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Saint Louis et son zèle pour la charité de son peuple

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Saint Louis et son zèle pour la charité de son peuple

La piété, la bonté et la charité de Saint Louis n’était jamais oisive et lui faisait entreprendre tous les jours de nouvelles choses pour son peuple.

L’Hôtel-Dieu de Paris était établi depuis longtemps, on y recevait indifféremment tous les malades, soit qu’ils fussent de la Ville ou des Provinces.

Ils y étaient fort bien traités dans les commencements de l’établissement ; mais comme le Royaume était fort augmenté depuis les conquêtes de Philippe Auguste, & que la Ville de Paris était aussi augmentée à proportion, le nombre des malades était devenu si grand, que les anciennes salles ne suffisaient pas pour les loger commodément, il fallait souvent en mettre trois ou quatre dans le même lit : il arrivait que les convalescents étant couché auprès des agonisants retombaient ordinairement et mouraient.

Le Roi ne put souffrir que des Chrétiens ses sujets, qu’il regardait comme ses enfants, fussent si maltraités dans le temps qu’ils en avaient le plus de besoin, il fit bâtir de nouvelles salles, & leur assigna de grands revenus.

Il y allait fréquemment, ne manquait jamais d’y faire des aumônes extraordinaires. Et comme un jour les Administrateurs lui eurent représenté, que la maison avait beaucoup à souffrir cette année-là, parce que les vignes avaient gelé, il ordonna à son Chambellan de leur donner sur le champ mille livres Parisis.

Les Commissaires que le Roi avait envoyés dans les Provinces, pour examiner la conduite de ses fermiers, continuaient à faire des restitutions : c’était en Languedoc qu’elles étaient le plus nécessaires, on y avait agi avec beaucoup de rigueur dans ses commencements du règne du Roi & sur le moindre soupçon d’hérésie, on s’y était emparé des biens des particuliers, à qui souvent, on faisait croire qu’ils étaient Albigeois.

Louis s’en souvenait avec douleur, & faisait rechercher avec soin les enfants ou les héritiers pour leur rendre le bien de leurs pères ; & quand on ne les trouvait point, les Commissaires en faisaient la distribution aux pauvres. Ils avaient aussi l’ordre de faire un rôle des pauvres laboureurs de chaque Paroisse, qui ne pouvaient plus travailler à cause de leur vieillesse, et de pourvoir à leur subsistance.

Son zèle s’étendait aussi sur les enfants des Juifs, qu’il faisait baptiser & instruire, leur donnant des pensions qui les mettaient au moins hors de la nécessité. Il avait fait chasser les pères à cause de leurs usures, tous les grands Seigneurs s’y étaient opposés, ils en recevaient des présents, & dans les nécessiter imprévues, c’était un secours toujours prêt.

Le peuple était ruiné et pour se délivrer de la persécution des usuriers, il y en avait plusieurs qui judaïsaient avec eux. Louis, par son Ordonnance, en chassant les Juifs, avait remédié à un si grand mal, & sur ce que ses ministres lui représentaient, que cela ferait tort au commerce, et que dans un grand Royaume, il fallait bien qu’il y ait des usuriers, & qu’il valait mieux que ce soit des Juifs plutôt que des Chrétiens.

« C’est aux Évêques, leur répondit-il, à empêcher les usures des Chrétiens, c’est au Roi à empêcher celle des Juifs qui n’ont point d’autre Supérieur que lui.« 

Ses ministres se plaignaient souvent qu’il faisait de trop grandes charités ; le Chambellan du Perron, en qui il avait beaucoup de confiance, lui en parla un jour avec liberté ; mais sans vouloir rien changer à ses manières d’agir :

« Il faut, lui répondit-il, qu’un Roi répande l’argent qu’il tire de son peuple, et j’aime mieux l’employer en aumônes, y eût-il de l’excès, qu’en dépenses superflues & mondaines.« 

Il entendait tous les jours deux Messes ; l’une en public, & l’autre dans son Oratoire, en présence de son Confesseur, qu’il voulait avoir toujours auprès de lui. Il avait coutume de se confesser tous les vendredis, persuadé que la fréquentation des Sacrements est une des meilleures pratiques de la Religion Chrétienne.

Il récitait tous les jours avec son Aumônier les Heures Canoniales, l’Office de la Vierge, & celui des Morts, même dans ses voyages, & défendait qu’on l’interrompît, si ce n’était pour des affaires importantes. Mais il aimait surtout lire les Psaumes de David, & y trouvait une grande consolation.

