Dans le village d’Avrechy, au cœur du département de l’Oise, la paix de l’Avent se trouve cette année troublée par des considérations purement terrestres. Alors que les fidèles s’attendaient à célébrer la naissance du Divin Enfant dans la ferveur retrouvée de l’église Saint-Lucien, une décision pastorale inattendue vient priver la paroisse des solennités accoutumées. Le curé, le père Jean-Frédéric Plateaux, a en effet décidé l’annulation de la crèche et de la messe de l’Avent, invoquant la situation électorale locale pour justifier ce retrait de la vie sacramentelle publique.
Une ferveur pourtant renaissante au sein de l’église
Il y a un an encore, l’édifice sacré résonnait de la piété des habitants. Lors des célébrations précédentes, les paroissiens avaient redécouvert la beauté de la liturgie catholique. Une habitante témoignait alors de sa surprise devant l’affluence : « C’était la première fois que j’allais à la messe. J’étais étonnée, il y avait du monde ». Cette renaissance spirituelle avait été marquée par l’installation d’une crèche et d’un sapin, suivis d’un moment de convivialité. Comme le soulignaient les témoins : « Ils avaient fait les choses en grand. »
Cette initiative, lancée il y a quatre ans, avait pour noble but de « redonner vie à notre église et aux festivités de la nativité et de l’Avent », selon les mots de Jean-Charles Lefèvre, l’organisateur de ces célébrations. Pourtant, cette année, les portes du sanctuaire risquent de rester closes à ces saintes réjouissances, laissant les bénévoles dans la stupeur.
La confusion entre le temporel et le spirituel
La cause de cette privation spirituelle réside dans une querelle de clocher, au sens propre comme au figuré. L’organisateur des festivités religieuses, Jean-Charles Lefèvre, est également candidat aux élections municipales, s’opposant à l’actuelle maire, Astrid Lequen. Soucieux de maintenir une neutralité stricte, le père Jean-Frédéric Plateaux a jugé que « la proximité des élections et la particularité de la situation publique connue, pose problème ».
Selon le prêtre, la double casquette de l’organisateur risquait de « prêter à confusion » et d’être « mal interprétée ». Il a ainsi déclaré : « Je lui ai fait remarquer, qu’on ne peut pas jouer sur deux tableaux », ajoutant avec fermeté que « la vie communale c’est une chose, la vie paroissiale c’en est une autre. »
Cependant, cette prudence humaine, qui pousse le pasteur à dire qu’« il veut éviter les conflits », prive objectivement le troupeau de ses traditions. Le curé a également argué qu’il ne souhaitait pas institutionnaliser ces célébrations de semaine : « C’est quelque chose qui avait donné satisfaction mais je ne voulais pas le transformer en tradition, ça n’existe pas ailleurs la messe de l’Avent. Je lui ai dit qu’on pouvait envisager une messe le 24 au soir ». Hélas, l’horaire de 20h30 « ne convenait pas » pour réunir une équipe liturgique adéquate.
L’incompréhension des fidèles face à la décision
Face à cette décision, l’organisateur ne cache pas sa déception, rappelant que la foi ne saurait être otage des urnes : « Si on ne peut plus être élu et chrétien c’est dommage ». Il défend la pureté de ses intentions, assurant que « ces festivités autour de l’église n’ont jamais été et ne seront jamais estampillées Jean-Charles Lefèvre. Il ne faut pas tout confondre. La foi fait aussi partie de ma vie et ça me regarde moi mais ça n’a rien à voir avec mon engagement au sein de la municipalité. Ce sont deux choses différentes. »
Bien que M. Lefèvre se soit dit prêt à se mettre en retrait de l’organisation, la décision du prêtre demeure inchangée. Pour le clergé local, « l’église est au milieu du village pour tout le monde, qu’on soit pour Astrid Lequen ou Jean-Charles Lefèvre et moi je suis au service des habitants de la commune. »
Les réactions dans le village illustrent le désarroi des âmes. Si certains estiment qu’« on parle d’une crèche dans un petit village, il n’y a pas lieu d’en faire toute une histoire », d’autres déplorent les conséquences pour la communauté : « C’est dommage que ça impacte le village, ça nous prive quelque part mais c’est dur pour le curé, c’est lui qui gère paroisse il veut éviter les conflits. » D’autres voix, plus attachées à la laïcité, soutiennent la rigueur du prêtre : « En tant que candidat il n’a rien à dire de ce qui se passe à l’église. Il doit rester neutre. Il aurait dû laisser l’église gérer ses propres cérémonies. »
L’affaire est désormais entre les mains de l’autorité épiscopale. Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque du diocèse, a été saisi par M. Lefèvre. Le diocèse a confirmé qu’une réponse « lui sera donnée prochainement ». En attendant, les fidèles d’Avrechy espèrent que la lumière de Noël pourra tout de même briller, au-delà des divisions humaines.
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