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Vision de Sainte Gertrude où Jésus-Christ parut à la Messe

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Vision de Sainte Gertrude où Jésus-Christ parut à la Messe

D’une vision qu’eut Sainte Gertrude, dans laquelle il lui semblait que Jésus-Christ la communiait spirituellement avec ses sœurs.

Un dimanche auquel tombait la fête de Saint Laurent et celle de la Dédicace de l’Église du Monastère, la Sainte s’étant mise en oraison durant la première Messe pour quelques personnes qui s’étaient recommandées avec confiance à ses prières, aperçut un cep de vigne vert, qui sortant du trône de Dieu, s’étendait jusque sur la terre et par les feuilles duquel, comme par autant de degrés, on pouvait monter d’un bout à l’autre.

Elle comprit que cette échelle mystique était la figure de la foi, par laquelle les élus montent dans le Ciel, et comme elle vit vers le haut de ce cep de vigne, c’est-à-dire, à la gauche du trône de Dieu, plusieurs de ses sœurs assemblés, parmi lesquelles Jésus-Christ lui paraissait debout avec un extrême respect en la présence de son Père Céleste.

L’heure s’approchant à laquelle la Communauté eut dû communier, si elle n’en eut été empêchée par l’interdiction où elle était où elle était des Sacrements, elle conçut un fervent désir de recevoir spirituellement avec toutes les sœurs ce Sacrement adorable, qui par un incompréhensible secret de la bonté divine donne la vie à l’âme, sans que tous les efforts des hommes y puissent mettre aucun obstacle.

Après quoi, elle vit Jésus-Christ notre Seigneur, qui alla comme plonger dans le cœur de son Père une hostie qu’il tenait à sa main, d’où il la retira toute vermeille et comme teinte de sang. Sainte Gertrude en fut toute surprise, et rêvait à ce que cela pouvait signifier, d’autant que la rougeur est une figure de la Passion, & que le Père éternel ne peut jamais être atteint d’aucune marque de Souffrance.

C’est pourquoi, étant toute occupée à faire réflexion sur ce qu’elle voit, elle oublia à demander l’accomplissement des désirs qu’elle venait de découvrir à Dieu ; mais peu de temps après elle connut que le Seigneur avait choisi pour le lieu de sa demeure & de son repos, le cœur et les âmes de toutes ses sœurs qu’elle avait vues auparavant assemblées proche du trône de Dieu, sans néanmoins s’être aperçue de quelle manière cela s’était fait.

Durant ce transport, Sainte Gertrude se souvient d’une personne, qui devant la Messe s’était recommandée à ses prières avec beaucoup de dévotion et d’humilité, et pria Dieu qu’il fit part à cette âme des mêmes faveurs qu’il venait d’accorder à ses sœurs.

Il lui fut répondu que personne ne pouvait jouir de ce bonheur, ni monter par cette échelle mystique de la foi qu’elle avait vue, s’il n’était porté sur les ailes de la confiance, dont celle pour qui elle priait n’était que médiocrement animée.

La Vierge répliqua à ce discours :

« Il me semble, mon Dieu, que le peu de confiance de cette personne procède d’une humilité, sur laquelle cependant vous répandez d’ordinaire grâces avec plus d’abondance.« 

Pour lors, le Seigneur lui dit :

« Je descendrai donc, et je communiquerai mes faveurs à cette âme et à toutes les autres, qui sont dans ce profond anéantissement.« 

Soudain le Fils de Dieu, le Seigneur des vertus, lui parut descendre comme par une échelle peinte de rouge, & peu après elle l’aperçut revêtu d’ornements pontificaux au milieu de l’autel de l’Église du Monastère ; qui, portant à sa main une boite semblable à peu près au ciboire où l’on a coutume de réserver les hosties, se tint assis devant le Prêtre jusqu’à la préface de cette Messe.

Il y avait à sa droite, c’est-à-dire du côté du nord, une si nombreuse troupe d’Anges qui étaient occupés à lui rendre service, que toute l’Église semblait en être pleine, & ces esprits bienheureux témoignaient une joie particulière & un saint empressement à vivifier ces lieux sacrés, où la Communauté, ce beau corps d’Ange terrestre, avait tant de fois adressé les prières à Dieu.

À la gauche de Jésus-Christ, c’est-à-dire du côté du midi, il n’y avait qu’un seul chœur d’Anges, qui était suivi d’un chœur d’Apôtres à part, & d’un chœur de Martyrs aussi à part, puis d’un chœur de Confesseurs, & ensuite d’un chœur de Vierges.

Sainte Gertrude voyant une si auguste assemblée, & se souvenant avec admiration que c’est la pureté, suivant le sens de l’Écriture, qui nous approche de Dieu, elle aperçut entre le Seigneur & ce chœur de Vierges, une blancheur lumineuse semblable à la neige, qui les unissaient à leur Époux par la douceur de ses caresses, & par les charmes de sa familiarité, plus étroitement que tous les autres Saints.

Il lui sembla encore qu’elle apercevait aussi les rayons d’une lumière éclatante, qui se répandaient sur quelques personnes de la Communauté, comme s’il n’y eut aucun obstacle entre le Seigneur & elles, quoique l’épaisseur des murailles les séparaient effectivement de l’Église, où se passait cette apparition mystérieuse.

Et bien que Sainte Gertrude fut remplie d’une extrême allégresse au milieu de ce ravissement, elle ne laissa pas de se mettre en peine pour le reste de ses sœurs, & de dire à Dieu en leur faveur :

« Seigneur, puisque jusqu’à présent, vous avez voulu me combler, par le débordement de vos libéralités, d’un nombre incroyable de grâces, permettez-moi de vous demander ce que vous accordez à celles d’entre mes sœurs, qui, étant peut-être maintenant appliquées aux travaux de la maison & aux occupations extérieures, ne peuvent se ressentir qu’imparfaitement des dons que vous faites aux autres.« 

Quoi ! Jésus-Christ lui répondit :

« Je répands sur elles les odeurs de mes parfums, & ne me lasse pas de les vivifier dans leur espèce d’assoupissement.« 

Gertrude étant dans un grand étonnement, comment il se pouvait que des personnes qui ne s’adonnaient point à la vie contemplative, pouvaient recevoir la même récompense que celles qui s’y occupaient sans relâche, & s’arrêtant à examiner la vertu de ces parfums, dont le Fils de Dieu lui avait parlé, en la comparant à celle des baumes & des onguens aromatiques, dont il importe peu pour empêcher les corps de se corrompre, qu’ils soient embaumés avant ou après le sommeil de la mort, pourvu qu’ils soient une fois embaumé.

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Elle fut éclaircie de ses doutes par cette comparaison familière ; savoir que l’homme ne mangeait jamais sans que chaque membre de son corps fût soutenu et fortifié par la nourriture qu’il prenait, quoique pourtant il n’y eut que la bouche seule qui ressentit le gout et la délicatesse des viandes : de même quand Dieu par un excès de sa miséricorde fait quelque grâce singulière à ses élus, toutes les personnes qui sont de ce nombre y participent & principalement si elles se rencontrent déjà unies par les liens d’une même Communauté, elles en reçoivent un surcroît & une surabondance de mérites ; & il n’y a que celles qui s’en privent elles-mêmes par leur jalousie, ou, par leur mauvaise volonté, qui en sont exceptées & privées.

Source : La vie et les révélations de Sainte Gertrude – Dom Joseph Mege – 1671 – Passage traduit en français moderne par Lecatho.fr

Publié par Napo

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