L’affaire remonte à il y a dix ans. Une directive exigeait que les entités religieuses, incluant les églises et les congrégations de sœurs, couvrent les avortements dits « médicalement nécessaires » dans les régimes d’assurance maladie de leurs employés. Une aberration morale pour l’Église, sommée de payer pour ce qu’elle considère comme un crime contre la vie.
Pourtant, la persévérance a payé. En mai 2024, les plaignants, dont le diocèse catholique romain d’Albany, ont porté l’affaire devant la Cour suprême des États-Unis. La Haute Cour, dans sa sagesse, a annulé en juin 2025 un jugement précédent défavorable aux institutions catholiques.
Le précédent décisif du Wisconsin
Cette victoire pro-vie à New York ne sort pas du néant. Elle s’appuie sur une jurisprudence solide. La Cour suprême a ordonné que le dossier new-yorkais soit réexaminé à la lumière de sa décision dans l’affaire Catholic Charities Bureau, Inc. v. Wisconsin Labor & Industry Review Comm’n.
Dans cette affaire du Wisconsin, la Cour avait statué à l’unanimité que le Catholic Charities Bureau ne pouvait se voir refuser une exemption fiscale sous prétexte que ses œuvres de charité n’étaient pas « principalement religieuses ». Cette décision a envoyé un message clair : l’État n’a pas à définir ce qui est religieux ou non, ni à punir les ministères qui servent le bien commun en restant fidèles à leurs dogmes.
La capitulation de l’État de New York, annoncée par le cabinet d’avocats Becket, est totale. L’administration ne cherchera plus à appliquer ce mandat aux religieuses, aux diocèses catholiques ou aux autres églises chrétiennes.
Lori Windham, avocate principale chez Becket, a résumé la situation avec une clarté évangélique :
« Pendant près d’une décennie, les bureaucrates de New York ont essayé de contraindre les religieuses à payer pour des avortements parce qu’elles servent tous ceux qui sont dans le besoin. Enfin, l’État a renoncé à sa campagne honteuse. »
Les implications pour la liberté religieuse
Ce triomphe dépasse les frontières américaines. Il réaffirme trois piliers essentiels pour nos institutions catholiques :
- L’autonomie de l’Église : Le gouvernement ne peut s’ingérer dans la gestion interne des ministères.
- La cohérence de la foi : Servir les pauvres (comme le font les religieuses) ne signifie pas devenir une ONG laïque soumise aux dogmes séculiers.
- La protection contre la discrimination : Les groupes religieux ne doivent pas être « intimidés » pour être restés fidèles à leur foi, comme l’a souligné la Cour Suprême.
Un contexte politique toujours hostile
Il ne faut cependant pas faire preuve de naïveté. Si cette victoire pro-vie à New York est un soulagement, l’État reste un bastion de la culture de mort. La gouverneure démocrate Kathy Hochul et la procureure générale Letitia James continuent de promouvoir l’avortement sans restriction.
En décembre dernier, une autre bataille a été remportée lorsque les tribunaux ont bloqué les tentatives de Letitia James d’empêcher les centres de crise de grossesse de promouvoir la progestérone pour inverser les effets des avortements chimiques. C’est une preuve supplémentaire que la résistance juridique porte ses fruits.
Cependant, le mois dernier encore, Kathy Hochul a renforcé la « loi bouclier » de l’État. Cette législation vise à protéger les avorteurs new-yorkais qui contournent les lois pro-vie d’autres États, complexifiant le travail des enquêteurs. Le combat pour la Vie est donc loin d’être terminé, mais la digue de la liberté religieuse a tenu bon.
En définitive, cette affaire prouve que la ténacité, appuyée par la prière et une défense juridique compétente, peut faire reculer même les administrations les plus hostiles. Cette victoire permet aux religieuses de retourner à leur mission première : servir le Christ à travers les plus démunis, sans compromettre leur conscience. C’est un rappel puissant que la liberté religieuse est le premier rempart contre la tyrannie des idéologies modernes.





