in , , , , ,

Louis XVI, un défenseur de la religion catholique en France

IMPRIMER CET ARTICLE / Faire un don à Lecatho.fr

Louis XVI se montrait inébranlable lorsqu’il s’agissait du maintien de la Religion, par la raison qu’il en était profondément instruit. Il en avait étudié le Dogme et médité la morale ; il en connaissait l’histoire.

Cette histoire qui jette un jour ravissant sur l’origine des temps et les rapports essentiels de la Créature au Créateur : cette histoire, dont la merveilleuse évidence ne laisse de refuge à l’incrédulité que dans l’ignorance et la mauvaise foi des passions. Ce Prince était également instruit des principes sur lesquels reposent la divine constitution de l’Église et son indépendance dans le gouvernement des âmes.

Personne, dans son Conseil, ne saisissait avec plus de justesse que lui le point de démarcation qui sépare les Domaines respectifs des deux Puissances. On le vit, dans une affaire d’éclat, se défendre d’accéder au vœu de tout le Corps épiscopal, auquel s’était réuni celui du Souverain Pontife : et prononcer que le premier Dignitaire ecclésiastique de son Royaume, serait jugé, en matière séculière, par un Tribunal séculier.

D’un autre côté, en garde contre le penchant de la Magistrature d’alors à s’immiscer dans les affaires spirituelles et les plus étrangères à sa compétence, Louis XVI savait, dans l’occasion, réprimer ses entreprises sur le Domaine ecclésiastique. C’est ainsi qu’en cassant un Arrêt du Parlement de Paris, fauteur de Prêtres insoumis à leurs Évêques, il disait :

« Nous ne pourrions le laisser subsister, sans risquer de voir s’introduire dans les fonctions du St. Ministère une insubordination dangereuse, si les Curés se donnaient la liberté d’autoriser arbitrairement des prêtres, non approuvés par leur Évêque diocésain, à confesser dans leurs paroisses ; et si ces prêtres, non approuvés, s’ingéraient de confesser sans la permission des Archevêques et Évêques. »

D’autres fois, nous le voyons renvoyer pardevant leurs Évêques diocésains, avec injonction de leur obéir, tantôt des Prêtres qui allèguent devant les Tribunaux une interdiction injuste, tantôt des Curés qui protestent contre les dispositions d’un Mandement épiscopal. On peut d’autant moins refuser à Louis XVI le mérite exclusif des opérations de son Conseil favorables à la Religion, que ses Ministres furent habituellement des hommes plus qu’insouciant sur cette matière, et que Voltaire félicitait d’être philosophes.

Le plus dangereux de ceux dont on l’avait environné à son avènement à la Couronne, était Turgot, qui cachait son impiété sous un masque plus épais d’hypocrisie. Ce Chef accrédité de la Secte des Économistes n’avait rien négligé pour porter son Maître à dédaigner la cérémonie religieuse du Sacre de nos Rois.

Ce Sacre, selon lui, loin de rien ajouter aux droits de la Couronne, n’était qu’un hommage de dépendance et de servitude, et deviendront encore l’occasion d’une dépense onéreuse pour le peuple. Mais, plus religieusement politique que son Ministre, le jeune Monarque était loin de voir rien d’avilissant dans l’hommage de dépendance qu’il ferait, non pas aux Ministres des Autels, mais au Maitre des Empires.

Il savait qu’il n’est pas inutile de donner la Religion pour base à la fidélité des peuples, et que, si la cérémonie de son Sacre ne constitue pas le titre d’un Souverain, elle en est du moins la promulgation solennelle aux yeux de ses Sujets et le signe indicateur du Lieutenant inviolable de la divine Puissance.

Après de longues tergiversations, sous prétexte de pénurie du Trésor public, Turgot reçut ordre de Louis XVI de pourvoir aux préparatifs de son Sacre, et la cérémonie en fut fixée au dimanche en Juin 1775, plus d’un an après l’avènement du Monarque à la Couronne. Cette résolution chagrina beaucoup les Sophistes, qui, depuis longtemps, publiaient dans leurs cercles que, grâce à la philosophie de ses Ministres, Louis XVI n’aurait pas la faiblesse de se faire déclarer Roi par la grâce de Dieu.

Leur ressource alors fut de faire annoncer dans les Journaux que le Sacre, à la vérité, aurait lieu ; mais que la seule chose que cette cérémonie aurait de remarquable serait sa simplicité. Cette ruse, imaginée pour écarter les spectateurs, ne réussit pas ; et l’on se rappelle encore qu’une multitude innombrable accourut de tous les points de la France, pour y être témoin du Sacre du nouveau Roi.