Un jour qu’il les lisait, on lui vint demander la grâce d’un homme qui avait fait une méchante action, il l’accorda sur le champ & recommença sa lecture, mais un moment après, étant tombé sur le Verset : Bienheureux sont ceux qui font justice en tout temps. Il fit rappeler celui à qui il avait accordé cette grâce, & commanda qu’on examinât l’affaire.

Une autrefois qu’il disait les Litanies des Saints avec son Confesseur, il s’arrêta en prononçant ces paroles :

Afin que vous nous donniez une fontaine de larmes et s’écria :

« Ha ! Seigneur, je ne vous en demande que quelques gouttes pour arroser la sécheresse & la dureté de mon cœur.« 

Il avoua pourtant à son Confesseur que Dieu lui faisait quelquefois cette grâce dans l’oraison, & qu’il n’avait point de paroles pour exprimer les transports de joie que goûte une âme qui a le don des larmes : & sur ce qu’on l’avertit que quelques personnes de la Cour disaient, qu’un Roi avait autre chose à faire que de prier Dieu et qu’il y employait trop de temps il disait :

« Peut-être qu’ils ont raison, dit-il froidement ; mais si j’en employais encore une fois autant à aller à la chasse ou à jouer, ils n’en diraient rien…« 

Il ne faut pas s’étonner qu’un Roi si pieux prît de grandes précautions pour la distribution des Bénéfices. Il avait un catalogue de tous les gens d’Église à qui il voulait faire du bien ; ce n’était point une faveur, ni même des services des pères, qui faisaient mettre sur la liste, si ce n’est qu’ils se rencontraient avec le mérite des enfants ; la science & les bonnes mœurs sollicitaient assez auprès de Louis.

Il consultait son Confesseur, le Chancelier de l’Église de Paris, & quelques Religieux, & quand il avait fait un bon choix, on lisait sur son visage la joie qu’il avait de penser que Dieu serait bien servi.

Il ne se lassa pas d’avoir bien de la peine à contenter les Évêques de son Royaume. Ils s’assemblèrent un jour à Paris, et lui demandèrent audience :

Gui, Évêque d’Auxerre, portait la parole, & lui dit :

– « Sire, tous les Prélats que vous voyez ici m’ont chargé de vous dire, que vous laissez perdre l’Église.« 

– « Comment interrompit le Roi en faisant le Signe de la Croix, comment cela se peut-il ? »

– « Sire, reprit l’Évêque, on ne fait plus de cas des excommunications, et nous vous prions d’obliger ceux de vos sujets, qui auront été excommuniés pendant une année, à se faire absoudre.« 

Le Roi leur répondit qu’il les y obligerait, pourvu que les Baillis, après avoir pris connaissance de leur affaire, les eussent déclarés coupables envers l’Église, mais l’Évêque ayant dit qu’il n’appartenait pas à des Juges Séculiers de connaître des affaires Ecclésiastiques.

Le Roi répliqua qu’il ne le ferait pas autrement et leur apporta l’exemple de l’ancien Comte de Bretagne, qui, après avoir été excommunié sept ans durant par les Évêques de son pays, en avait appelé à Rome et y avaient gagné son procès.

Mais de toutes les affaires, la plus importante, à son avis, était l’éducation de ses enfants, et surtout celle de son fils aîné. Il ne s’en fiait pas à leurs gouverneurs et le soir après son souper, il les faisait venir dans la chambre et les interrogèrent à loisir.

Il leur racontait les actions de leurs Ancêtres, bonnes et mauvaises, ravi quand d’eux-mêmes, ils donnaient des louanges aux mérites et prenaient de l’horreur pour le vice. Il prétendait par ce moyen leur former le jugement et les accoutumer de bonne heure à raisonner justement.

Il avait pour maxime qu’il ne faut qu’aider la nature, faire seulement entrevoir le bien et laisser aux hommes le plaisir sensible de croire agir avec pleine liberté. Il disait que la plupart des gouverneurs et des précepteurs ne se font pas aimer des enfants, parce qu’ils ne savent pas les prendre avec douceur et par la raison.

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Ils veulent toujours dominer, au lieu de les suivre seulement et les aider lorsqu’ils les voient se porter d’eux même à la vertu. Enfin, il faisait redire à ses enfants quelques endroits de l’histoire, leur donnait quelque petite récompense quand il les avait racontés vivement et finissait constamment part quelque parole d’édification.

Source : La vie de Saint Louis par L’Abbé de Choisy – 1690

Publié par Napo

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