité franciscaine. Loin de l’image qu’il s’en faisait, il a découvert un mode de vie où l’on ne poursuit pas ses propres projets, mais où l’on s’entraide mutuellement dans une mission commune. Malgré les doutes qui peuvent parfois surgir face aux nouveaux défis de la vie religieuse, il affirme ne trouver nulle part ailleurs une plénitude comparable à celle que lui procure sa mission actuelle. Il souligne l’importance du soutien de sa communauté, où la confiance et le dialogue permettent d’avancer sereinement. Pour le jeune franciscain, l’essentiel demeure de répondre à l’invitation du Seigneur, avec la certitude qu’Il donne toujours la force nécessaire à celui qu’Il appelle.





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