La question de l’identité catholique de l’Université de Notre Dame (Indiana) est de nouveau sous le feu des projecteurs, déclenchant un débat national sur la fidélité doctrinale des institutions d’enseignement supérieur. Le 12 février 2026, Mgr Kevin C. Rhoades, évêque du diocèse de Fort Wayne-South Bend, a publié une déclaration formelle exprimant sa « forte opposition » à la nomination de la professeure Susan Ostermann en tant que directrice du Liu Institute for Asia and Asian Studies. Cette décision administrative soulève des questions fondamentales sur le témoignage public d’une institution qui se réclame du Christ et de son Église.
Un conflit ouvert entre l’Évêque et l’Université
Le cœur de la polémique réside dans le profil de Susan Ostermann, dont l’engagement passé et présent en faveur de l’avortement est jugé incompatible avec la mission de l’institution. Mgr Rhoades, qui veille sur la santé spirituelle du diocèse depuis 2009, a dénoncé une nomination qui heurte frontalement les principes de justice les plus élémentaires.
Selon l’évêque, Susan Ostermann n’est pas seulement une chercheuse aux opinions divergentes ; elle est une militante active. Dans plusieurs tribunes, elle aurait qualifié le mouvement pro-vie de structure ancrée dans le « suprémacisme blanc » et le « racisme ». Pour le diocèse, ces attaques ne relèvent plus du débat intellectuel mais de la calomnie envers les fidèles qui défendent la vie, de la conception à la mort naturelle.
L’identité catholique de l’Université de Notre Dame à l’épreuve des faits
Pour comprendre pourquoi cette nomination est remise en question, il faut analyser les trois points de friction majeurs soulevés par Mgr Rhoades :
- L’engagement auprès du Population Council : La professeure Ostermann a travaillé comme consultante pour cette ONG, impliquée historiquement dans les politiques de contrôle de la population en Chine et dans l’introduction de la pilule abortive (RU-486) aux États-Unis.
- La rhétorique incendiaire : En qualifiant les centres de ressources pour femmes enceintes de « sites de propagande anti-avortement », Ostermann se place en opposition directe avec l’action pastorale de l’Église.
- La confusion du témoignage public : Une université catholique ne se limite pas à ses salles de cours ; elle parle au monde par ses nominations administratives de haut niveau.
La liberté académique est-elle un bouclier suffisant ?
L’Université de Notre Dame et la doyenne de la Keough School, Mary Gallagher, défendent cette nomination au nom de l’excellence académique et de l’interdisciplinarité. Susan Ostermann elle-même a déclaré à EWTN qu’elle « respectait » la mission de l’université et qu’elle s’engageait à ne pas utiliser son poste pour promouvoir un agenda politique personnel.
Mgr Rhoades est cependant catégorique : la liberté académique concerne la recherche et l’enseignement, mais la direction d’un institut est une fonction qui engage l’image de l’Église. On ne peut dissocier la fonction de la personne qui l’occupe, surtout lorsque ses convictions passées sont aux antipodes de la doctrine sociale de l’Église.
Un impact profond sur la communauté universitaire
Le malaise ne se limite pas aux bureaux de l’évêché. De nombreux étudiants, anciens élèves (alumni) et donateurs ont fait part de leur « choc et de leur déception ». Cette situation crée une fracture entre la direction de l’université, soucieuse de son prestige dans le monde séculier, et sa base confessionnelle qui attend une cohérence évangélique.
L’enjeu est de taille : Notre Dame est souvent considérée comme le navire amiral de l’éducation catholique aux États-Unis. Si ce navire dévie de sa trajectoire doctrinale, c’est l’ensemble de l’enseignement supérieur catholique qui risque de perdre sa boussole.
La controverse entourant la nomination de Susan Ostermann rappelle que l’image d’excellence n’est pas un acquis historique, mais un combat quotidien. Comme le souligne Mgr Rhoades, la fidélité à une mission ne peut se réduire à des slogans marketing ; elle doit se traduire par des choix courageux, cohérents avec la dignité de la vie humaine.





