D’Alembert écrivit à ce sujet au Roi de Prusse :

« Il ne reste plus aux Patriotes éclairés qu’une consolation : c’est d’espérer que, pendant le règne de Louis XVI, les lumières feront assez de progrès pour que cette cérémonie bizarre et absurde, dont la Religion n’est que le prétexte et nullement l’objet, soit enfin abolie sans retour. »

Cependant, diverses cérémonies religieuses avoient successivement occupé Louis XVI dans la ville de Reims. Déjà, on l’avait vu, sur le tombeau de Rémi, invoquer le suffrage du premier Pontife qui sacra le premier de nos Rois ; on l’avait vu, humblement prosterné au pied des tabernacles, y participer aux saints Mystères ; puis, suivant un antique usage, implorer, sur une foule de malades et d’infirmes l’assistance du Dieu qui tient en sa main la vie et la mort.

On l’avait aussi entendu faire au Dieu de ses pères, hommage de sa Couronne, et, au milieu des Pontifes et des Grands de l’Empire, promettre à tout son peuple le règne de la Justice et de la Religion, sous la garantie des saints Évangiles. Enfin le moment est arrivé, pour le jeune Monarque, où toute la pompe extérieure dont brille son Trône en ce jour d’appareil semble éclipsée par l’éclat imposant que vient réfléchir sur lui la majesté de la Religion.

Après s’être prosterné et comme anéanti devant le Dieu qui donne les Empires, après que l’huile sainte a coulé sur son front, et l’a marqué du signe qui distingue les Rois chrétiens, il se relève du pied des autels, et se montre à son peuple revêtu des habits de sa Dignité, la Couronne des lys sur la tète, et le sceptre à la main.

Jusqu’alors un silence religieux avait tenu toute l’Assemblée en suspens. Mais, à ce moment, on n’est plus maître du sentiment qu’on éprouve : ce n’est plus Louis, ce n’est plus même le Roi que l’on croit voir ; c’est l’Oint du Seigneur et l’Homme de sa droite, qu’un titre tout divin recommande à la vénération des spectateurs.

Toutes les têtes s’électrisent à la fois : on éclate en applaudissements, des cris de joie percent la voûte du temple : il s’établit un long concert de bénédictions ; on lève les yeux et les mains au Ciel, comme pour le remercier du don qu’il fait à la Terre : on regarde le Roi, on pleure, on étouffe de tendresse en le regardant ; et Louis répond par ses larmes aux larmes d’un Peuple ivre d’amour.

L’immense Assemblée témoin de ce spectacle n’est pas seulement composée de Nationaux, on y voit tous les Ambassadeurs des Cours étrangères, des curieux de tous les pays, des hommes de toutes les Sectes. Mais en ce moment tous les cœurs sont français, et toutes les consciences catholiques.

L’exaltation est générale, et l’enthousiasme tel que les êtres les plus durs se surprennent de la sensibilité, et un cœur capable d’émotion religieuse. Portés par la curiosité à une cérémonie, objet de leurs sarcasmes impies, des Sophistes, conspirateurs déjà décidés contre la Monarchie, se sentirent saisis malgré eux de l’esprit qui remplissait le lieu.

Nous les vîmes pleurer comme les autres, et avec les autres, crier et répéter : Vice le Roi ! L’un d’eux en consigna l’aveu dans les Papiers publics, et nous avoua qu’il eût fallu, pour n’être pas attendri du spectacle, porter un cœur plus dur que celui d’un Barbaresque, et nommément de l’Envoyé de Tripoli qui fondait en larmes à ses côtés.

Le lendemain de son Sacre, Louis XVI écrivait à l’Archevêque de Paris :

« La divine Providence, qui a placé la Couronne sur ma tête beaucoup plus tôt que je ne l’aurais désiré, me fait trouver de nouvelles forces pour en soutenir le poids. La satisfaction que mes peuples ont témoignée à l’occasion de mon Sacre et Couronnement, qui se fit hier, les acclamations qui m’ont accompagné, pendant et après cette auguste cérémonie, ont pénétré mon cœur d’un sentiment profond, qui ne s’effacera jamais. »

Il demande les prières de l’Église, « pour obtenir, dit-il, que Dieu attache à l’Onction sacrée, que je viens de recevoir, toutes les grâces que ma confiance en sa divine bonté me fait espérer. »

Celles auxquelles le jeune Monarque, à l’exemple de Salomon, attache le plus grand prix, ce sont surtout l’esprit de sagesse, les vertus pacifiques, dans lesquelles, ajoute-t-il, « un Roi vraiment chrétien doit placer la solide gloire de son règne. »

Ainsi se montrait l’apôtre de la Religion, en commençant sa carrière politique, le Prince qui, en le terminant, devait en être le martyr. Comme Louis XVI ne faisait que promulguer en cette circonstance les sentiments qu’éprouvait son cœur, jamais sa conduite particulière ne se trouvera en contraste avec sa profession de foi publique ; et, depuis le jour de son Sacre jusqu’à celui de sa mort, on reconnaîtra toujours le Roi vraiment chrétien, au milieu de Courtisans et de Conseils généralement anti-chrétiens.

