L'Arcom a officiellement mis en garde M6 après la diffusion d'un faux témoignage concernant Xavier Dupont de Ligonnès, dans l'émission « Appel à témoins » présentée par Julien Courbet. La décision du régulateur, adoptée le 14 octobre 2026 et rendue publique le 3 novembre, fait suite à une plainte déposée par Mgr Bruno Valentin, évêque de Carcasonne et Narbonne, qui avait été directement mis en cause par un imposteur se présentant comme prêtre catholique.
Tout commence le 2 juin dernier, lorsque l'émission de M6 reçoit en direct l'appel d'un homme prétendant être le « père Marc ». Celui-ci affirme avoir rencontré Xavier Dupont de Ligonnès en 2022 dans un monastère de Plavilla, dans l'Aude. Selon son récit, le fugitif, recherché depuis 2011 dans le cadre de l'assassinat de son épouse et de leurs quatre enfants, aurait passé plusieurs jours dans cette communauté religieuse avant de lui confesser ses crimes. Plus étonnant encore, le prétendu prêtre affirme avoir reçu l'autorisation de son évêque pour révéler cette confession à la télévision !
Seulement voilà, tout ce témoignage était inventé ! Dès le lendemain, Mgr Bruno Valentin dément catégoriquement avoir été contacté par cet homme ou par M6. L'évêque précise également qu'aucun prêtre correspondant à cette identité n'exerce dans la communauté religieuse concernée. Les Petits Frères et Petites Sœurs de l'Agneau confirment de leur côté n'avoir aucun souvenir du passage de Xavier Dupont de Ligonnès en 2022. Et le plus incroyable, c'est que le faux témoin finira lui-même par reconnaître auprès de la rédaction de l'émission qu'il n'était pas prêtre !
Face à cette situation, Mgr Bruno Valentin avait dénoncé le manque de rigueur de M6 et saisi l'Arcom. Car les accusations de cet imposteur ne concernaient pas uniquement une affaire criminelle : elles laissaient également entendre qu'un évêque catholique aurait autorisé un prêtre à violer le secret sacramentel de la confession. Or, rappelons que ce secret est absolu dans l'Église catholique. Aucun évêque, et pas même le pape, ne peut autoriser un confesseur à révéler ce qu'il a entendu dans le sacrement de pénitence.
Après examen, l'Arcom a estimé que le caractère particulièrement sensationnel de ce témoignage aurait dû conduire la chaîne à procéder à des vérifications supplémentaires avant sa diffusion. Le régulateur rappelle notamment que les médias audiovisuels doivent garantir le sérieux de leurs sources et faire preuve de rigueur dans le traitement des informations. M6 a donc été officiellement mise en garde contre le renouvellement de tels manquements. Il ne s'agit toutefois pas d'une condamnation judiciaire pour diffamation, cette question relevant de la justice.
Voilà donc une affaire dans laquelle un faux prêtre a pu intervenir pendant plusieurs minutes à la télévision nationale, inventer une confession concernant l'un des fugitifs les plus recherchés de France et mettre directement en cause un évêque catholique, sans que son identité ait été correctement vérifiée avant sa prise de parole. Cinq mois plus tard, le régulateur audiovisuel vient officiellement rappeler M6 à ses obligations journalistiques.
Source : Actu.fr, 4 novembre 2026







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