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La Hollande protestante et la Belgique Catholique 1876

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La Hollande protestante et la Belgique Catholique 1876
La Hollande protestante et la Belgique Catholique 1876

La Hollande protestante et la Belgique catholique offrent un autre très beau champ de comparaison entre les commodités de la vie et la prospérité respectives des populations protestantes et des populations catholiques en Europe.

Ces deux petits royaumes sont limitrophes, et jusqu’à ce que la tyrannie et l’intolérance des Hollandais eussent poussé les Belges à se révolter en 1830, ils n’avaient formé qu’un seul royaume depuis le règlement des affaires d’Europe par les puissances alliées, au congrès de Vienne en 1815.

Aujourd’hui quelle est la condition respective de ces deux peuples ? Il n’y a pas de comparaison entre eux. Pour l’industrie, le commerce, les manufactures, l’agriculture, l’instruction et la liberté pratique, les Belges catholiques sont infiniment au-dessus des Hollandais protestants.

La Belgique est, en proportion de son territoire, le pays le plus peuplé et le plus prospère de l’Europe. La monarchie belge est assurément la plus libérale et la plus tolérante qu’il y ait au monde.

La Hollande ne peut prétendre à la supériorité sur la Belgique qu’en une seule chose, le commerce ; mais même à cet égard, la Hollande a beaucoup décliné malgré les grands avant de sa situation géographique :

«  Dans les rues désertes de Delft, de Leyde et de Harlem, dit M. Laing, l’herbe croît entre les briques du pavé, aux fenêtres du salon d’un palais des haillons déchirés flottent au vent pour sécher ; le bruit des sabots résonnant
dans les salles vides raconte la magnificence passée et l’indigence présente.
« 

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Même durant la période de la plus grande prospérité commerciale de la Hollande, lorsque ses honnêtes bourgeois devinrent soudainement des millionnaires fiers de leurs bourses, et lorsque ses flottes disputaient à celles de l’Angleterre la domination des mers, la masse de la population retira très peu d’avantages des immenses fortunes réalisées par quelques aventuriers favorisés du sort :

 » Combien peu la masse de la population des sept Provinces Unies, les paysans et même les bourgeois des classes moyenne et inférieure s’étaient ressentis de la richesse et de la prospérité commerciales aux XVIe et XVIIe siècles, est visible dans leurs habitations, leurs meubles, leurs costumes, leurs divertissements et leurs coutumes de la vie civilisée. Tout cela remonte à un temps antérieur à la période pendant laquelle la Hollande était puissante et riche au temps de la reine Elisabeth et est resté sans changements, sans améliorations jusqu’à ce que cette puissance et cette richesse soient encore descendues au niveau au-dessus duquel elles s’étaient élevées. Une classe commerciale, une aristocratie de capitalistes, nombreuse peut-être comme corps financier, mais ne comptant pas comme masse nationale, se ressentit seule de la prospérité commerciale et quand le courant du commerce se dirigea graduellement vers d’autres pays, le capitaliste hollandais, sans changer de domicile, transféra facilement son capital où il trouvait à en faire un emploi avantageux. La Hollande est un pays de capitalistes et de pauvres ; sa richesse procure peu d’occupation en industrie productive comparativement à sa population et ajoute très peu à la prospérité, au bien-être, aux habitudes d’activité des masses par la production, des douceurs et des avantages de la vie civilisée.« 

Les chemins de fer belges.

La Belgique a été la première des nations du continent européen qui se soit occupée activement d’établir des chemins de fer ; à présent son territoire entier est couvert d’un réseau de ces importantes améliorations fournissant les plus grandes facilités pour les voyageurs et pour le transport des marchandises.

Quiconque a visité la Belgique n’a pu qu’être frappé de la parfaite organisation des chemins de fer de ce pays. La Hollande, au contraire, a près un laps de vingt-cinq ans, vient à peine de commencer la construction de ses chemins de fer. Tandis que la Belgique a les meilleurs chemins de fer, les usines et les manufactures les plus florissantes, la population la plus libre et la plus prospère du continent européen, la Hollande n’a guère d’autres ressources que son commerce, et aujourd’hui ces ressources sont bien près de manquer.

Les pauvres abondent en tous lieux et leur condition est certes déplorable à l’extrême. Les institutions de charité, même créées pour leur venir en aide, comme la plupart des institutions analogues dans les autres 3 pays protestants, sont à peine différentes des prisons d’état, ou ces institutions sont des colonies agricoles établies dans des localités stériles au-delà du Zuyderzée, où les pauvres sont obligés à travailler comme les condamnés anglais déportés à Botany bay, M. Laing apprécie, comme suit, le caractère hollandais comparé au caractère anglais : Appréciations de M. Laing.