Parmi les progrès, de jour en jour plus effrayants, de l’incrédulité de ses sujets, le Monarque puisait toujours dans sa foi pure la règle de sa conduite. C’était sans ostentation, comme sans respect humain, qu’il se montrait fidèle, soit à payer au Créateur le tribut d’hommages que lui doit toute créature, soit à acquitter la dette du bon exemple qu’un Roi doit à son peuple.

Dans les cérémonies religieuses, où il était quelquefois en spectacle au Public, il faisait leçon par sa piété. Roi sur son trône, il n’était plus que chrétien au pied des autels, l’égal du dernier de ses sujets, sujet plus humble qu’eux devant le Roi seul immortel.

Tantôt, on voit Louis XVI suivre, avec le peuple, la bannière de la Croix dans les Supplications publiques, et tantôt faire cortège à l’auguste Sacrement, porté en triomphe par les rues. On verra également ce Prince descendre de son Palais, et se confondre avec la foule de ses sujets dans les stations d’un Jubilé, pour aller puiser, aux mêmes conditions qu’eux, au trésor de grâces qu’ouvre à tous ses enfants la Mère commune des Fidèles.

Dans les jours de sa prospérité, il se rendra dans sa Capitale, pour en visiter les Lieux saints : il y fera plusieurs voyages pour satisfaire sa piété ; pas un seul pour y chercher des plaisirs. Toutes les circonstances marquantes de son règne portent l’empreinte de sa foi également reconnaissante dans les événements heureux et soumise dans le malheur.

Comme il était toujours le premier, et souvent le seul organe de la Religion dans son Conseil, les Pièces qui en émanaient, à l’appui des principes religieux, n’étaient point des formules d’usage, mais l’expression du sentiment. Dans la crainte, ce semble, de perdre de vue un engagement pris avec sa conscience, il en déposait le secret dans une Lettre à l’Archevêque de Paris, et lui disait :

« Nous nous sommes fait une loi de rapporter à Dieu tous les événements de notre règne. »

Un de ces événements qui l’affecta bien délicieusement, ce fut la naissance de son premier Fils. À la nouvelle que lui en donne son premier Valet-de-chambre, il est transporté de joie, mais d’une joie toute céleste. Des larmes d’attendrissement coulent de ses yeux, il embrasse les personnes qu’il rencontre dans l’appartement, en leur disant :

« Bénissons Dieu, Messieurs, il m’a donné un fils. »

Dans une Lettre, datée du même jour, « la Providence, dit-il, vient de mettre le comble à mes vœux : cet événement pénètre mon cœur de la plus vive reconnaissance, et mon premier soin est de m’empresser d’en rendre grâces à Dieu. »

Peu de jours après, dans une visite qu’il faisait à Madame Louise :

« Je viens, ma Tante, lui disait-il, vous faire hommage de l’événement qui fait aujourd’hui la joie de mon peuple et la mienne ; car, après Dieu, je l’attribue à la ferveur de vos prières. »

À lire aussi | Le caractère de Charles V, dit le Sage

À la triste époque où la foi, toujours également vive dans son cœur, sera le plus indignement outragée par sas Sujets révoltés, Louis XVI ne craindra pas d’aller en plaider la cause en personne dans une Assemblée où dominent les impies, et de leur rappeler que la Religion de leurs pères, qui n’est plus leur vertu, n’a pas cessé pour cela d’être leur intérêt.

« Le respect pour la Religion, leur dira-t-il, est la sauvegarde de l’ordre public ; tous les cœurs honnêtes et éclairés ont un égal intérêt à la soutenir et la défendre. »

Source : Louis et ses vertus aux prises avec la perversité de son siècle – Abbé Proyart – 1808

Publié par Napo

💻Administrateur ▪️
✝ Catholique Royaliste et Social ▪️
✝ Diocèse de Léon 〓〓 ▪️
✝ Adepte de la pensée Déhonienne ▪️
🔗 Liens : https://linkr.bio/lecatho

Qu'est-ce que tu penses de l'article ?

Laisser un commentaire

Un commentaire

Le caractère de Charles V, dit le Sage

Le caractère de Charles V, dit le Sage

Le culte des morts dans l'antiquité et chez les païens

Le culte des morts dans l’antiquité et chez les païens