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Ce que Louis XVI a fait à sa capitale, aux villes et aux campagnes

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Ce que Louis XVI a fait à sa capitale, aux villes et aux campagnes

Autant Louis XVI eût craint de devenir injuste envers son peuple par des faveurs indiscrètes, autant il se montrait libéral en sacrifices à l’utilité publique. Il fit, pour chaque province et pour chaque ville de son Royaume , tout le bien qu’on lui proposât de faire.

Les villes surtout de Lyon et de Bordeaux, de Marseille et de Nimes, d’Aix et de Montpellier, n’oublieraient pas sans ingratitude les embellissemens et les travaux utiles dont elles lui sont redevables. Mais Louis XVI, sous ce rapport, fut spécialement le bienfaiteur de sa Capitale.

Outre le plus beau de ses ponts, dont l’idée, comme l’exécution, sont également de ce Prince, Paris lui doit d’avoir fait dégager ses autres ponts des masures qui les surchargeaient, et nuisaient à la circulation de l’air comme à l’agrément de l’optique. Il lui doit plusieurs Marchés nécessaires à sa vaste enceinte, et des Halles qu’on admire. Il lui doit les embellissemens de ses environs, parmi lesquels on distingue cette superbe avenue qui se dirigeant du beau pont de Neuilly, par les Champs-Elisées et la place adjacente, sur le Palais des Thuileries , saisit l’admiration du voyageur et déploie à ses regards un ensemble de magnificence qui ne se trouve réuni sur aucun point de l’Europe.

Un autre bienfait du Monarque, pour être plus obscur, n’en sollicitait pas moins la reconnaissance de sa Capitale. Informé que plusieurs quartiers de la ville reposent sur des carrières abandonnées, il en fait faire la reconnaissance, et d’immenses travaux sont ordonnés pour réparer d’antiques imprudences, et assurer le repos du Parisien. Cependant, comme Louis XVI, dans la sage économie de ses bienfaits, savait subordonner l’agréable à l’utile, il n’eût pas voulu donner à l’utile la place du nécessaire, et il ne connaissait pas de plus grand bien à faire que de remédier a des maux.

Dans le dessein de connaitre à fond les besoins des habitans des Campagnes , qu »il désirait de soulager, il chargea secrètement, en 1785, un homme qui lui parut sincèrement affectionné au bien public, de parcourir en observateur les différentes Généralités du Royaume et plus particulièrement les Campagnes, pour y prendre des renseignemens exacts sur les divers abus de nature à produire le mécontentement ou la misère. L’envoyé de Louis XVI, Officier-Général de ses armées, de retour de sa mission, le 16 mars 1786, en rendit compte au Roi par un rapport qui n’était pas flatté, et où il nous parut même que le tableau de la misère était exagèré.

Un des bienfaits de Louis XVI en faveur du Paysan, qui, dans les jours de sa puissance, lui mérita toutes les bénédictions des Campagnes, ce fut l ‘abolition de la corvée pour la confection et réparation des routes publiques ; charge qui, pour être plus antique, n’en était ni moins désastreuse ni moins injuste : qui forçait le pauvre à un travail gratuit pour les jouissances du riche, et qui ne s’acquittait qu’à force de contraintes et de vexations. Ce ne fut cependant qu’à travers les contrariétés que ce Prince fit prévaloir ses dispositions équitables à ce sujet.

L’Edit qu’il porta pour remplacer la corvée par une imposition générale dont ses propres Domaines ne dévoient pas être exempts, éprouva toute la résistance de ces Corps de magistrature qui, lors même qu’ils entravoient les dispositions du Monarque les plus paternelles, usurpaient encore, à son préjudice, le nom de Père du Peuple. Par le même esprit d’équité et d’affection pour les habitans des Campagnes, Louis XVI trouva le moyen de les soustraire à l’arbitraire de la Taille; il affranchit les serfs du Mont-Jura ; il abolit les droits de Main-morte ; et, par un exemple qui équivalut à une loi, il fit honte au Seigneur particulier de laisser subsister la servitude personnelle dans ses Terres, quand il n’en voyoit plus de vestiges dans les Domaines de son Roi.

Il avait aussi jugé la Gabelle (impôt sur le sel) et ses inconveniens. La suppression de cet odieux impôt n’avait été différée que par les obstacles invincibles qu’il avait rencontrés à son remplacement : et ce sera un des premiers abus dont il recommandera aux Etats-généraux d’opérer la réforme.

