L’Université catholique Saint Michael, établissement d’enseignement supérieur rattaché à l’Université de Toronto au Canada, se trouve au cœur d’une vive polémique touchant à la fidélité de son identité institutionnelle. En multipliant les initiatives officielles de promotion des revendications sociétales liées au mouvement LGBTQ+, la direction de ce collège suscite l’indignation légitime de nombreux fidèles et anciens élèves. Ces derniers dénoncent un alignement préoccupant sur des idéologies laïcistes, en rupture flagrante avec l’enseignement moral de l’Église universelle.
Les faits témoignent d’un changement de cap pleinement assumé par l’administration. Le campus arbore désormais le drapeau militant « Progress Pride » sur la façade de la bibliothèque John M. Kelly. Plus symbolique encore, l’université a financé la peinture d’un passage piéton aux couleurs de l’arc-en-ciel sur la rue Saint Joseph, reliant la bibliothèque à Elmsley Place. En 2024, le président de l’institution, David G. Sylvester, avait adressé une lettre à un conseiller municipal de Toronto pour appuyer avec ferveur cette demande émanant du syndicat étudiant du collège (SMCSU). Dans ce courrier, le président affirmait soutenir ce projet avec enthousiasme et s’engageait à en assumer les coûts au nom de l’université. Invoquant la politique d’inclusion de l’établissement, il justifiait cette démarche par la volonté de célébrer la dignité des personnes issues de ces minorités, décrivant ce passage piéton comme le témoignage public d’une communauté accueillante. Au-delà de ces marqueurs visuels, le campus catholique a franchi un autre cap en hébergeant un spectacle de « drag queens ».
Face à cette institutionnalisation de pratiques et de concepts totalement étrangers à l’anthropologie chrétienne, de nombreuses voix s’élèvent pour défendre l’intégrité de la foi catholique et dénoncer une grave tromperie sur la marchandise. L’acceptation et la promotion active de l’idéologie transgenre et de comportements que le Magistère qualifie avec constance de contraires à la loi naturelle posent la question du maintien du label « catholique » par l’établissement. Plutôt que de poursuivre sa mission fondatrice d’évangélisation et de conversion des cœurs à la lumière de l’Évangile, l’institution semble avoir érigé la diversité séculière en nouvelle religion.
Cette mutation culturelle est pourtant célébrée par les étudiants qui portent ces revendications. Dans un long témoignage intitulé « InsightOut : Taking Pride in Pride SMC », Arib Hassam, étudiant en quatrième année de psychologie, de bouddhisme et de santé mentale, illustre cette évolution. Arrivé avec de vives appréhensions, il explique avoir été immédiatement rassuré par la présence du drapeau arc-en-ciel. Il raconte le développement rapide du militantisme sur le campus, passé de rassemblements de trois ou quatre personnes à plus d’une cinquantaine de participants lors du premier spectacle de drag queens. Jugeant essentiel d’offrir des espaces d’expression aux identités plurielles au sein même d’une institution catholique, l’étudiant appelle à lutter contre les discours opposés à la rhétorique transgenre, se félicitant que l’activisme de son groupe puisse s’aligner sur les valeurs de justice sociale du collège.
Cependant, cette redéfinition de la justice sociale, tragiquement amputée de la vérité doctrinale, provoque une rupture avec la communauté ecclésiale. Consternés par la direction prise par leur ancienne école, plusieurs diplômés et bienfaiteurs historiques de l’université ont publiquement annoncé l’arrêt définitif de leurs dons financiers. Refusant de cautionner de leurs deniers ce qu’ils considèrent comme une corruption morale institutionnalisée, ces fidèles rappellent que l’orgueil — traduit par le mot « pride » en anglais — demeure l’un des sept péchés capitaux. Leur tristesse illustre un défi ecclésial majeur : un établissement catholique ne saurait se réduire à une vitrine des idéologies contemporaines sans renier ceux qui l’ont fondé, et sans perdre sa raison d’être première, qui est de guider les intelligences vers la Vérité du Christ.





Conversation des fidèles
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