 » Les Hollandais sont éminemment charitables et bienfaisants comme public, ils ont fondé une foule d’établissements de bienfaisance admirablement dirigés et richement dotés, mais, comme individus, ils sont un peu rudes, un peu durs, et quoiqu’il ne soit pas charitable de le dire, ils manquent de charité et de sensibilité. Nous avons aussi chez nous nos hommes bienfaisants qui souscriront volontiers pour un souverain au profit d’un hôpital, d’une maison de refuge, d’une société de missionnaires, ou d’une association charitable dont le but est de secourir ou d’instruire les pauvres, mais qui, par principe, refuseront un penny à la pauvre femme transie de froid, à leur porte où elle implore une faible aumône pour l’enfant chétif et malade qu’elle tient dans ses bras. Ils ont raison en principe, complètement raison ; mais on n’aime pas d’un amour particulier ceux qui sont si strictement à cheval sur les principes. Le sentiment de la bienfaisance dans le cœur vaut mieux qu’une théorie complète d’économie politique dans la tête.  »

La charité envers les pauvres dans les pays catholiques et dans les pays protestants.

Nous pouvons faire remarquer ici que, en général, il y a plus de charité envers les pauvres dans les pays catholiques que dans Les pays protestants.

Dans les premiers de ces pays, Indépendamment des aumônes partie lières faites avec abondance et avec simplicité, il y a dans les grandes villes de magnifiques institutions de charité richement dotées, où tout est réuni pour le soulagement et pour la consolation de toutes les classes des déshérités.

Ces institutions ne sont pas de simples établissements d’Etat maintenus au moyen d’une lourde taxe et desservis par des mercenaires à tant par jour, comme le sont les institutions charitables «  admirablement dirigées  » et  » magnifiquement subventionnées  » de la Hollande et des autres pays protestants que nous connaissons ; mais ces institutions sont souvent fondées par des personnes animées du véritable esprit de la véritable charité chrétienne qui consacrent généreusement une grande partie de leur fortune à ces œuvres excellentes.

Là, on n’emploie pas des mercenaires qui paraissent disposés à ne faire que juste que ce qu’il faut pour ne pas perdre leur place en touchant leur salaire ; le service y est fait par des hommes et par des femmes dont la religion est l’unique mobile et qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour soulager l’humanité souffrante.

Quiconque voudra prendre la peine d’examiner avec attention et avec impartialité l’histoire et le caractère des institutions de charité protestantes et catholiques, ne peut manquer de constater cette différence caractéristique entre elles, ni manquer de reconnaître la grande supériorité des secondes sur les premières à tous les points de vue que nous avons signalés plus haut. Il peut y avoir des exceptions, mais la règle générale est telle que nous venons de le dire.

Différence de la condition des pauvres dans les pays protestants et dans les pays catholiques.

Il parait y avoir celte remarquable différence entre la condition des pauvres dans les pays catholiques et celle des pauvres dans les pays protestants que, dans ces derniers pays, les pauvres sont aux yeux de la loi, et trop souvent à ceux des populations elles-mêmes, des criminels d’Etat et traités comme tels ; que, dans les autres pays, les pauvres sont regardés comme des objets de compassion et sont presque toujours accueillis avec bonté et traités avec
bienveillance.

Vagabond, fainéant il n’y a pas d’épithètes trop fortes pour le mendiant anglais ou américain. N’en est-il pas trop souvent de même chez nous? Et cependant nos frères protestants en général manquent-ils de charité? Nous ne disons pas cela. La faute est plus celle de la société que celle des individus ; plus celle de leur religion que d’une sécheresse de cœur naturelle chez ceux qui la leur enseignent.

Le protestantisme, nous le répétons, engendre nécessairement l’esprit d’isolement, d’individualisme, d’égoïsme et d’orgueil ; et il n’y avait que le protestantisme qui put répandre la maxime populaire :  » Chacun pour soi, Dieu pour tout le monde. »

Dans les pays catholiques le sentiment social est beaucoup plus fort et une pareille maxime sonnerait mal à l’oreille du peuple qui, en général, ne l’adopterait pas.

Source : Mgr. M.T. Spalding – Evêque de Louisville 1876

Publié par Napo

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