Outre les maux qui pèsent sur la multitude comme résultats de lois inconsidérées, il en est d’accidentels, qui souvent sollicitent des remèdes plus prompts encore que ceux-ci. Il est rare que quelque fléau ou quelque malheur particulier n’affecte pas quelqu’un des points d’un vaste Empire. Cest une épidémie qui se déclare, c’est une disette locale qui se fait sentir, ou bien c’est une inondation, une grèle, un incendie, dont les ravages ont fait des malheureux. Aucun accident de cette nature ne trouvait Louis XVI indifférent ; et, à la première nouvelle qui lui en parvenait, son voeu toujours impératif était :

« Il faut aller au secours de ceux qui sont dans le malheur.« 

Il en cherchait le moyen et ne se donnait de repos qu’après l’avoir trouvé. À la suite du cruel hiver de 1784, un rapport fait à Louis XVI dans son Conseil, lui donne connaissance de divers accidents fâcheux. Des digues ont été rompues et des campagnes ravagées par des inondations ; une mortalité sur les bestiaux a ruiné un nombre de Laboureurs ; et ces malheureux poursuivis au nom de la loi, sont privés de leur liberté, dernière ressource de leurs familles. Pour subvenir aux plus pressans de ces besoins, il ne faudrait pas moins d une somme de sept millions et le Trésor public obéré est hors d’état de la fournir.

Cependant Louis XVI dit à son Ministre des Finances :

« De tels malheurs, Monsieur, nécessitent un prompt secours, avisez à tel expédient qu’il vous plaira, retranchez sur moi, retranchez sur la Reine ; mais il faut que ce nécessaire se trouve.« 

Le Ministre , opérant conformément aux ordres du Roi, vient au bout de quelques jours lui présenter un tableau des ressources qui pourraient procurer la somme, si le Monarque permettait qu’on y eût recours. Louis XVI ne le permet pas seulement, il le veut, il l’exige ; et des privations personnelles, devenues le soulagement de la Classe malheureuse, font sa plus douce jouissance.

L’année suivante, une sécheresse opiniâtre offrit au Roi une nouvelle occasion de manifester sa sollicitude paternelle en faveur des habitans des Campagnes. Touché de l’extrême embarras où les jette la disette et la cherté des fourrages, il fait décider dans son Conseil, que tout ce qui s’en trouve en réserve, dans les magasins du Royaume, sera vendu au prix d’achat : qu’il sera publié une instruction sur la manière de convertir les jachères en prairies momentanées et de cultiver des plantes utiles à la nourriture des bestiaux, dont les graines seront distribuées gratuitement aux pauvres. Et, pour la ressource du moment, ce Prince autorise indistinctement les habitants des Campagnes à conduire leurs troupeaux dans les bois et les forêts de ses Domaines, à en couper l’herbe et à en émonder les arbres dont les feuillages peuvent servir de pâture aux bestiaux.

Un des principaux Officiers préposés à la manutention de ses forêts, vint lui faire des représentations sur le dommage qui allait résulter de cette disposition. Louis XVI le lui fit évaluer, et lui répondit :

« Vous voudriez donc sacrifier des bœufs pour économiser des fagots ? « 

L’Officier se permit de répliquer, que ces fagots appartenaient à Sa Majesté. Sur quoi le Roi reprit, avec une sorte d’indignation :

« Eh ! Monsieur , est-ce donc que ce Peuple, que vous voyez dans la détresse, ne vous parait pas autant mon peuple que ces fagots sont mes fagots ? »

L’exemple du Roi fut imité par la plupart des Seigneurs propriétaires de bois.

C’était dans toutes les occasions que se manifestait dans Louis XVI cette disposition à régler son intérêt personnel sur le plus grand avantage de ses Sujets. Un jour que ce Prince chassait dans les environs de Versailles, vers la fin du mois de Juin, des Paysans s’étant trouvés sur son passage, il leur demanda pourquoi ils n’avaient pas encore coupé leurs foins qui lui paraissaient mûrs ?

— »Sire, répond l’un d’eux, ils sont en effet très-avancés cette année, et, s’il survenoit des pluies, ils seroient perdus ; mais il nous est défendu de les faucher.« 

— « Eh qui est-ce donc qui peut vous défendre de recueillir votre moisson quand elle est bonne à prendre ?« 

— « Sire, ce sont vos gardes de chasse, pour conserver les nids de perdrix. »

— « Comment ! Pour des nids de perdrix vous exposer à de si grands dommages ?« 

— « Nous savons bien ; notre bon Roi, que ce n’est pas votre intention ; mais si nous fauchions un jour avant la Saint-Pierre, nous serions mis à l’amende.« 

— « Eh bien ! je vous permets, moi, je vous ordonne même de faucher dès aujourd’hui ; et vous direz à ceux qui vous demanderont l’amende, que je me suis chargé de la leur payer pour vous.« 

Un autre jour, le Monarque, qu’une promenade de quatre à cinq lieues à pied n’effrayait pas pendant la saison rigoureuse, rencontra près de Saint-Germain-en-Laye une troupe de Paysans, hommes et femmes qui le reconnurent, quoiqu’il fut sans suite, et se mirent à crier :

« Vive le Roi ! Vive notre bon Roi« 

Le Prince, sensible à ces démonstrations, s’arrête au milieu de ces bonnes gens et leur dit :

« Puisque vous me connaissez, il faut que je vous conte une nouvelle que vous ne savez sûrement pas et qui vous fera plaisir : c’est que je viens de conclure la paix, et qu’à présent je pourrai mieux procurer votre soulagement.« 

Ce soulagement de son peuple en général, était la pensée dont son coeur n’était jamais distrait. Mais, s’il était partout le père affectionné de ses Sujets, il l’était singulièrement de la Classe la plus misérable. Les Intendants, les Evèques, les Magistrats, n’avaient pas seulement la permission de lui faire connaitre les besoins réels de l’indigence ils en avaient l’ordre exprès, et nul homme en place qui ne sût que le Roi voulait être la ressource assurée de tout Sujet malheureux qui n’en avait point d’autre. Aussi ne craignons-nous pas d’avancer qu’il n’est aucune province, pas même une ville en France, où Louis XVI n’ait essuyé des larmes, consolé des familles et secouru des misérables.

En même temps que ce Prince faisait ouvrir le trésor public à la misère publique, il faisait de son trésor particulier le patrimoine de l’indigence particulière. Les Domaines de ses Ancêtres étant confondus avec les revenus publics, il avait, comme les Rois ses prédécesseurs, la disposition de ce qu’on appelait la Cassette du Roi. Les fonds qui s’y versaient étaient censés fournir aux dépenses de goût et aux amusemens du Monarque. Mais les amusements de Louis XVI et son plaisir unique étant de faire du bien et de réparer des maux , tout ce qui entrait dans sa Cassette était voué à cette destination.

Lorsque, pour la première fois, il se fit rendre compte de l’emploi des deniers, il réduisit plusieurs pensions, comme exorbitantes pour des pensions de secours et il arrêta que les plus fortes n’excéderaient pas 1500 liv. S’étant apperçu, dans la suite de la même opération que le fils du Trésorier actuel de sa Cassette, enfant âgé de dix ans, était inscrit pour une pension de 1000 liv. à coté d’un vieux domestique du feu Roi, porté seulement pour 300 liv., il dit au Trésorier :

« Voilà qui n’est pas juste vous ferez une transposition de ces deux pensions, vous êtes a votre aise, 300 liv. sont assez pour votre fils et cent pisloles ne sont pas trop pour un vieillard qui n’a pas d’autre ressource.« 

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L’inépuisable bonté de cœur du Prince rassemblait habituellement autour de sa Cassette une foule de demandeurs qui avaient ou supposaienl des besoins. Il faisait peser leurs raisons et tous ceux qui en alléguaient de valables étaient secourus. Nous osons, sur la garantie de nos Mémoires les plus circonstanciés, défier la France entière, sans en excepter les calomniateurs et les ennemis les plus envenimés de Louis XVI, ceux même qui l’ont condamné à mort comme Tyran, nous osons les défier de nous citer un seul exemple d’un seul individu, dont le nom soit parvenu aux oreilles de ce Prince, avec la recommandation de sa misère, sans qu’il ait éprouvé son assistance.

Source : Louis XVI et ses vertus par feu l’abbé Proyart – 1808

Publié par Napo

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